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Les noms formés du participe passé sont

a) Des noms de personnes, comme Vadjoint, le prétendu, etc.

Iste et eur^ ique, ien, an : dogmcUiste, dogmatiêeury dogmatique; fmacAtniste^ tnécanicien ; artiste, artiffan.

Lent et if : violent, vif.

Ment et ion : sentiment, sensation; fondement, fondation ; fragment j fraction; échauffement, échauffaùion ; résiUement, résiliation; sucetnentf euçon.

Oie et ille : charmoie, charmille.

Oir, oire et ade, ant, eur, if : promenoir, promenade ; consoUUoii^, eonjolant, consolateur, consolatif; déclamatoiref déclamateur.

On et ment : juron, jurement.

Ond et ant, eux, ique : moribond, ynourant; furibond, furieux; pudibond, pudique.

Té et ton, tire, âge : variété, variation ; saleté, mlissure; parenté, paren" tage.

U et eux, é: tortu, tortueux; fourchu, fourcfié.

Ule et ible : ridicule, risible.

Ure et ment, ion : déchirement, déchirure: ligament, ligcUure ; parementy parure; position, posture.

Il faut encore tenir compte de la synonymie des mots dérivés de suffixes à double forme (§ 141), comme raison et ration, poison et potion, justeêse et justice, sûreté et sécurité, naïfei natif.

A. SUBSTANTIFS DÉRIVÉS 1 . Suhstiintifs dérivés de verbes.

§ lU

1. Les noms dérivés de verbes à l'aide de suffixes désignent des personnes, comme le joueur, ou des choses abstraites ou concrètes, comme la trahison, Véteignoir.

a) Noms de personnes.

2. Les noms de personnes tirés de verbes sont formés au moj^eu du suffixe eur, qui exprime toujours l'auteui' de Taction, c'est-à-dire celui qui fait Tactiou ou qui en a l'habitude: joueur, celui qui joue, flatte^wr, vendeur, receveur, mentét^r, blancliisséîM/'.

Les mots en eur sont de deux espèces :

a) Les uns ont pour base le radical verbal, comme dansft/r, faiseur, menteur, blancliiss^i//-, formés de danser, faire, mefftir^ Uanehir. Ils font leur féminin en euse par suite de l'ancienne prononciation de eur, qui le confondait avec le suffixe eux: chdMteuse, menieuse, etc. Mais les mots suivants en eur prennent au féminin le suffixe esse, d'où la forme ancienne euresse, qui est devenue eresse : bailleur (de fonds), chasseur, efwlianteury demandeur, défendeur, j)écheur, vengeur, qui tout bailleresse, enchanteresse, etc.

La forme ancienne était euresse, composée de eur et du sufQxe féminin esse; eur cessant d*étre accentué s'est aflaibli en e, d'où erebse. La forme euse, calquée sur le latin féminin osa, est plus moderne.

Quelques mots en eur, formés d'un comparatif latin, prennent simplement e au féminin; ce sont majeur, mineur^ meilleur, supérieur et autres mots en ériêur.

h) D'autres mots en t-eur^ de formation savante, comme act^ ewr, composit^wr, protecteur, etc., ont pour base le participe passé ou le supin latin et font leur féminin en changeant leur en trice : a,ctrice, etc. ; de même empereur, qui fait impéra/rice. Le mot bienfaiteur suit cette règle et fait bienfaitrice. Par analogie, ambassadeur fait ambassadrice.

Le latin employait t-or, s-or, pour désigner la personne qui agit ; de là est venu notre suffixe eur : lecteur^ de lector, fait de lectum, supin do Ingère^ lire ; successeur, de successor, fait de successum, supin de succedere, succéder. On a quelquefois deux dérivés, Tun en eur et Tautre en teur : condenseur et conden-sateur, fileur et filateur.

b) Noms de choses.

3. Les noms de choses sont formés au moyen des suffixes aison^ ure, ance, ande, meyvt^ is, qui expriment l'action ou le résultat, le produit de l'action, et o/r, qui marque le lieu où se fait l'action ou l'instiniment avec lequel elle se fait.

a) Les suffixes aison, ure^ ance et ande forment des noms abstraits d'action du genre féminin.

b) Les suffixes ment, is et oir forment des noms abstraits ou concrets du genre masculin ; oir a une forme féminine en oire.

4. aiison et ison (dans les dérivés des verbes en ir) marquent l'action ou le résultat de l'action : fleuraison, action de fleurir^ terminawan, liai^n, livra/son, fenaison, pendaisow, guérison, trahîsoM, etc. Le suffixe oison^ qu'on trouve dans pâmoison^ est une ancienne forme de aison.

Mais il y a une foule de noms abstraits d'action en ion (tion^ sion) qui ne dérivent pas directement du radical verbal, mais sont de formation savante et ont pour bai>e le supin latin, comme production^ l'action de produire et ce qui est produit^ suspension, l'action de suspetulre^ création^ l'action de créer et l'ensemble des choses créées.

Les mots nouveaux sont tous en ation, qui a remplacé la forme véritablement française aison : démoralisation, réglementation. Quelquefois on a deux dérivés, l'un avec la forme française aison et l'autre avec la forme savante aiion : terminai«ot« et déterminofian, exhalaison et exhalation, inclinaiso/f et inclination.

Les noms en ion sont abstraits de leur nature ; mais il n'est pas rare que le sens abstrait passe au concret : ainsi potion est ce qu'on boit et non l'action de boire.

dlU SUBSTANTIFS DÉRIVES DE VERBES § 144

Ce suffixe vient du latin io ianem (t-io, s-io) : ainsi réflexion de reflmo, formé de reflexum, supin de reflectere ; baiuon de bibiUo, foimé de MMiim, de bibere, boire ; /îh^oh et faction^ de factio^ de facere, faire ; |N>i«ir» et jNilioiii de po/iOf de pot are ^ boire ; raî«oii et ration, do rcUio, formé de reor, rtfrt, croire, penser, etc. D'après Tétymologie, poison devrait être féminin, comme il l'était dans l'ancienne langue : Je sentais la poiion dans mês os écoulée (Desportes).

C'est des noms latins en atio ationetn venant des verbes de lal^* conjugaison qu'est sortie la dérivation normale en aison^ qui a créé les formes nouvelles tel* les que fauchaison, pendaison, mais qui aujourd'hui a complètement diq>ani devant celle en alion.

5. ure marque Taction subie, mais surtout le résultat concret de Faction : ainsi la blessure est d'abord Vadian par laquelle on est blesséy puis la jxifiie blessée ; brûlure, dori/r«, enfl«;Y?, gravw/'g, serrure; gaget/re, mangewrg, avec un e servile, etc.

Il y a beaucoup de mots en t-ure qui, comme ceux en îow, sont formés du radical du participe passé latin : ceinture, ligatt4re, l>emturej mpturey stmcturey etc. Le passage du sens actif au sens passif se montre bien dans le mot pehUure^ qui signifie l'action de peindre et ce qui est peint, c'est-à-dire l'ait de peindre et un ouvrage de peinture. Quelquefois le même verbe fournit deux sortes de bases ; on a filure et filature, rotnpure et nçpture, tissure et texture.

Quelques mots en ure sont à base nominale ; ce sont en général des collectifs, comme cheveli/re, msXure, vergewr^, etc. La forme savante en ature peut aussi se tirer de substantifs, et elle exprime alors l'ensemble des caractères qu'indique le radical, du moins dans les mots de dérivation nouvelle, comme • oXimature, ossature, etc.

Ce suffixe a son origine dans le lat. ura (t-ura, s-ura) : peinture de pictura* formé de pictuniy supin de pingere.

6. ance ou ence marque Faction ou le résultat de l'action et forme des noms qui coiTespondent en général aux adjectifs en ant (§ 142) : vengeance, l'action de se venger, croyaiwe, résultat de l'action de croire, défaillawc^, naissriwc*e, obéisseiwcé», séance, soutenorwce^.

Il y a aussi des mots de formation savante en ence, qui correspondent aux adjectifs en mt : adhér^wcé?, différ^w'^, pati^ice, xyi^ence, etc.

7. ande ou ende entre dans quelques noms féminins, formés de participes futurs passifs latins, comme propag^/wcfe (la foi devant être propagée), }MYande, \diwande, offrande, réprimande, \ia?ule, légende, etc. MultiplicffW(/c et dividé^wcfe sont masculins.

8. ment marque l'action : enrôlefnenty action d'enrôler^ ou le résultat de Faction : fondement, ou le moyen par lequel se fait l'action : vêtetnent. Ment est le plus souvent précédé d'un e^ qui, après une voyelle, peut se remplacer par l'accent circonflexe : dènonenietUj dèmietnentj engouement, enjonemefU, que quelquesuns écrivent d^noûment, dènûmentj etc. ; accroissant assortiment^ hà,iinient (p. bâtissement), Tugiesemetit, etc.

Ce suffixe vient de mentumj qui a le même sens : aliment de alimentum, de alerej nourrir; détriment ^ dedetererej user par le frottement; document^ de docere, enseigner; firmament ^ de firmare, rendre ferme; fragment , de frangere, briser ; monument, de monere, avertir ; sédiment, de sedere, être assis.

9. is désigne le résultat d'une action, un assemblage et souvenÉ, en raison de son caractère de dépréciation, un mélange ou un amas confus : hachis, résultat du hadienietU, chamailla, cailloutis, color/s, gâchw, lavw, roui/», semis, etc. Is n'est adjectif que dans : (vent) coulis^ (pont) Uvis, (bois) taillis.

Isse n'est qu'une forme accessoire de i^ et se trouve dans quelques noms du genre féminin : hktisse, coulissa, jaunisse, pelisse, sauc/sse (propr. boyau salé).

I8 est dérivé du lat. icius (ii*ium), et isae de icia. Il y a (quelques mots savants en ice : adventice, factice.

10. oir OU oire désigne : 1** le lieu où se fait l'action : comptùirj table sur laquelle on cotnjTte ; 2** l'instrument, l'outil, le meuble au moyen duquel se fait l'action : arrosoir^ instrument pour arroser; mangeoire, auge où mangent les bétes de somme.

Les substantifs formés par ce sufiSxe sont de deux espèces : a) masc. en oir : encenso/r, trotto/r, batto/r, éteignotr; b) fém. en oire : balançoire, mangeo/re, bouilloire, rôtissoire. Quelquefois on a les deux sortes de mots avec des significations différentes : couloir et couloire, décrottoir et décrottoire, polissoir et polissoire, racloir et racloire.

Oire forme encore quelques adjectifs et substantifs à base de supins : a) adjectifs : diffamatoire^ déclamatoire, expiatoire, méritoire^ obligatoire, etc. ; — b) substantifs : directoire, corps qui sert à diriger ; ils sont tous masculins, excepté échappatoire (de échapper, propr. sortir de la chape ou manteau), écritoire et impératoire. Les deux mots aspersoir et dortoir appartiennent à cette formation ; ostensoir s'écrit aussi avec un e.

Ce suffixe est d'origine latine, et la forme masculine oir ou cire dérive du neutre latin t-orium ou s-orium : dortoir, de dormitorium ; auditoirsy de audire, entendre: laboratoire, de Inhorare, travailler, d*où labourer; oratoire, de orare, prier; réfectoire, lieu où l'on se refait) répertoire, de reperire^ trouver, retrouver, etc. La forme féminine oire correspond aux mots en toria chez les écrivains de la décadence : doloire, de dolatoria.

812 HUB8TANTIFS DÉRIVÉS d'aDJECTIFS 145 $

2, Substantifs dérivés (Tadjectifs.

1. Le français crée des noms abstraits de qualité en ajoutant aux adjectifs les suffixes esse, eur, té, tu<i^ et ie. Les noms ainsi formés sont tous du genre féminin.

2. esse, qu'il faut distinguer du suffixe esse servant à former quelques noms féminins de personnes ou d'animaux (t. § 146), a pour forme accessoire ise : délicatesse, qualité de ce qui est délicat; frandiise, qualité de ce qui est franc; justesse^ hardies86, ivi^ess^, largesse^ vieillesse?, etc.

E99e ou ise vient du latin itia^ qui avait le même sens: justesse dejustUia,. œnvoitise de cupidilia. On doit rattacher à ce suffixe quelques mots dérivés en icef de formation latine : avarice^ justice^ nialice^ notice, nourrice^ police^ f. ; caprice (capra, chèvre), exercice^ sacrifice^ service^ m.

3. eur doit être distingué du suffixe eur servant à former des noms d'agents (§ 144. 2) : aigreur, qualité de ce qui est aigre; blancheur, fraîchewr, froidewr, noircewr, etc.

Eur est formé du latin or oris.

4. té est devenu de bonne heure été, ou plutôt té s'est fixé à la forme féminine des adjectifs : bonté, qualité de ce qui est bon ; faussef^, naïvef^, oisive^^, sûr^^, sal^^, etc.

lié est la foime savante de ce suffixe qui donne un très grand nombre de mots, comme coUectiv^^, honorabilité; passivtW, quanti^^y quaW^, sécuri^^.

Le suffixe té vient du lat. tas tatem, qui s'employait ordinairement avec la voyelle euphonique i (ou e) ; cette voyelle ne s*est pas toujours conservée en français : bonté de bonitatem. En revanche, les mots nouveaux sont en général tirés du féminin, c'est-à-dire qu'ils intercalent un e avant le suffixe : naïveté de naïf,, légèreté de léger.

5. tude ne se présente que dans quelques noms féminins de formation latine, comme amplitude, AT^titude, greititude, etc.

Tude vient du latin tudo et prend ordinairement un i euphonique : fnulti^ tude de multitudOj formé de multus^ beaucoup.

6. le appartient à la formation savante: calvit»^, facétf'e, ineptte; inertie, infamie, minutie, pénurie, perfidie, etc. ; dans I& dérivation française, ie a fait place à la forme allongée erie (v. § 146) et n'a donné que très peu de nouveaux dérivés : bonhomie, courtois/e, félonie, folie, jalousie, vilenie.

Le suffixe ie sert aussi à former des noms de pays : Arabie^ Assyrie, Asie, Béotie, Dacie, Germanie, Helvétie, lUyrie, Italie^ Ligurie, Phénicie, Thessalie, etc. — Bulgarie, Cafrerie, Gofhiey Lofnbardie, Normandie, Tartarie, Turquie, etc.

Ce suffixe ie vient du latin ia avec déplacement de Taccent; beaucoup de noms de pays, même modernes, ont été formés d'après Tancienne accentuation :

$ li46 SUBSTANTIFS DÉRIVÉS DE SUBSTANTIFS 813

Gaule, Grèce, Inde, Perse, Alsace, Provence, Prusse, Suède, Bretagne, Allefnagne, Catalogne, Pologne, Sardaigne, Aquitaine, Macédoine, etc. Il y a encore d'autres terminaisons pour désigner les pays, comme ique : l Afrique; ais ou ois : le Lyonnais; an ou in : le Bressan, le Pérousin.

1 . Les noms tirés de substantifs sont ou des noms de personnes, comme le serrurier^ ou des noms de choses, concrets, comme colonnade^ ou abstraits, comme consulat.

a) Noms de personnes

2. Les noms de personnes sont formés au moyen des suffixes i>r, aire^ iste^ ain, ien^ iw, o//, ard et ois. Ils peuvent avoir des féminins correspondants. Quelques-uns de ces suffixes forment aussi des dérivés à base verbale.

3. ier, au féminin ière^ se réduit à er et ère après les consonnes y,j et ch. Après le l mouillé, qui contient le y, ier devient er dans certains mots : cornouiller ^ écailler, oreiller ^ poulaiUer^ pailler ^ genouillère^ mais reste intact dans d'autres : boutillier (aussi bouteiller)^ coquillier, climaillier ou quincaillier y groseillier, joaillier y umncenillier, marguillier, médaillier, quillier^ sans parler de ceux où le % du suffixe sert à mouiller le l : bachelier j batelier, boi^sdier, borddier, chapelier, chandelier, courfilière. Ce suffixe très productif signifie qui a ou fait habituellement, qui tient à ; il s'ajoute à des noms de choses pour former :

a) Des noms de personnes désignant des personnes agissantes qui produisent, fabriquent Tobjet indiqué par le radical, comme serrurier, qui fait des serrures, huissier (huis, porte), écuyer, conseiller, porcher, batelier, batelière, linger, lingère, etc.

b) Des noms de choses : V les uns, en ier, sont des noms d'arbres et de quelques plantes désignés en quelque sorte par leur principale fonction végétale, celle de produire tel fruit ou telle fleur, comme cerisier, arbre qui porte des cerises, châtaignier, cognassier, pêcher; — 2® les autres, en ier ou ière, sont des noms de réceptacles, c'est-à-dire de vases, d'instruments ou de lieux qui servent à contenir ou à resserrer les objets désignés par les primitifs : guêpier, lieu où sont les guêpes, échiquier, grenier, oreiller, rocher; — théière, cafetière, houillère, Utière (pour listière de liste, dans le sens de bande) ; ou aussi des collectifs, tous en ière : crinière, fourmilière.

Le sufiftxe ter forme aussi des adjectifs : fruitier ^ viager^ etc.

Le suffixe ier vient quelquefois de aris : régulier de regularia, mais le plus souvent de arius, aria, arium: écuyerde scutaritu, grenier de granarium, saunier de salinarius (proprement de sel), carrière de quadraria, carnassier (caro, carnis, chair), caaatiier [casa, maison), etc.

4. aire est la forme savante de ier; mais ce suffixe a pris une telle extension dans la langue commune, qu'il forme directement des dérivés à Taide de radicaux, non plus latins, mais français. Les mots en aire sont :

a) Des noms masculins de personnes, tels que commissionnaire, mandataire, pensionn«/re, sectaire, ou des adjectifs, dont quelques-uns s'emploient aussi substantivement, comme oriaitkwVe, qui tient à Vorigitw, budgétaire, réglementaire, salutaire.

b) Des noms de choses : annuaire, horaire, inventaire, suaire.

Le suffixe aire vient du latin aris (pour aiis après un l) : populaire de popularis, ou de arius, aria^ arium : contraire de contrariusj culinaire (cuUna^ cuisine), mercenaire {merces, salaire), oculaire (oculus, œilj, vulgaire (vulguSy foule), salaire fsal^ sel). On a quelquefois deux dérivés, Tun en ter et l'autre en aire : premier et primaire, de primarius.

5. iste signifie qui s'applique à, ou prend parti pour ; il désigne ainsi des personnes agissantes, comme chimiste^ qui s'applique à la chimie, égo/'^e, qui n'aime que soi (ego, moi, en latin), anarchis^, dentis^, joumalisfe, libre-échangtsf^, royalisme, unitarisfe, etc. H a quelquefois un sens dépréciatif : puriste.

Ce suffixe vient du latin ista, que les écrivains chrétiens de Tempire romain ont emprunté au grec istes, qui a le même sens.

6. ain, qui a pour forme accessoire an, mai*que un rapport d'origine : Afvicaiîi ; d'habitation : châtelaiw, et par extension la communauté, la secte ou la profession à laquelle on appartient : dominicaiw, etc. Il sert à créer :

a) Des noms de personnes et des adjectifs en ain, féminin ai7ie, en an, féminin awe (sauf paysan, qui redouble la consonne, § 75) : châtelain, hauta/w, mondai??, prochain, romaiw, vilain, mahométaw, paysan. Dans quelques mots, il y a intercalation de is entre le radical et le suffixe : aH-is-an, court-isan, part'is^n. — Les mots cifoijen, doyen et jximi appartiennent à cette formation.

b) Des noms de choses masculins en ain et féminins en aine: leimn, plantain, fontaine,

c) Des noms collectifs partitifs en ain, féminin aine : qtiatrain, dizain; huitaine, neuvaine, douzaine, etc. (§ 83. 7).

Ce suffixe vient du latin anus : publicain de puhlicanus, forain de foraneus (foras y hors), vilain àevillanus (villa. méUdrie), vétéran de veteranus (vêtus, veteris, vieux, ancien).

7. ien fonne des noms de personnes et des adjectiâ ; il signifie, comme am, qui appartient à, de la nature de, et marque Torigine, la communauté, la secte ou la profession : Atliémen; grammaimN, gavàien, luthér/e/t, musicien^ paroissi^, etc.

Le suffixe ien sert aussi à former des nom^ patronymiques ; on appelle nom patronymique le nom commun à tous les descendants d'une race et tiré du nom de celui qui en est le père : Mérovingl^ts^ Carlovingi^ns^ Capétiens,

Ce suffixe a la même origine que ain et vient de ianus ou anus : chrétien de chriatianus (% 25. 12).

8. in, féminin /V<e, est originairement un suffixe adjectif qui peut avoir pour base un nom ou un verbe.

a) A base nominale, le suffixe in forme :

1® Des adjectifs et des noms de personnes qui marquent en général la matière; Torigine, Thabitation ou la communauté ; il a quelquefois un sens dépréciatif. Adjectifs : alpin, argentin, en&nt/n, mar/«, mutfw (de meute), florentin ; — substantife : citad/w, capuc/w, calot/n, fantassin, etc.

9* Des noms d'animaux : bouqu/w (vieux bouc), lap/n, lapî>i€, rouss/n.

3* Des noms de choses : grapp/n (de grappe^ proprement crochet), moulin, tetm, famine, nar/ne, routine, vermi'we.

Ce suffixe a en outre une action diminutive ; mais, quand il marque la diminution, in est le plus souvent renforcé par un autre diminutif : ours/n, grad/w, diablotin, agnelin, bouquetin, bécass/ne, bulletin, hottine.

Le suffixe in^ ine provient du latin inuSj inum et ina : sapin de sappïnuSj aquilin de aquilmuSy ou de înus^ a, um : cristallin de crystairinus.

h) A base verbale, in forme des noms de personnes ou de choses : galop/n, gratin.

9. on, féminin onne^ forme des dérivés à base nominale ou verbale.

a) Les dérivés à base nominale désignent des personnes agissantes, des animaux et des choses de diverse nature. Cette forme est aussi employée à la diminution, mais elle désigne moins la petitesse que la jeunesse.

P Noms de personnes : champion? (celui qui combat en champ clos), marmitan, piéton, vignero^e; avec l'idée de diminution : mignon^ poupow, négrillo/^. Il y a quelques noms de peuples en on : Saxow.

^ Noms d'animaux, surtout des diminutifs : ânon, cochoti, chaton, étalow, limaço?i, oison, ourson, raton, bouvillon.

316 suBSTAirriFS dérivés de substantifs § 14^

3** Noms de choses, dont quelques-uns sont des diminutifs : buisson, chiffan (de chiffe, mauvaise étoffe), feuilletott, jambon^ sablon, tronçon, vallon On marque souvent Taug^mentation, à l'instar de l'italien : ballon^ caisson, capuchon, sauvageon, etc.; médaillon est à la fois diminutif et augmentatif.

Très souvent, pour mieux marquer la diminution, on s'ajoute au suffixe diminutif Ule ou à la forme er : carp-iU-on, cot-ill-on, oi- S'ill'On ; forg-er-on, mouch-er-ony puc-er-on,

b) Les dérivés à base verbale sont :

1*^ Des adjectifs et noms de personnes : brouillon, forgeron, grognon, souillon. Brouillon fait au féminin brouillonne, forgeron ne s'emploie qu'au masculin et grognmi et souillon sont des deux genres : Ced la vieille la plus grognon que je connaisse. Une petite souillon (Ac).

2® Des noms de choses, comme bouillow, rejeton, et des noms abstraits d'action : juron, plongeon.

Ce suffixe vi mt du latin o onemy qui avait le même sens : larron de latronem.

10. ard, féminin arde, forme également des dérivés à base nominale ou verbale.

a) Dans le premier cas, ard marque l'habitude et l'accumulation de la qualité; il désigne des personnes: campagnare^, montagnare/, richarrf, vieillarrf; et des choses : billarrf, braseardj épinar^, j^oignard. Il marque un rapport d'origine dans Savoyard, et a un sens abstrait dans milliard. On trouve le féminin arde dans moutarde, de moût.

Ce suffixe exprime aussi l'augmentation, rarement la diminution; il forme: P des noms de personnes dont le sens est dépréciatif: béquilWrf, communard/, mouc/wrrf; 2' quelques noms d'animaux: canari/, chevrillorrf; poulo^•rf<'; 3° ou de choses : meulard, bombarrfe?.

b) Dans le second cas,' ard marque la réitération de l'action et par suite l'excès ; c'est pourquoi il a souvent un sens dépréciatif : ba varrf, babillarrf, criarrf, grognarrf, nasillard, pillard.

Le suffixe ard vient de l'allemand hart^ gothique hardus.

1 1 . ois, féminin oise, et ais, féminin ai^e, sont des variétés d'un même suffixe, qui marque l'origine et l'habitation : bourgeois, courtow, villageow, et sert surtout à former des noms de peuples : Carthaginots, Français. La forme ais est plus moderne que ow; on l'emploie aujourd'hui pour un certain nombre de peuples : Anglais, Polonais, Portugais, et pour désigner les habitants de la plupart des villes de France : Lyonnais, Marseillais, etc.

f 146 BUnSTANTIFS DÉRIVÉS DE SUBSTANTIFS 317

Le suffixe ois ou ai$ provient du latin ensia : Carthaginois de Carthaginien^ M$, Lyonnais de Lugdunenfds.

12. Les suffixes a/n, ien^ in, on^ ard^ ois et ais ont cela de commun, qu'ils marquent un rapport d'origine; c'est pourquoi ils servent presque exclusivement à former les noms de peuples ou de nations. Ces noms ont les deux genres et s'emploient aussi adjectivement : le peuple rwnain, un Romain. Es dérivent des noms propres de pays et de villes et sont surtout formés par les suffixes ain, ien, ois ou ais.

ain (en) et an: Aniériœinj Européen^ Chaldéen, Galiléen^ Phocéen^ Vendéen ^ Persan.

ion, très fréquent: Athénien^ Brésilien^ Prumen.

in : A^igevin^ Florentin^ Périgourdin.

on : Breton^ Brabay^çon^ Bourguignon^ Gascon.

ard : Savoyard.

ois ou ais : CktrthaginoiSj Hongrois, Suédois. Ecossais^ Calabrais.

On se sert aussi de la terminaison ique : Asiatique, persigue (golfe), ou eS' qUe : Barharesque, ainsi que des suffixes diminutifs, comme eau^ ol : Monceau ou Manseau^ Espagnol.

13. Aux suffixes étudiés dans ce § on peut ajouter la teiminaison esse, qui forme des noms de personnes (ou d'animaux) du genre féminin correspondant k des noms masculins terminés : a) par e muet dans les mots : chanoine, cotnie^ diable, hôte, maître, midâtrey nègre, ogre, prêtre, prophète, prince, traître, Suisse^ âne, tigre, qui font chsinomesse, comtesse, etc. et dans diacre (de diaconus) et doge, qui font diaconesse, dogaresse (§ 75. 8) ; — h) par une syllabe masculine dans les mots : abbé, dieu, duc, jxxir, quaker, devin, larron, qui font abbesse, déesse, duchesse, pairesse quakeresse, devineresse, larronnesse, ainsi que dans les mots en eur cités plus haut, bailleur, chasseur, etc. {% 144. 2).

b) Noms de choses.

14. Les noms de choses tirés de substantifs déjà existants sont formés à l'aide des sufSxes isfne, âge, at, ée, ade, aie, agtie et erie.

Les sufSxes isme, âge et at sont masculins, ée, ade, aie, agne et erie féminins.

Sauf at, qui marque une dignité, et isme, un système ou une doctrine, tous ces suffixes expriment une idée de capacité, ou de collectivité, comme chan^etée, plein une charrette, colonnade, réunion de colonnes, feuillage, réunion de feuilles, aunaie, lieu planté d^aunes, montagne, suite de monts qui tiennent l'un à l'autre, verrerie, toute sorte d'ouvrages de verre, etc.

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