‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 207 sur 409 · ADJECTIFS DÉRIVÉS DE SUBSTANTIFS § 14B · texte numérisé non relu

ADJECTIFS DÉRIVÉS DE SUBSTANTIFS § 14B

qui a des épines; fangeux, plein de fange; ennuy^o?, ûévreux (cf. fébrile), facétietia;, greicietix, préciewar, souciewar, soyeiw?.

n y a quelques substaiitifs féminins en euse : dormeuse, sorte de fauteuil où Ton peut s'étendre pour dormir, pondeuse, poule qui pond, rouleuse, chenille qui roule les feuilles, veilleuse, petite lampe, etc. Forme accessoire: oux, fém. ouse: jaloux, et ose: morose. Substantifs : pdouse, ventouse.

Ce suffixe vient du latin oausy osa^ osunif qui avait le même sens : odieux de odiosus fodium, haine).

5. é, fém. ée, marque simplement la possession : ailé, qui a des ailes, écervel^, eflfrén^, échevel^, fortune, fourcha, insensé, lettre, ongl^, pery, sens^, vein^, etc.

Ce suffixe vient du latin atus : étoile de stelUUus. Les mots de formation savante ont at : délicat de deliccUtiSy ingrat de ingratu8.

6. u, fém. ue, marque^ comme eux, la possession, le plus souvent avec ridée de plénitude : barbu, qui a de la barbe; charnu, rempli de chair; chevelu, cossm, fourchu, goulw (de goule, ancienne forme pour gueule), grenu, têtu.

Ce suffixe vient de utus, qui, comme atus, maix|uait la possession.

7. lent a le même sens que ond et ne se présente que dans quelques mots : féculent, opulent, pestUenf, succulent, violent.

Lent vient du latin lentua : opulent de opulentus (opes, richesses).

8. esque exprime la manière, la ressemblance, Torigine : dxdîbesque, barbares?!^, chevalereîsg'u^, pittoresg'Me.

Ce suffixe est emprunté à Titalien esco et a été formé du latin iscxis. Tl a souvent un sens dépréciatif et marque quelque chose de bizarre, d'étrange pour la forme ou la grandeur, que ce soit un agrément ou un défaut dans le siiget : gi" gantesque, pédantesque^ tudesque^ soldaiesque, etc.

9. être est un suflSxe improductif qui ne se présente que dans un seul mot de formation populaire : champ^re.

La forme savante de ce sufTixe est este et estre, du latin estis, ester , eatris : agreste, céleste; équestre, pédestre, terrestre, alpestre.

10. time est un sufl^e qui n'existe que dans quelques adjectifs : légitime (cf. légal), maritime (cf. marin).

1 1 . ime sert à former quelques substantifs appartenant à la nomenclature décimale : centime, déciyne.

Ce suffixe est la terminaison latine imus, a, um, destinée h marquer le superlatif.

12. ième s'ajoute aux noms de nombre cardinaux pour former des adjectifs d'ordi'e : dixi^^, centihne, etc. (§ 83).

Le suffixe ième, ancien français iesme, ime, est formé du latin esimus, a.

1. Les diminutifs substantifs sont des noms de personnes ou d'animaux ou des noms de choses concrètes. Us sont formés au moyen des suffixes diminutifs d = eau et ette^ et, ot, ole^ tde^ ctde, aillej ille, as ou asse, and; d'autres suffixes peuvent aussi s'employer pour marquer la diminution, comme in, an et (xrd (§ 146). Quelques-uns de ces suffixes forment aussi des adjectifs; mais les diminutifs adjectifs sont peu nombreux.

2. Les vrais suffixes diminutifs sont au nombre de trois : ' d = eau, et, ot. Mais ces suffixes ne marquent pas toujours la I diminution, ce qui est surtout le cas pour ot.

eau, fém. elle (de Tancien d), forme :

a) Des noms de personnes ou d'animaux en eau, qui ont rarement des correspondants féminins en elle : cailleteau, chevreau^ faisandeau, lionceau, louveteau, lapereau, perdreau, pourceau, ty* ranneau ; pastoureau et pastourelle, autrefois tourtereau et tourterdle (tourtereau est le diminutif de tourterdle qui a remplacé tourtre),

h) Des noms de choses, savoir : V beaucoup de noms masculins dont un certain nombre ont perdu leur force diminutive : bureate, cerv^ati, écrit^u, faisandeau, fourneau, pruneau, trousseau, traîneau (de trahie, § 142), etc.; 2^ quelques noms féminins : cervette, pruneWe, imrdle.

Ce suffixe est renforcé par ç dans c-eau, c-dle : damoiseau, àamoiseUe, auj. demoiseUe, jouvenceau, jouvenceUe; faisceau, monceau, oiseau, vaisseau, vaisseSe, vermisseau.

Le diminutif lat. ellus a d*abord donné la forme el (d*où le fém. ellejj qui reparait dans les mots dérivés ; ainsi martel-er vient de martel (conservé dans Charles Martel) et non de la forme moderne marteau.

etj fém. e^e, marque la diminution, mais sans y ajouter au* cune idée de dépréciation. C'est un suffixe très fécond qui forme:

a) Des noms d'animaux : agnelet, cochée et coquet (ancienne* ment petit coq, d'où le sens de l'adjectif coquet, proprement vain comme un coq), garçonnet, poulet; cannef^, chevrette, fillette, poulette, etc.

b) Des noms de choses : archet, banquef, bosquet et bouquet, pour bousque^ (de bois), chenet (anc. chiennet), cheveu, poignet, sachet, charrette, lunette, tablette.

c) Des adjectifs : aigref, douillet (du v. fr. douille, mou, tendre), pauvret.

n y a un certain nombre de diminutifs doubles dans lesquels et, ette, est renforcé par le suffixe diminutif d = eau ; bourre^, corsrfe^, gemielet^ ossrff?/, voitelef; côtelette, tSirtélette; — sAgreiêt, meÀgrelet, rondelet, Yerdelet, etc. Mais cervelet, cisdet, fnmitelet, oiselet, handfiette, sont, du moins pour le sens, les diminutifs simples des mots cerveau, ciseau, manteau, oiseau, bandeau^ dans lesquels eau a perdu sa force dimiuutive. — Dans boidet, le suffixe et paraît avoir un sens augmentatif.

ot, fém. otte, est peu fécond et n'a conservé la force diminutive que dans quelques mots, qui, à l'exception de lincrf, linotte (§ 75), sont tous des noms de choses : bachot, ballcrf, billot, chariot, cuissof, c\x\ot, go\x\ot, îlot; culotte, menotte. — Ot ne forme que les adjectifs suivants : bello^, pâW, vieillot

Le latin populaire possédait un suffixe diminutif Utus qui a pris en roman les formes attus, ettus, itluSt uttua; ainsi on français louvat (qui se trouve encore dans la Fontaine), pauvret, petit, pâlot. De ces quatre formes et et ot seuls sont restes dans la langue actuelle.

3. Les suffixes suivants sont d'origine latine; de, ule, cule ne se présentent que dans des diminutifs de formation savante ; aille et elle expriment la collection, la diminution ou l'augmentation, le plus souvent avec une idée de dépréciation.

oie sert à foimer des diminutifs savants du genre féminin : aride, artéride, bestiole, bay\derde, cabriole, carriole, casserde, févérole, fdide, gloride, rougede, etc.

Dans les mots de formation populaire, le suffixe latin oins fe-oluê, i^lus) est devenu en français euil, eul, oly dans chevreuil, écureuily filleul, glaïeul, jtnceulf ligneuL rossignol, tilleul; lésons diminutif de res mots a tout à fait disparu.

ule est un suffixe savant qui forme des noms diminutifs masculins ou féminins selon le geni^e du nom qui leur sert de base : un globule est un petit globe, une glandule est une petite glande.

Le sulfixe ule vient du latin ulus, ulum et ula : module de modulus, peti- (iule de pendulus, ovule (de ovum, œuf); capsule de capsula, cellule de cetlula (cella, chambre), virgule de virgula (virga, baguette). La formation populaire a donné les mots peuple de populus, sangledi^ cingulum, table de tabula, tuile de tegula, seille de situla, dans lesquels le sens diminutif a entièrement disparu. Ce suffixe ne forme que deux adjectifs, qui n'expriment point la dimiluition : crédule (cf. croyable), ridicule (cf. risible).

cule est un suffixe savant qui fonne de la même manière des noms diminutifs masculins ou féminins selon le geni'e du nom qui leur sert de base : un animalcule est un petit animal, la iwUicule est une petite peau.

Le suffixe cule, m. et f., vient de cm/us, culum et cula : coi'puscuhi decorpi«culum (corpus, corps), opuscule (opus, ouvrage), clavicule (clavis, clé)» follicule Ifolium, feuille), radicule [radûc, racine), renoncule «plante dont la racine imite une petite grenouille, en Int. rana], vésicule [rcsica, vessie).

Le suflîxe ade précédé des voyelles a, e, i, m, a (§ 26), donné les désinences françaises suivantes qui ont complètement perdu leur sens diminutif :

1. ail, m., aille^ f. : poitrail^ portail, va^UaU^ anc. ventail. Ce suffixe est resté productif, il exprime quelque chose d'instrumental et forme des noms masculins en ail : attirail^ époumntailj éventail, gouvernail, soupirail, travail (du v. fr. traver) et quelques noms féminins en aiUe : tenaille (instrument pour tenir)y sonnaille^ trouvaille (chose trouvée).

2. eil, il, m., eiUe, Ule, f. : orteil, soleil, sommeil; péril, abeiUe, oreille^ bouteille, corbeille, corneille; cheville, goupille, lentille.

3. ouil, m., ouille, f. : fenouil, ge?iou, pou et verrou, qui ont perdu la finale il, grenauïlle,

aille forme des collectifs le i)lus souvent dépréciatifs, et tous féminins : antiqucr/He, broussaZ/fe' (de brosse, anc. buisson), fntaille (de fût), ferraille, grenaille, marmaille, muraille, rocaille, yAleiaille.

Aille forme aussi des dérivés à base verbale : mangeaiUe, semailles, tenaille, trouvaille, volaille.

Ce siiflixe a pour origine un pluriel neiiti-c latin en alia^ ilia (bilia)^ qui :i donné l'idée de collectivité : volaiUe de volatiliay pluriel de Tadjcctif volatilis; V. fr. aumaUle, de animalia. Il y a quelques noms masculins en ail : bétail, anc. bestaUle, de bestialia, vitrail.

ille est originairement diminutif : chen///e (litt. petite chienne), faucille, pointillé; de là son emploi dans les formations nouvelles au sens spécial de collection de menues choses : charmille, plant de petits charmes, ormille, ramilles. Tous ces mots sont féminins.

I^ suffîxe ille vient du latin icula ou ecula.

4. Il y a enfin trois suffixes, as, âtre et aud qui expriment en général la collection ou la diminution avec une idée de dépréciation.

as ou asse a, en général, une signification collective, augmentative ou dépréciative : a) masc, peu nombreux : coutelas, cei'velas, plâtras; b) fém. bestiasse, bécasse, cognasse, culasse, cuin/,s.se, papera.^sp/ popuWe, vill^ice. H y a quelques noms à base verbale : crevasse, laxasse, \ia.<se. — Les adjectifs bonasse, hotnmasse, molasse, sont les seuls en asse.

Ce sunixe vient du latin aceus. On doit y rattacher les terminaisons ache, èchCy iche, oche. uche, dans les substantifs suivants: bravache^ mordache, rondache; flammèche; ram'c/ie (chien;, levriche (lièvre), pMilicfie; caboche (capntAHo), épinoche^ filoche, maillochej sacoche^ taloche (v. fr. taler^ meurtrir); capeluchCy inerluche, peluche, perruche.

âtre désigne une ressemblance incomplète avec l'idée du

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