‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 213 sur 409 · DES PRÉFIXES EN OÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES PRÉFIXES EN OÉNÉRAL

plus distincts, on écrit le mot entier d'après les lois générales de Torthographe française, et souvent sans égard à l'étymologie. Conformément à cette règle, si le premier mot est terminé par une lettre qui ne se prononce pas, elle est en général supprimée, comme le t dans néanmoim (néant-moins)^ le $ dans taujùurs (t^ms-jotirs), le e dans licou (lie-cou), etc. Dans nofwbstant (non-obstant), dorénavant (d'or-en-avant), etc., le m perd le son nasal qu'il a dans nort, en, parce qu'il ne termine plus la syllabe (§ 86).

Voici quelques exemples qui montrent l'application de la règle : piU8avant (passe-avant), licou (lie-cou), chégros (chef-gros), pivert (pic- vert), forcené (de fors = hors et de l'ancien séné = sensé, qui est hors de sens), faubourg (forsbourg), hormis (hors-mis), voilà (vois-là), gendarme (gens-d'annes), la plupart (plus-part), plutôt (plus tôt), souligner (sous-Iigner), verjus (vert-jus), plafond (plat-fond), champart (champ-part), rouvieux (aussi écrit roux-vieux], atout (à-tout), amont (à-mont), aval (à-val), jamais (jà-mais), afin (à-An), do» rénavant (d*or -en-avant), chacun (chaqu*un), printemps (prime-temps), etc. U y a des exceptions, comme champlever, hautbois, longtemps, quelqu'un, sangsue, etc.

b) Quand les termes composants sont encore distincts, chacun d'eux conserve son orthographe propre, et l'unité du mot est marquée en français par le tiret ou trait d'union : beaufrère^ ûrc-en-cid, perce-neige ; mais l'usage a réglé d'une manière à peu près arbitraire l'emploi de ce signe orthographique, et il est une foule de mots composés que l'Académie écrit sans trait d'union, comme pomme de terre, ver à soie, etc.

L'apostrophe remplace le trait d'union, comme dans grand'fnère, chef-d! œuvre.

Tant que les deux termes d'un mot composé vivent de leur vie propre et gardent leur signification précise, ils conservent en même temps leur accentuation, et si Taccent principal est sur le dernier mot, il y a sur la dernière syllabe du premier un demi-accent très prononcé : sapeùr-potnpiér, àrc-en-ciél, parteplume, càsse-coû. Mais si la fusion s*opère outre les deux termes, le premier perd peu à peu son accentuation propre, et, quand elle est totalement achevée, il ne reste plus d'accent que sur la dernière syllabe du dernier mot : champart,. licoû, lundi (}). La suppression du premier accent a pour résultat la réduction du mot composé à un mot unique. Cette réduction se soumet, ainsi qu'on vient de le voir, aux lois générales de la phonétique française, d'après lesquelles s'achève la soudure.

AtiicJe IL — De la composition par préfixes.

A. Des préfixes en général.

1. La composition avec des particules employées comme préfixes est de beaucoup la plus riche et la plus féconde. Toujours en pleine activité, elle transforme incessamment et re-

(1) Voir G. Paris, Accent Uitin, 82-85.

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