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Forme des préfixes

2. Les particules employées à la composition sont séparables ou inséparables.

a) Sont inséparables toutes les prépositions latines ou autres employées comme préfixes et qui ne se présentent plus qu'en composition, où elles ont la valeur d'adverbes, comme ex^ mes, re, dans exclure, mésestimer, redire, quelquefois de prépositions, comme anté dans dmiédiluvien. Ces préfixes inséparables s'incorporent complètement aux mots simples de manière que leurs composés ont eux-mêmes la forme de mots simples, sauf les cas où les particules ex, in et uUra employées à des compositions nouvelles restent distinctes avec le trait d'union, comme dans ex-député, in-douze, ultra-royaliste.

Quelques-uns de ces préfixes inséparables sont productifs de mots nouveaux, pour la création desquels ils changent ordinairement de forme, la particule latine devenant alors un suffixe français, qui peut rester inséparable, comme dé ou dés de dis, mais qui le plus souvent est une préposition séparable, comme in et en, entre de inier, per et par^ pro et poiir^ trans et très, etc. ; souvent le même mot a les deux formes, latine et française, avec une signification différente, comme impliquer et employer, imprimer et etnpreindre, interposer et entrepose7\ Les autres préfixes inséparables sont en général improductifs et ne se présentent que dans des mots tirés directement du latin ou formés sur des types latins; dans les formations modernes on les remplace ordinairement par des préfixes français séparables, comme sous pour sub.

b) Sont séparables les particules françaises qui se présentent comme préfixes dans la composition, mais qui s'emploient aussi isolément comme prépositions ou adverbes, par ex. contre^ qui est préfixe dans contrevent, et préposition dans : Il va contre le vetit; bien, préfixe dans hienheureux, et adverbe dans : Il est bien heureux d^ avoir échappé à ce péril. Les préfixes séparables s'ajoutent aux mots simples comme les préfixes inséparables : soulever, ou en restent distincts, le plus souvent avec un trait d'union : sous-louer.

3d4 DES PRÉFIXES EN GÉNÉRAL § 152

« Dans toute langue, même celles qui, comme Tallemand et le grec, sont les plus riches en particules, il en est qui s*eiTacent peu à peu et disparaissent de la langue commune, et que seule leur soudure antérieure avec certains radicaux préserve d*une destruction complète. Pour nous en tenir au latin, la préposition 86, qu'on retrouve isolée aux premiers temps de la langue, n'a plus été conservée que dans un petit nombre de composés, comme aeducere, separare^ etc. De même, dans le passage du latin au français, certaines prépositions sont sorties de Kusjige : ainsi a6, ex, dis, cum, circum, per, et encore, parmi elles, les unes ont eu meilleure fortune que les autres, puisque ah et cum, par exemple, ne peuvent plus former de composés français, tandis que per, ex, dis, quoique n'existant plus à l'état libre, sont encore, en tant que particules composantes, pleins de vie. Il en est de même des pahticules séparables : les unes sont d'un usage plus fréquent que les autres. Hors, outre, 8ur, sont aujourd'hui d'un emploi assez rare; au contraire, en, avant, arrière, contre, sont toujours très vivants.» (Darmstoter.)

3. La réunion du préfixe au mot principal fait souvent naître un hiatus, qui amène Télision de la voyelle finale du préfixe : ravoir (V^-avoiiO, ou un choc de consonnes, que l'on évite soit par la suppression de la consonne finale du préfixe : émettre (exmettre), soit par Tassimilation complète de cette consonne à la consonne initiale du mot simple : \<àd ^^ ad s'assimile aux liquides Z et r et aux consonnes fortes : accourir (orf-courir), le s de dis et le a; de er au /* seulement : diffamer^ effréné; le n, outre qu'il se change en m devant les labiales m, b et p (§ 49), s'assimile encore aux liquides dans les préfixes con et in : collège^ irruption, C^est grâce à cette assimilation, qui a surtout lieu avec les liquides et les consonnes fortes, que les lettres doubles sont si fréquentes au commencement des mots.

Ces modifications du préfixe expliquent pourquoi, par ex., on écrit avec un seul r ou un seul m : éruption (ex et rumpere, rompre), étnigrer (ex et migrare), et avec deux r ou deux m : irruption (in et rumpere)^ immigrer (in et migrare, changer de séjour).

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