‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 239 sur 409 · COMPLÉMENT · texte numérisé non relu

COMPLÉMENT

sa famille. Il a parlé contre et en faveur de mon projet ; il faudra dire : Il est utile et cher à sa famille. J7 a parlé pour et cofUre mon projet.

5. Quand un verbe a plusieui*s compléments coordonnés, ces compléments doivent être de même nature. Ainsi on ne dira pas : Il aime le jeu e^ à étudier. Je vous exhorte au courage et à patienter; mais bien : // aime le jeu et Tôtude. Je mus exhorte au courage et àl^ patience.

A. Complément.

1. Le complément est exprimé, comme le sujet, par'un substantif ou par un mot de nature substantive, savoir :

a) Par un substantif: Le soleil dissipe la nue (La F. VI, 3). Jje sage profite du temps, ou par un substantif- adjectif : Le riche méprise souvent le pauvre.

h) Par un infinitif: Osez me suivre ; osez accompagner ma fuite (Rac). Tout homme craint de mourir (J.-J. R.)- Etre Bonaparte et se faire sire! ., . il aspire à descendre (Courier). Mon frère^ vous seriez charmé de h connaître (Mol.).

c) Par un pronom substantif, savoir : V un pronom personnel conjoint : Il me trahit^ vous trotnpe et nous méprise tous (Rac). Ceci ne me plaît pas, dit-elle aux oisiUom (La F. I, 8); ou absolu : Je ne vois venir ni lui ni elle. Elle doit être à moi (La F. I, 6); — 2"* un pronom possessif absolu: Si l'été a ses pl^isirs^ r hiver a aussi les siens; — 3** un pronom démonstratif: Je nourris celui-ci depuis longues années (La F, X, 2). A cela Von n'a rien à dire (La F. I, 6) ; — 4** un pronom interrogatif ou relatif: Que clirrchez-cous? De qui jxtrlez'vous? Je m'en rapj^ti^ à qui vous voudrez,

d) Par un pronom indéfini ou un nom de nombre indéfini employé absolument: On nia dit quelque chose 5/// est très piaisant (Ac). // les a tous réunis. Qui ne sait rien, de rien ne doute,

e) Par tout autre mot pris substantivement et généralement précédé de l'article : La vanité soutient tour ù four le pour et> le contre. Plusieurs peu font un beaucoup.

2. Le complément du verbe est appelé direct ou indired^ selon que le rapport objectif est marqué par la constiiiction ou par une préposition.

a) Le complément direct ne se marque en françaivS que par la place qu'il occupe; on le met après et quelquefois avant le

verbe sans aucune préposition : Ixf pluie arrose la terre. IJeau fraîche nous désaltère ; cependant le complément direct exprimé pai- un infinitif est le plus souvent précédé de la préposition à ou (le: Il aime à jouer. On craintde se montrer sou^ sa propre figure (Boil.).

b) Le compl('meyit indirect se marque généralement en français par les prépositions à- et de: Le vert plaît à la vue. Le renwrds est in^éfxtrable du crime ; toutefois le complément indirect n'est pas précédé de la préposition quand il est exprimé par un pronom personnel conjoint: La paresse nous nuit. Votre fiUe ïXïe plut ; je prétendis Ivd jdaire (Rac).

c) Il y a une espèce particulière de complément qui marque Veff'et de l'action ou une transformation du sujet ou même de l'objet ; c'est à cette espèce de régime que l'on donne quelquefois le nom d'objet faditif ou simplement de factitif et que nou& appellerons complément p-édicatif.

Le complément prédicatif s'exprime :

V Par un adjectif (ou un substantif employé adjectivement)^ qui s'accorde, comme l'adjectif prédicatif, en genre et en nombre avec le sujet de la proposition, et alors le verbe est intransitif: Il devient riche. La chrysalide devient papillon. Elle }xirut toute tremblante. La victoire resta indécise. Ils ont été faits prisonniers ; — ou avec le complément direct, et alors le verbe est transitif: Le commerce le rend riche. On les a vus ivres.

2** Par un substantif précédé de la préposition en: Narcisse fut métamorphosé en fleur. L'année était paHugée en deux corps.

B. Circonstanciel.

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