‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 25 sur 409 · SEOTÏOX II FORMATION DE LA LANGUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

SEOTÏOX II FORMATION DE LA LANGUE FRANÇAISE

Origines dti français.

1. Le langage diflFère suivant les races et les climats; mais chaque laugue, chaque idiome, même celui qui est parlé par le peuple le moins policé, est soumis à des lois aussi certaines que celles <iui régissent le monde physique; et ainsi, le langage étant l'œuvre de la nature, et non l'invention de rhomme, la giammaire doit être traitée de la même mauièje que les autres sciences de la nature, qui partent de Tobservation des faits pour amver i)ar voie de déduction à la constatation des lois.

Les nombreuses langues qui se i)arlent sur la tejTe se divisent en groupes ou familles. Le plus important de ces groupes est celui des langues aryennes om indo-e^t-ropéeniies^ auquel appartient le latin.

Le ?ff/fn, langue morte, est la source d'où sont sorties les langues dites rojnanes ou néo-latines^ et en particulier le français.

Le français est donc une langue dérivée dont les origines sont dans le latin.

2. Le latiyi vulgaire^ transporté en Gaule par les soldats de César et les colons, absorba promptement la langue indigène, le celtique^ et subit à son tour, quatre siècles après, par L'invasion des tribus germaniques, une notable perturbation dans son vocabulaire, mais non dans sa syntaxe; plus de cinq cents mots germaniques prirent pied dans la langue gallo-romaine. Ce latin populaire, ainsi modifié par Tinmiixtion de mots barbares, devint, par une série de transformations lentes et insensibles, la langue cToïl, qui apparaît dès le IX* siècle comme un idiome indépendant du latin, et qui, au XII*" siècle, est une langue formée, a^^ant «a grammaire et sa littérature propre.

Comme les autres langues romanes, ses sœurs, la langue d'oïl comprenait phisieurs dialectes, le normand, le picard, le bourguignon et le français. Ce dernier, qui n'était parlé (lue dans la province nonmiée Ile-de-France, supplante peu à p( u les auti'es dialectes, (lui tombèrent au rang de jxitois, et il devint au XIV** siècle la langue française ou le français niodmtfy

ii) Pour les (Iclails, v. Dioz, Ch'. «/.v bitvjnes ronun s, 1, 1—66, 105 -121. V. aussi la note 1 à lu fin du volume.

AYin», Grathvuiire comiun'i'e.

Page 1