SYNTAXE DU PRONOM
Article L — Emploi du pronom en général
1 . Les pronoms ont toujours par eux-mêmes une signification individuelle ; ils ne doivent donc pas représenter un nom pris dans un sens général, c'est-à-dire employé sans l'ai-ticle ou sans l'up des équivalents de l'article, lorsque ce nom forme, avec le verbe ou la préposition qui Ife précède, l'expression d'une idée unique, soit verbale, comme faire répofiae = répondre, soit adverbiale, comme avec jxditesse = poliment. On ne dîm donc pas: Le condamné a demandé grâce et Va obtenue; il faut dire : Le condamné a demandé sa gnke et Va olAenue,
Mais on dirait très bien : Je ne leur dois que justice en parlant (VeuXj et je la leur rends (J.-J. R.), parce qu'ici on sousentend l'article défini devant justice et que ce substantif ne forme pas une seule et même idée avec le verbe dois dont il est le complément, comme dans demander (jrâce^ faire justice. On doit également considérer comme correctes les phrases suivantes où le substantif qui remplace le pronom est individualisé par un article indéfini ou partitif sous-entendu ou exprimé par le génitif de: Chien (un chien) qui aboie ne mord pas. Je ne saurais tenir contre (une) femme qui crie. Il ny avait (pas un) livre quV/ ne lût (Boss.). Ce sont (des) termes de Part dont // est ])ermis de se servir (Mol.). Vorient paraît tout en (des) flammes; à leur éclcft on attend r astre lonf/temps avant (ju'il se montre... Il y a là une demi -heure d'enchantement, auquel nul homme ne résiste (J.-J. R.). »SV nous n'avions jyoint d'orgueil, 710US ne nousijUaindrions ixts de celui des autres (La Roch.). Ja^ mais tant de beauté fut-elle couronnée? (Eac.) Il est coiijHfble de crimes qui méritent châtiment.
Du reste celte règle, quoique parfaitement juste, n'est pas toujours observe^,