EMPLOI DU PRONOM LE § 1B
Je le suis. — Soni- ils pauvres? Ils le sont. — Tu as porté V opprobre et la mort dans une famille innocente qui^ sans taij le serait encore (Marm.). Ceux qui sont amis de tout le monde ne le sont de personne (Barth.). Il n'est pas néce^^aire que le mot représenté par le pronom le soit du même genre et du même nombre que celui qui est énoncé : Si cette prose est incorrecte, les vers le sont (Volt.). On sait que les honnis lois sont rares, mais que leur exécution Vest encore davantage (Id.).
Le pronom neutre peut remplacer même yn substantif déterminé, si ce substantif exprime plutôt une manière d'êti*e qu'une chose réelle : Pourquoi les riches soytt-ils si durs envers les pauvres? C'est qu'ails n'^ont pas peur de le devenir (J.-J. R.). Les Romains avaient des oracles qui promettaient à Home d'hêtre la capitale du monde^ et die le devint (Bem.). C'est comme s'il y avait simplement pauvres, capitale.
Voici d'autres exemples analogues : Les fourbes croient aisément que les autres le sont (La Br.). Vous savez que je ne fais pas la jeune ; je ne le suis nulletnent (Sév.). Qu'appelez^vous douze hommes de bonne volonté? Nousle sommes tous (Mann.). Est-ce que nous sommes la canse qu*ils s*en éloignent? Ouiy nous le sommes (Id.).
c) Le pronom le peut encore se construire avec le verbe être pour représenter un participe passif, et dans ce cas il est également neutre et invariable : // est aussi aimé qu'il mérite de Vêtre^ c'est-à-dire, d'être aimé.
Le pronom neutre le, disent les grammairiens, ne peut représenter un participe passif que si ce participe a déjà été énoncé dans la phrase. II ne faut donc pas dire ; L'intention de ne jamais tromper nwis expose souvent à Vôtre. Je n'ai pas encore terminé mon travail, mais il le sera bientôt. Dans cette dernière phrase, terminé n'a été énoncé qu'avec le sens actif, tandis qu'il doit avoir le sens passif dans «7 sera bientôt terminé. On trouve cependant dans nos meilleui'S auteurs de nombreux exemples où le rcmpla<;e un participe passif sousentendu dans une phrase où il n'a «le rapport visible qu'avec rinfiuitif, le participe passé ou toute autre forme d'un verbe actif: Il est difficile d'embellir ce qui ne doit Vôtre que jusqu'à un certain derfrê (Thomas). Le /^rM/" remplit ses deux premiers estomacs autant qu'ils peuvent Vôtre (WulW). Celui qui critique trop sévèrement mérite de Vôtre (Lab.)- H Ict servit comme il vonlait Vôtre (Mich.). Il les traite comme il Va été tout à Vhcuire (Id.). Je inétai^ consolé en quelque tsorte de ne Tavoir pas touché par la pensée qu'il était incapable de Vôtre (M"û de la P'ayette). J'ai la conscience d'dLVoir servi la légitimité comme elle devait Vôtre (Chat.). Vous i/i'avez aimé comme je ne le serai jamais (G. Sand).
2. Le pronom le, variable ou non, ne peut se rapporter (ju'à un mot énoncé dans une autre proposition, cVst-à-dii-e qu'il ne peut représenter ni le sujet ni l'attribut du sujet de la proposition où il fijû^ure. L'emploi de ce pronom est donc fautif dans les exemples suivants : L'allégresse s'auiimente à la répandre (Mol.). Les objets de nos vœux le sont de nos ])laisirs (Corn.). Les belles choses le sont moins hors de leur place (La Br.). Le fils