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Chapitre V Les sons de la langue étudiés en eux-mêmes

Ses Voyelles.

1. Les voix ou voyelles primitives sont /, a, u (^). A est le son le plus plein, le plus éclatant et le plus ancien. Au-dessous du a se placent le i et le «, l'un représentant le son le plus aigu, Tautre le son le plus sourd. Ainsi a occupe le sommet de l'échelle tonique, dont i et u occupent parallèlement les deux points inférieurs ; a est pur et stable, / et u sont mobiles et aptes à passer à l'état de consonnes. On peut les représenter de cette manière (*) :

Outre ces trois voix principales i, a, ?/, la plupart des langues ont encore deux voyelles accessoires, savoir : le e, son intermédiaire entre i et a, et o, son intennédiaire entre u et a. De cette manière nous obtenons la série naturelle des voyelles 2>î/res ; i, e, (f, o, u.

Ce sont là les principales voyelles, et il y a bien peu de langues où elles ne se retrouvent pas. Mais il y a bien d'autres variétés de sons-voyelles ; ainsi le français possède en outre le eu, son intermédiaire, enti*e e et o, comme dans feu, vœu, et le Hj qui tient le milieu entre / et oti; ce dernier son, qui est inconnu aux autres langues romanes littéraires , ' est formé de la manière suivante : « tandis que la langue s'apprête à prononcer le iy les lèvres prennent la position que réclame le u (ou) (»). D

(l)n s'agit ici, non pas du u français, mais bi«;n du u indo-europpen, tel qu'il se prononce en allcinand, en italien, etc., c'est-à-dire comme notre ou. (2^ J. Grimm, Deutsche Grammntik, 3* éd., I. p. 32 et s. (3) Dubois-I\eymond, Kaiimus^ oder allgemeine Ali>habetik, p. 150.

21 DES VOYBLLKS § 10

On distingue ainsi en français les voix simples suivantes : a^ e, 0, en, i, ou, u, qui se font entendre à la fin des mots Aa, thé^ P«ô, /"au, si, /bu, 6 II. — Eu et ou sont des sons simples, quoiqu'ils soient représentés par la combinaison de deux voyelles.

Outre ces sept voyelles pures, il y a encore le e dît muefy qu'il ne faut pas confondre avec le e propi-eraent dit ou e sonore. Le e appelé muet est la plus faible émission de voix possible; il a en général le son d'un eu faible, comme dans Jo, /e, ou très faible, comme dans une; le mot hetfaee réunit les deux sons du e muet.

2. Les voj^elles «, e, o, etéy prononcées de manière que la voix sorte en partie par la bouche, et en partie par le nez, forment quatre nouveaux sons, qu'on appelle voyelles nasales, et que l'on entend à la fin des mots jJbjIj brixïj bon, brun.

« Si, au lieu d'émettre librement, à travers la houoho, le son-voyclU». nous laissons s'al>aisser le voile du palais et que nous forcions ainsi l'air à vibrer à travers les cavité qui rattachent le nez au phar}-nx, nous entendons les voyelles ftasaleSy an, on, in, un, si commnnes en français. Il n'est pas nécessaire que l'air p.'isse à travers le nez; au contraire, nous pouvons fermer le no/., et nous ne ferons ainsi que rendre l'accent nasal encore plus marqué. La st^ile condition nécessaire est le déplacement du voile, qui, dans les voyelles ordinaires, couvre plus ou moins complètement rorifice postérieur des fosses nasales (}). »

3. Les voix i, ou, qui ne peuvent pas se changer en voyelles nasales, sont dites voix constantes, par opposition aux autres voix, qui sont variables.

VOIX VARrA.BI.KS

VOIX CONSTANTKS.

ires NasaK^s.

a Qti

e in^

o on

on

eu un

Jn et un sont les nasales de e et de e//, et non pas de / et de u,

4. Les diphthongues, dit Max Muller, se produisent quand au lieu de prononcer une vo)'elle immédiatement après une autre, au moyen de deux eiForts successifs de la voix, nous formons un son pendant le coui-s du cliangement qui doit s'opérer dans la position des organes pour passer d'une voyelle à une autre. Si nous passons rapidement de la position du a à celle du î/, en prononçant une voyelle, nous entendons au, comme dans l'allemand Bau,

(A) M. MuH'>r. Nouvelles U^ons sur la nclence du hittgatjt', \, Ifiï. Gel ouvrage nous a fourni plusieurs autres remarques phon'^tiqu^s que nou>-* avuns placé;**; entre guillemets.

î 11 DES ESPÈTKS DE COXSOXXES 2»'»

Les grammairiens italiens divisent les diphtongues en étendues (disiesi) et contractées (raccolti)^ selon qne la voix appuie sur la première ou sur la seconde voyelle : âioxx ià. Les combinaisons de voyelles de la seconde espèce ne sont pas, à proprement parler, des diphtongues; mais ces diphtongues impropres sont les seules qui existent dans le fi*ançais actuel. Elles peuvent être pures, comme la dans pieLno, ou nasales, comme iafi dans vi^jade.

Ses Consonnes.

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