ACCORD AVEC LE PRONOM RELATIF QUI
personnes qui savent leur monde (Id.). Il n'a rien à craindre fie moi qui ai toujours honoré les gens de mérite comme /mi (Boil.). Allez donc cowm« deux lions qui cherchent /ewr j»-oîe(Fén.). Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille (La "F. III, 18). Le sénat se tronve cotnposé de ceux mhnes qui s'opposaient le plus à la loi (St-Réal). Tels arrêts nous déchargent et nous renvoietit ahsousj qui sont infirmés par In voix du peuple (La Br.).
Paris nouft méconnaU ; PaHs ne veut pour maître Ni moi qui suis son roi ni tous qui devez Vêtre (Volt.).
L'antécédent de qui peut être un pronom personnel absolu qui n'est pas exprimé ; c'est ce qui a surtout lieu dans l'apostrophe : Que je vous dois d'encens^ grands dieux (vous) qui m'exaucez (Corn.). Providence éternelle, (toi) qui fais ramper Vinsede et rouler les cieux^ tu veilles sur la moindre de tes œuvres (J.-J. R.).
Racine a dit : Il ne voit dans son sort que fnoi qui s'intéresse, où qui est à la troisième personne, paixequ en réalité il se rapporte au moi personne sousentendu : // ne voit personne autre que moi qui s'intéresse. On dira de même : Il n avait que moi qui pût le secourir (= il n'avait personne qui pût le secourir, excepté moi). C'est ainsi que M»* de Sévigné a écrit : Il n'y a que moi qui passe sa vie à être occupée et de la présence et du Muvenir de la personne aimée. C'est par une ellipse semblable que Molière a pu dire sans être incorrect :
Xous chercfiero/is partout à trouver à redire. Et ne verrons que nous qui sachent bien écrire.
Dans cette phrase de La Bruyère : Cliton Jia jamais eu toute sa vie que deux affaires, qui est de dîner le matin et de souper le soir, le singulier s*explique par l'attraction de rintinitif prédicatif qui suit.
3. Lorsque la proposition accessoire amenée par qui est jointe au prédicat nominal de la principale, l'antécédent de qui est tantôt le mot qui précède, tantôt le sujet même de la principale.
A, Dans les plirases construites avec c*estj qui a toujours pour antécédent le pronom ou le substantif qui précède : C'est moi qui wus le dis. Cest eux ou ce sont eux qui le disent. Ce n'est pas un homme com^ne wus qui se permettrait une telle grossièreté. C'est moi qui suis Guillot^ berger de ce troupeau (La F. HT, 2). CeM moi qui vous le dis, qui suis tx>tre grand'mère (Mol.). Monsieur, n'est-ce pas vous qui t^ous appelez Sganarelle? (Id.) N'accuse point mon sotiy c'est toi seul qui Tas fait ((^om.). Cest eux qui ont bâti ce superbe labyrinthe (Boss.). Ce furent les Phéniciens qui les prefniers inventèrent l'écriture (Id.). Cest vous qui le premier H,vezrofnpu nos fers (Volt.), n me traduit d'un style si facile, si fiaturd, si élégant, qu'on croira quelque jour que c'est lui qui a fait Ahire. et que c'est moi qui suis son traducteur (Id.),
496 SUJETS Liés PAR ET § 217'
2. Mais rac(îord a lieu avec le substantif le plus rapproché:
r/>*Quaii(l les sujets sont liés, le plus souvent sans la con-jonction et^ comme tenues syuonymes, ou ayant une 8lgiiîflcation à peu près semblable: Le fanfarcni, le poltron veut à toute force pusser pour hrare (^J.-J. K,). Dam tous les âges de la r;>, V amour du travail, le goût de l'étude est un tien (Marm.). Le savoir-faire et l'habileté ne vaènB ixis jusqu'aux éfiormes richesses (La Br.). La fjloire et la prospérité rfcs méchants est votuie (Fén.).
h) Quai^d les sujets forment une f/radation dont le dernier terme efface en quelque sorte les autres. En pareil cas on omet toujours la conjonction et: Mais le fer, le Ixindeau, la flamme est toute prête (Kac). Quel climat, quel désert a donc pu tecacher (Id.). Un seul mot, un soupir, un coup d'œil nous trahit (Volt.), l-ne excuse, un mot le désarme (J.-J. R.).
Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée
Ne peut plaire à Vesprit quand l'oreille est blessée (Boil.).
c) Lorsqu'il y a inversion et que le verbe précède le sujet multiple dont le premier terme est l'idée dominante : Quelle était en secret ma honte et mes chagrins (R^c). Tombe Argos et ses murs (Tjem.).
Mais pourquoi, dira-t-on, C4.'t exemple odieux?
Que peut .servir ici l'Egypte et ses faux dieux? (boil.).
Quand datis la tombe un pauvre homme est inclus,
Ou 'importe un bruit, un nom qu'on n entend plus? (Volt.).
L'accord a souvent lieu avec le pi'emier terme du sujet multiple quand même il n'exprime pas Tidêe dominante: Voilà font ce (pi'o, pu faire la magnificence et la pictc (Bo^s,), (^«'importe sa pitié, sa Joie et sa vengeance Y (Y oit.). Que lui importe le nom, la parure et te hahitudes de la beauté':" (G. Sand.)
Après ce, le verbe être s'accorde avec le premier nom ou pronom : C'est la gloire et les plaisirs qull recherche (Ac). CTest l'avarice et. V ambition qui troublent le monde. Ce sont ses conseils et mon inexpérience qui m'ont fait commettre cette faute. C'est elle et lui qui nous invitent. Mais on met toujours ce sont quand le ^ïronom ce est en rapport avec un pluriel qui précède : // y a en latin trois genres : ce sont le masculin, le féminipi tf le neutre. Il appelle à lui quatre courriers qu'il destinait au tnes' sage : c'étaient Vdnef le chien, le corbeau et le pigeon (Volt.). Sou* vent les auteurs ont employé c'est et ce sont dans la même phrase. selon le sens: Ce /tétait pts de Vor et de V argent (= du numéraire)///^/ me manquaient; c'étaient du café et de la cajinelle (Volt.).