‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 300 sur 409 · On met encore le singulier dans les cas suivants · texte numérisé non relu

On met encore le singulier dans les cas suivants

a) Quand les termes qui composent le sujet sont au singulier et désignent une seule personne ou chose ou qu'ils ne représentent ensemble qu'une même idée sous des points de vue différents : Cest un imposteur et tm traître qui annonce les malheurs et la ruine entière de Jémsaletn (Mass.). Ma mire me fit ciirétie^me afin que son Dieu et le I}ieu de mon père fût aussi le mien (Cliat.). Le bonheur et le malheur des hommes ne dépend pas moins de leur humeur que de leur fortune (La Eoch.). — Son teint^ son œil s'anime eti parlant.

Voici encore quelques exemples à l'appui de la règle :

1** Avec et: Je sais que le bien et le mal est en ses mains (La Br.). Un peu d'esprit et beaucoup de temps à perdre lui suffit pour conserver son autorité (Id.). La mollesse et V indulgence pour soi et la dureté pour les autres n'est qu'un seul et même vice (Id.). La Grèce, depuis ce temps, avait toujours cru que Vintelligence et le vrai courage était son partage naturel (Boss.). Le passé et le pré" sent nous garantissait ravenir (Id.). Votre mère et toute lu fa' mille a eu une grande joie d'apprendre que vous êtes arrivé en bonne santé (RaCi). Bien écouter et bien réjKmdre est une des grandes perfections de la conversatiofi (La Eoch.). La sagesse et lapiàé du souverain peut faire toute seule le bonheur des sujets (Mass.). Si jamais elle était écoutée, ton bonheur et le w/eti serait so7i prefnier ouvrage (J.- J. R.). Notre corps, et toute la matière, «'a donc rien de coitstant (Buff.). La grandeur et la simplicité de cette idée élever mon âme (Thomas).

.... Malgré son noir souci, Jtipiter et le peuple immortel rit aussi (La F. XII, 12). Jl faut de celui-ci conserver Vamitiéj Ou s'efforcer de le détruire Avant que la griffe et la dent ^ Lui soit crue, et qu'il soit en état de nous nuire (Id. XI, 1). La tendresse et la crainte Pour lui dans tous les cosurs était éteinte (Volt.).

2* Sans et: Tottt plnisir,tout repos par là m^estarracJié Qi/Lol,). La vanité est si ancrée dans le cœur de l'homme^ qu'un goujat^ un marmiton, un crocheteur se vante et veut avoir ses admirateurs (Pasc). L'ennemiy le prifu^e^ un voisin puissant^ un procès peut lui enlever le champ (J.-J. E.).

L'emploi du sinp^iilior après des sujets lies pane/ est condamné par la plupart des grammairiens. Les exemples que Ton peut citer en faveur de cet emploi, et ils sont nombreux, leur paraissent des licences, des inadvertances même; quelques-uns seulement peuvent, selon Boniface, s'expliquer, sinon se justifîer, par

AVER, Grammaire comparée. 32

498 SUJETS LIÉS PAB OU § 21g

Tellipsc ou la syllepse, mais il ne dit pas comment. Quant à nous, le singoUer nous paraît dans la plupart de ces exemples aussi naturel que le pluriel; duis certains cas il est même seul correct, comme dans cette phrase citée plus haat: C'est un imposteur et un traître qui annonce les maUieurs et la ruine entière de Jérusalem, où les deux substantifs imposteur et Iraîire désignent une seule et m(^me personne.

h) Quand rénumération est résumée par un nom de nombre ou un pronom indéfini : Femmes^ moine, vieillards^ tout était descendu (La F. VII, 9). liemordSy crainte^ périls^ rien ne msi retenu (Rac). L'énumération peut aussi être résumée par un mot placé en tête et qui commande l'accord : Tout le monde, nablej bourgeois^ artiscin, laboureur^ devint soldat (Mont.).

Lorsque chacun des sujets partiels est déterminé par un pronom ou un nom de nombre indéfini, le verbe se met généralement au singulier : Chaque nation^ chaque âge^ chaque sexe a s& goûts ixirticuUers. Mais on emploie aussi le pluriel ; Aucufie injure, aucune imprécation de la multitude ne s'élevèrent (Lam.).

4. Après Vun et VaidrCj on met en général le verbe au pluriel, mais le singulier est aussi permis : L'un et l'autre viendront. L'un et l'autre viendra. — Uun et Vaidre mis ensendJe (le héros et le grand homme) ne valent pas tin hofmne de Inen (La Br.). Lun et Vautre à mon sens^ ont le cerveau trouNé (BoiL). Poi^r ne pas croire les apôtres, il faut dire qu'ils ont été trompés ou trompexirs : Vun et Vautre est difficile. L^un et l'atdre quitta sa ville (La F. VIII, 19). IJun et- Vaidre a fait un livre (Id. IX, 1). Qull s'occupe ou qu'il s'amuse, Vun et l'autre est égal pour lui (J ,'J . R.). Dans ce dernier exemple, le singulier est nécessaire.

Page 1