ACCORD AVEC LE COMPLÉMENT DIRECT
l'accusatif comme complément direct: Tai vu la mort de près j et je Vai vue horrible (Volt.). Cet homme (Maiiborough) qui n*a jamais assiégé de ville quUl n'ait prise, ni donné de bataille qu'tZ n'ait gagnée, était^ à Saint-James^ un adroit courtisan^ dans le ])arletnent^ un chef de parti^ dans les pays étrangers^ UjHus habile négociateur de son siècle (Id.). On a troublé cette nation dans ses fêtes; on Va blessée dans ses mœurs, contrariée dans ses liabitudes (Chat.).
On doit remarquer que le verbe avoir et le participe passé qui le suit peuvent (>tre tout à fait indépendants l'un de Tautre ; avoir alors n'est p»as auxiliaire, mais verbe transitif, et le participe s'accorde avec le complément direct de avoir auquel il se rapporte comme attribut qualificatif: Cette lettre f je Tfti eue écrite de la main même du roi (Bon.). Nous avons, réunies et claesées par ordre chronologique, deux cents lettres inédites de Folf aire (Poitevin). Comp. Nous avons rénid et classé deux cents lettres de Voltaire.
a) L'accusatif suit ou est sous-ent^ndu : // a rendu des services à son 2^gs. Il lui a rendu des services. Ils ont trompé les soins d'un père infortuné (Rac). Didon a fondé sur la côte (TAfrique la superbe ville de Cartilage {F en,). LesArcadiens et les Lydiens ont négligé les sciences et cultivé les arts (Barth.). Nos imprudents aïeux n^ont. vaincu que pour lui (Volt.).
Et rose, elle a Técn ce que vivent les roses y L'espace d'un matin (Malh.).
b) L'accusatif précède. Dans l'ancienne langue le nom à Taccusatif pouvait se placer immédiatement avant le participe, et l'on trouve encore dans les écrivains classiques du XVII* siècle beaucoup de phrases comme celle-ci : JTai maints chapitres vus (La F. II, 2). Mais aujourd'hui le complément direct se met immédiatement avan^ l'auxiliaire avoir, non pas quand ce complément est un substantif, comme dans ces vers de Malherbe :
Leur camp, qui la Dnrance avait presque tarie
De bataillons épaiSy Entendant sa constance j eut peur de sa furie.
Et demanda la paix. *
Cette construction poétique est, en effet, très rare, et, d'après l'usage, le complément direct ne précède le verbe que lorsqu'il est exprimé :
1" Par un pronom personnel conjoint, un pronom interrogatif ou relatif (v. § 257) : Jusqu'ici Von ne nUa crue en rien (La F. I, 8). Les vents nous auraient-ils exaucés cette nuit? (Rac.) Il les a trempées, ses mains cruelles, dans le sang de Sichée, mari de Didon, sa sa^ur (Fén.). Mais que t\t-t-il dit à Voreille? (La F. V, 20) Je souffre tous les maux que j\ii faits deva}U Troie (Rac).
TùHteft les dignités que tu m*as demandées,
Je te les ai, sur Vheure et sans peine, accordées (Corn.).
2** Par un substantif, mais seulement quand il est précédé du pronom interrogatif (jnel ou qu'il est employé comme génitif après combien, que mis pour combien, et mitant (§ 252) : Quels services m'a-t-U rendus? Combien (que) de services î/ nCa rendus ! Autant de combats il a livrés, autant de victoires // a remportées. Quelle guerre i^Uestine aronsnous allumée? (Rac.) Quels courages Vénu^ n'a-t-eUe pas domptés! (Id.)
Le verbe être veut iHre suivi d'un a«ljeetif ou d'un mot de nature adjective; le verbe avoir^ au contraire, comme verbe de possession, est tninsitir (§ 96) et ne peut avoir pour ré^^ime qu'un substantif ou un mot de nature substautive. Ainsi, construit avec être ou avec un nom, le participe remplit la fonction d'attribut prédicatif ow déterminatif, il est réellement participe, c'est-à-dire adjectif variable: la lettre est lue, une lettre lue, ils sont venus; mais, avec avoir, le participe passé cesse d'étiv participe et a le sens d'un infinitif passé, c*est-à-dire d'un nom abstrait qui est le véritable régime direct d'avoir." /'ai iu (= j'ai la lectui-e), j'ai chant*', j*ai Joué. Mais si le verbe avoir a déjà un nom pour complément, ce nom est déterminé par le participe, qui redevient alors adjectif; c'est ce qui explique pourquoi, dans l'ancienne langue, le participe avec arotr était variable, même quand le complément suivait ; on disait donc : J'ai lue la lettre. Ai-je perdue ma joie? (Tristan) Seignors, je ai veûes vos lettres lyiWehardouin). On disait aussi sans faire l'accord: J*ai lu la lettre; mais le plus souvent on plaçait l'accusatif entre l'auxiliaire et le participe: J^ai la lettre lue. Cette construction s'est conservée jusqu'au XVU« siècle: Jl a par sa valeur vingt provinces conquises (Malb.). Aucun ctonnement n'a leur gloire flétrie (Corn.)- Le seul amour de Home a sa main animée (Id.). // tna droit cUins ma chambre une boite jetée (Mol.). Il avait dans la terre une somme enfouie (La K. IV, '20). Ils m'ont l'âme et l'esprit et la rai^fon donnée (Id.). La valeur d'Alexandre a la terre conquise (Ka«'.). C'est alors que s'établit la rii^ïe moderne qui considère le participe et son anxiliaii*e actif comme un tout, qui ne chan<{e point quand \v réj^luie suit. Cett»' rèjîle a même pris ((uclquofois un caj*actère abM)lu. di* sorte (|u*il n'est pas, rart* de truuvei" le participe invariable même quainl le r»''t;ime pré<*ède, surtout si \v fiartii'ijn» «*st suivi de son sujet ou d'un qualirnatit" : Tous les applaudissements qu'ont reçu jusqii*ici fnes ouvrages (Corn.). Mo, se ne vous a point tiré de captivité et ne vous a /mm rendu véritables nent libres ( Pasc). .4 peine Ksope les eut quitté (La F.). Je ne con' nais ni vous ni mon image que j'y arais formé ni le caractère de chrétien (Hoss.). La fermeté naturelle qu'a eviceco'ur pendant toute sa l'JeiMascaron). Il raconte une autre fois quels applaudissements a eu le discours *ju^il a fait (La Itr.). Les services qu'on a reçu (Id). Les sentiments d' admiration qu'i/ a eu pour le roi (Klécli.). Guillaume Penn, gui établit la puissance des quakers en Atncrique, et qui les aurait rendu respectables (V<dt.). Les électeurs (/ui déposèrent l'empereur Vencesias ne se sont jamais cru supérieure à un empereur régnant {Moût.). Je les ai vu prendre de petits poissons (Uut\.). Nous sommes peut-être les seuls passagers qu'on ait vu ici (.F.-J. H.j. Elle s'éî/i e^t d\iburd emparé iBeaum.). Même K-s <'»crivains du XIX* siècU.» ne se sont pas toujours xuiiuis à l.i règle: Les officiers gui se seraient cru dêshonO' re'i» (Chat.). Les hommes s'étaient tu devant lui (Mich.). Sinette est si poltronne! Il l'aura vu passer (Mu>s.). C'est une femme qu'ii a vu une fois (A. Karr), cl il n'fM |>as ran* denleinhedeh personnes fort in-struites diiv: Vo\u 7\e savez pas la peine que cela m'a fait, etc.
Il faut reconnaître du reste que cet accord du participe passé avec le n^gime direct n'a plus de raison d'être aujourd'hui qu'il n'est plus permis de placer ce régime entre l'auxiliaire et le participe. Aussi longtemps qu'on a pu dire : J'ai
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la lettre Ine, raccord allait de soi, le participe étant dans cette position un véritable adjectif qui, d'après la règle générale (v. § 259), suivait immédiatement le substantif dont il prenait le genre et le nombre. Mais il n'en est plus ainsi dans la construction actuelle, et ce n'est qu'en forçant le sens des mots qu'on réussit à trouver un rapport attributif entre le participe et le régime direct exprimé par le pronom (le ou que) qui précède l'auxiliaire : la lettre, je Vai lue; la lettre que j'ai lue, alors qu'il est de toute évidence que le participe a perdu ici son caractère de mot indépendant, comme faim dans avoir faim^ et froid dans faire froid, et qu'il ne forme plus avec l'auxiliaire avoir qu'une expression verbale indivisible dont les deux termes ne peuvent pas plus être séparés par le pronom relatif ou personnel que et le que par un nom à l'accusatif. Chose remarquable, les grammairiens faisant, contre toute logique, le participe présent invariable, lui ont enlevé sa qualité d'adjectif pour la donner au participe passé conjugue avec avoir, qui n'y a aucun droit. Partant de cette base fausse, ils ont dû multiplier les règles et les exceptions pour aboutir h des conséquences qui choquent ou l'oreille (conmie les tniaères qu'a souffertes votre père; elle s'est faite nonne], ou le bon sens (comme je les ai laissés venir à côté de je les ai fait venir). Nous ne craignons pas de le dire, le temps que l'on emploie dans nos écoles à résoudre ces diftioultés grammaticales est un temps perdu ou que Ton pourrait tout au moins employer plus utilement à l'étude de la langue ellemême, qui n'a rien à gagner à ces subtilités ridicules.
Mais les règles sont faites, l'usage les a consacrées et nous ne pouvons rien y changer. Tout ce qu'il nous est permis de faire, c'est de mettre un peu d'ordre dans ce chaos grammatical qu'on appelle l'accord du participe passé conjugué avec avoir. C'est ce que nous avons essayé dans ce § où nous avons posé le principe général, et dans les remarques suivantes où nous en montrons l'application.
b) Remarques partionlières.
§ 230 il Participe précédé d'tm nom de nombre indéfini.
1 . Les remarques qui suivent ne concernent que le participe des verbes actifs accompagnés de l'auxiliaire avoir et ayant un complément direct qui précède ou qui suit; c'est ce qu'il importe de ne pas oublier.
2. Après un nom de nombre suivi d'un substantif au génitif, le participe s'accorde toujours avec ce dernier qui peut être représenté devant le verbe par le relatif gw^ (§ 214) : Beaticoup de livres que fat lus ne m'otU rien appris. Combien de précautions // a prises. Qu£ d'erreurs n'a-t-on pa^ signalées dans rhisfoirel — Jouet des cruelles destinées, que de combats U a livrés, que de maux il a soufferts ! (Chat.) Autant d^ lois il a faites, autatU de sources de prospérité il a ouvertes (Marm.). Combien de pleurs m'eût épe^rgnés cette philosophie que vous traitez de grossière! (Barth.) Mais dans cette plirase: Combien à vos malheurs ai-je domié de larmes, le participe est invariable, parce que le génitif rf^ Zar/nes est séparé de cowihien et placé après le verbe.
On dira cependant, selon le sens : Que d'eau il a répandu par terre ! Que d'eaux différentes il a mêlées ensemble! — C'est aussi le sens qui décide de l'accord après un suivi d*un génitif (§ 214) : Un de mes amis que j'ai visité
hier m'a assuré que vous restiez (Bescherelle). Quant à Bayle, on 9aitlque€^mt un des plus grands hommes que la France ait produits (Volt.)-
S) Participe précédé d'un collectif,
3. Après un nom collectif, le participe suit la même règle que le verbe et s'accorde, selon le sens, avec le collectif lui-même ou avec son complément, qui peut être représenté par le relatif que (§ 214) : Quel déluge de maux n'amîf'U pas i^pandu mr la terre ? Quelle quantité de pierres on a tirées d€ cefte carrière?
— Combien âait grande la foule des curieux que ce spectacle avait rassemblée. J'ai rencontré une foule de personnes que je n^ai pas reconnues. — Cest la moitié des meubles qu'on a saisie. Il a revendu la moitié des meubles qu'^ avait axmetés.
— Le peu d'affection qyie vous lui avez témoigné Ta découragé. Le peu cTafiféction que vous lui avez témoignée lui a rendu le courage. — Admirez cette multitude d'étoiles que la main du^ Créateur a placée dans le ciel (Bem.). l^^u grand nombre de spectateurs que la curiosité avait attirés accoururent à Borne (Ségur).
SJ Participe précédé du pronom neutre le.
4. Quand le verbe a pour complément direct le pronom neutre le signifiant cela, le participe ne change pas : Ija cJvose est plus sérieuse que je ne Vavais pensé (= que je n'avais pensé cela, qu'elle était sérieuse). Mais on écrira en accordant : Cette chose n'est pas telle que vous me Vavez annoncée, parce qu'ici le pronom le n'est pas neutre.
D'après cela on dira, selon le sons : /{ a une campagne comtne il Va souhaité (= (ien avoir une), et: Il a une campagne comme il Va souhaités (= telle qu'il l'a souhaitée).
4] Participe précédé du neutre en.
5. Quand le participe est précédé du pronom neutre é?», il faut distinguer deux cas, selon que eu est à l'accusatif ou au génitif (§ 18G).
a) En est à VaccuHatif quand il est partitif, mais ce pronom, n'ayant de sa nature ni genre ni nombre, ne saurait en communiquer au participe qui reste toujours invariable : J^ai cueilli des cerises dfen ai mangé (= j'ai mangé de cela, des cerises). Ces élèves sont jx/resseux, je n'en ai point vu d^occupés à faire leurs devoirs. Tout le monde m'a offert des services^ et personne fie, m'en a rendu (M™^ de Main tenon). Il n'est qu4' trop rraî quH y a eu des anthrojX)ph((f/es; nous en avons trouvé en Amérique (Volt.).
Hélas! j'étais arengleen ?nes vœiix aujourd'hui;
./'en ai fait contre toi guandj'en ai fait pour lui (Corn.),
Quelques grammairiens font accorder le participe avec le nom partitif représenté par en quand ce nom est déterminé par
§ 230 rehauques particulières 521
Tan des noms de nombre combien, autant^ plus, moins, placé avant le verbe. Voici des exemples où la variabilité du participe est expliquée de cette manière: Hélas! de tous les jeunes gens qui criaient alors mve Bonaparte! combien son insatiable ambition en a-t-eUe laissés invre! (Staël) Cotnhien Dieu en a-til exaucés (Mass.). Ils tneuretit consumés de vieillesse, après avoir causé autant de maux qu'ils en ont soufferts (La Br.). Autant d'ennemis il a attaqués, autant il en a vaincus (Dessiaux). Quant aux sottes gens, plus^'en ai connus, moins ;'en ai estimés (Id.). Les sénateurs accumulèrent sur sa tête plus d'honneurs qu'aucun mortel n'en avait reçus (Ségur).
. . . Combien en a-t-on vus Qtii, du soir au matin, sont pauvres devenus (La F.).
Ces exemples n'ont, en effet, rien de choquant, parce que l'accord du participe ne s'y fait pas sentir à l'oreille. Mais il en est autrement quand l'accord amène un participe féminin dont la finale sonne autrement qu'un masculin, par ex. : Des fautes^ combien J'en ai commises ! Alexandre a bâti plus de villes que les autres ixtinqueurs de VAsie w'en ont détruites (Volt.). D'ailleurs rien ne justifie ces exceptions à la règle et il vaut mieux laisser le participe invariable : Quant aux gens riches, combien /l'en a-t'On pas vu qui se sont ruinés par les jeux de bourse. Autant de hataUles il a livrées, autant il en a gagné. Il a élevé plus de monuments que d'autres n'en ont détruit (Ac).
h) En est au génitif quand il ne remplace pas un nom partitif, et alors, comme complément indirect, il ne saurait avoir aucune influence sur le participe, qui peut être précédé d'un complément direct avec lequel il s'accorde, d'après la règle générale : Votre sœur a dit un mensonge et je Yen ai blâmée. Je ne trouvai point le château au-dessous de la description que son mari m'en avait faite (Les.). On ne pouvait pas se plaindre de son adminidratimi, quoiqu'elle ne répondît jxts aux espérances qjl* on en avait conçues (J.-J. R.). La renommée que Virgile décrit d'une manihe si brillante est fort supérieure à toutes les imit<dions qu'on en a faites (Del.).
5 ' Participe précédé de plusieurs substantifs,
6. Quand le participe est précédé d'un pronom se rapportant à plusieurs substantifs ou pronoms liés ou non par une conjonction, l'accord du participe a lieu conformément aux règles exposées plus haut (§§ 2 1 6-220) : Que de sueur et de sang les conquérants ont répandus (Chat.). Quelle joie, quel bonheur wus lui avez procuré! (Te^ son courage, son intrépidité qu'on a récompensée. Cest un château ou um ferme qu'on
a brûlée. Cest sa fille, aussi bien que ses fils, qti'il a déslléritée. C'est plus le général que les officiers qu*on a blâmé. C'est moins le général qu£ les officiers qté'on a blàznds. Cest sa gloire plutôt que le bonheur de la nation qu'i/ a ambitionnée.
0! Participe suivi du sujet dw verbe avoir.
7. Quand le verbe a pour complément direct le que relatif, le sujet est quelquefois placé après le participe (v. § 257), qui n'en est pas moins variable d'après la règle actuelle : Bien ne peut suppléer la joie qxi^ont ôtée les retnords (Boss.). Utie Lacédénonienne se glorifiait des blessures qu'axai/ reçues son fils en combattant. La froideur qu^avaient témoignée les tribuns déconceiiait ses vues (Vertot).
Il ne peut rien offrir aux yeiix de l'univers Que de vieux parchemins qu'ont épargnés les vers (Boil.). Mais cette règle est relativement moderne; elle n*a pas toujours été suivie par les écrivains du XVII* siècle, comme on Ta vu au § 2*29, et Voltaire approuvait Corneille d'avoir dit :
Xà, par un long récit de toutes les misères
Que, durant notre enfance^ ont enduré nos pères . . .
en faisant remarquer qu'il serait ridicule de dire : les misères qu'ont souffertes nos pères. Qu'aurait-il pense des phrase suivantes de nos grammairiens: Les proportions colossales qu'a prises cet ouvrage en font regarder l'achèvement comme douteux. Les lettres qu'a écrites Mme de Sévigné sont presque UnUss des ctiefs-d' œuvre.
1} Participe suivi d'un adjectif ou d'un participe.
8. Le participe passé suivi d'un adjectif, d'un substantif ou d'un autre participe faisant fonction de complément prédicatif est soumis à la règle générale. On écrira donc avec l'accord : On les a crus coifp<ddeSj jxa-ce qu'on les a vus etn^nirra^isés (Boniface). Je les ai crus vos rimux. Je les ai crus i7tf Pressés dans cette entreprise. Les jyremiers honnnes ont commencé par aiguiser en forme de hadies ces pierres durées qu'ow a loyigtemps crues tombée.^ du cid.
Voici d'autres exemples : Ma haine va mourir que faî crue iinmorteUe (Com.). Quel droit vous a rendus maîtres de Vunivers? (Jj'd F. XI, 7) Il passa jxtr des chemins qu'ow avxtff crus impraticables (Fén.). Les Perses^ adorateurs du soleil^ 7ie souffraient point les idoles^ ni les rois qu'on // avait faits dieujc (Boss.). Ijc salut de Vétat nous a rendus jHirents (Volt.). Dieu a fio» seulement dontié la forme à la poussière de la terre, mais il Va rendue rivante et animée (Buff.).
Cet accord est de rt'^gle aujourd'hui ; mais il a élt^ combattu par des grammairitîns célèbiv.s, tels que Lancelot au XVII* siècle et Condillac au XVI II«, et Von trouve beaucoup d'exemples où le participe passé construit de cette inanière reste invariable. Outre ceux que nous avons déjà cités plus haut (§ 229) nous