Verbes actifs employés comme réfléchis
1. Dans les verbes actifs réfléchis, c'est-à-dii'e employés comme réflécliis, le pronom 8^, qni désigne toujours une personne, est le complément réel de l'action, soit direct, soit indirect, l'auxiliaire être est alore mis pour avoir^ et le participe s'accorde avec le mot qui lui sert de complément direct, quand il en est précédé.
a) Le verbe exprime une action qui se réfléchit sur le sujet. En pareil cas, si le verbe n'a pas d'autre régime que se, ce pronom est toujours à l'accusatif, et le participe s'accorde avec lui : Elle s^est blessée. Nom nous sommes lavés. Elle s^est tuée de désespoir. Ils se sont écorchés dans les broussailles. A (jifels malheurs ik se sont exposés. A V injuste Athalie ils se sont tous vendus (Rac.)
Mais le verbe peut avoir deux compléments, l'un de la personne (se) et l'autre de la chose, et alors le participe s'accorde ou ne s'accorde pas, selon que le pronom se est à l'accusatif ou au datif: Elle s^est blessée à la tête; se est à l'accusatif, accord. Elle s'est blessé la tête; se est au datif, et le complément direct la tête est placé après, pas d'accord. Ce dernier cas est le plus fréquent : Ils se sont cassé le cou. Ils se sont écorché le visage. Us se sont découvert la tête. Vom vous êtes frappé V imagina^ iion, etc.
b) Le verbe exprime une action qui ne se réfléchit pas sur le sujet, mais passe à un objet différent du sujet et qui marque Faccusatif de la chose, tandis que se exprime toujours le datif de la personne. En pareil cas le participe ne s'accorde jamais avec le pronom réfléchi. On écrira donc : Elles se sont procuré des 2^^ej)orts qui n'hélaient pas en règle. Elle s'est rappelé les services que vous lui avez rendus. Les anciens s^étaient figuré que la terre était immobile. Quelques atdeursmoder nés se sont imaginé qu'ails surpassaient les anciens (Girard). Us s'étaient persuadé qiCoyi n^oserait les contredire (Ac). Elle s'est mis dans la tête que vous la détestiez.
Mais le participe deviendra variable si le complément direct exprimant la chose est placé avant le verbe : 1^ avec le relatif que : les passeports qn^elles se soyit procurés, les choses qu'fJs se sont rappelées, figurées, imaginées, persuadées, mises dans la tête, etc. A droite, à gauche, nos regards parcouraient avec plaisir les notnbreuses demeures que les habitants de la campagne
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530 'acxiord du participe passé § 288 «
se sotU construites sur ces hauteurs (Barth.); — 2** avec le pronom personnel le, la^ les : ces chose.% ih se les sont rappelées, imaginées, persuadées, etc. ; — B"* avec le neutre le: Us se le sotU iena pour dit.
Le verbe s'arroger^ quoique essentiellement réfléchi, suit cette règle : Us se so^U arrogé des privilèges (Ac). Parmi le^ privilèges que la noblesse tétait arrogés, la chasse était celui auquel elle tenait le plus.
Cette exception est une finomalie qui n'est p.ns la seule que présente la forme réfléchie; car tous les verbes actifs employés dans cette forme et marquant une action qui ne se réfléchit pas sur le sujet, tels que«c procurer , se figurer y <*tma-> giner, se persuader^ etc., expriment, comme les verbes réfléchis proprement dits, une idée intransitive qui exclut la présence d'un complément direct ; aussi le peuple, qui a beaucoup plus le sens de la langue que les grammairiens, dit^il : je me rappelle de ce fait ou je m'en rappelle, comme nous disons je fn'aperçois de mon erreur, je m'en aperçois. Se rappeler est, en eflet, analogue aux verbes transitifs qui, comme s'apercevoir, s attacher, s'aviser, etc., sont devenus des verbes essentiellement réfléchis en prenant un sens dilTérent de celui qu'ils ont à l'actif, et se rappeler ne signifie pas plus rappeler à 9oi que s'apercevoir ne veut dire apercevoir à soi. L'Académie elle-même a, jusqu'à 1877, considéré se persuader comme un verbe intransitif. Au reste, comme nous l'avons déjà fait remarquer (§ 19i), plusieurs de ces verbes actifs réfléchis, comme se proposer, se représenter, se refuser, se retracer, se dire, etc. s'emploient aussi avec le sens intransilif comme verbes essentiellement réfléchis. Gomp. Ils se sont proposé un plus noble but, et : Ils se sont proposés pour cet emploi,
2. Les verbes actifs réfléchis employés pour exprimer une idée réciproque ont leur participe invariable ou variable, d'après la même rè^le : Elles se sont dit de dures vérités^ et les dures vérités qji^elles se sont dites. Ils se sont écrit des lettres, et les lettres qu^'fe se sont écrites. Quelques-uns de ces verbes peuvent aussi se construire avec se comme complément direct. Comp. Ils se sont accusés mutuellement. Ils se sotU accusé réception de leurs lettres. — Ils se sont cherchés longtemps. Ils se sont cherché querelle. — Ils se sont disputés rivement. Ils se sont disputé le terrain.
Dans les exemples suivants le même verbe s'emploie avec les deux sens, réfléclii ou réciproque : Elles se sont jouées de ^wus. Elles se sont joué des tours. — Ils se sont payés de raisans. Ils se sont 'psiyé (T anciennes dettes. — Ils se sont épargnés Vun Vautre. Us se sotU épargné des peines. — Us se sont persuadés les uns les autres. Ils se sont persuadé tout ce qu'ails otU vmdu.
3. Les remarques que nous avons faites plus haut (§ 230) sur l'accord du participe des verbes actifs conjugués avec avoiry s'appliquent aussi aux verbes transitifs employés comme réfléchis :
§ 233*>, 234 VERBES NEUTRES EMPLOYÉS COBfME RÉFLÉCHIS 531
1) Que de regrets tu fes préparés />ar cette coupaMe négligence (J.-J. E.). 2) Quelle foule de privations il s'est imposées pour le bien de ses enfants. Le peu de peine qu'i/ s^est donnée Va fatlgtié. Le peu de peine qu'il s'est donné me prouve son indifférence, 3) La clwse est plus facile que je me Vêtais imaginé. 4) Cet homme vit de ckitnères; cofnbien s'en est-^U forgé dans sa pie! Je n'ai pas trouvé Paris au-dessous de l'idée que^e m^en étais faite. 5) Ce^af la lutine et le mépris quVZ ^est attirés dans cette affaire, 6) Vo'dà les reproches que se sont adressés ces amis Miauffés par le vin, 7) Ils se sont faits les complices de ce crime. 8) Ce sont des choses jwVfo se sont imaginé ou qu'ib se sont persuadé qu'on tolérerait. Ce sont des choses qu'elle s^est imaginé pouvoir faire. 9) Elle s'est sentie mourir. Elle s'est senti frapper. Elle s'est vue tomber. Elle est fière de se voir admirée ( Ac.). Elle s'est fût mourir. Elle s^est taitpeifulre. Elle ne s^ est point laissée aller à la paresse. Elle s'est laissé tramper. J'en lu les poésies qu'ils se sont amusés à composer (^).