‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 342 sur 409 · OBJET SIMPLE · texte numérisé non relu

OBJET SIMPLE

¥ Par un pronom personnel absolu, par un pronom démonstratif, par un pronom indéfini ou un nom de nombre employé comme pronom indéfini : Je pense souvent à lui. Il faut bien se garder de coftfandre celle-là avec celui-ci (Mol.). Cest n'estimer rien qu^estimer tout le moyide (Id.).

Toutefois le pronom indéfini rien et les noms de nombre tout^ beaucoup^ trop, assez^ tafit^ guère^ précèdent volontiers l'infinitif ou le participe dont ils sont régis : Je n'ai rien vu et ne veux rien voir. J\ii tout vu, /ai su tout, et fai tout oublié (Del.). Il faut, à la cour, ni trop voir ni trop dire (La F.). Quelquefois je me repens de tant écrire (Sév.), Quand on tient beaucoup à ces idées, on voudrait y tout rattacha (Staël).

b) Il se place avant le verbe quand il est exprimé :

1** Par un pronom personnel conjoint, qui précède alors immédiatement le verbe : Il me prit chez lui dès mon enfafwe (Les.). Lui aurait-on appris qui je suis? (Mol.)

Le pronom conjoint se place immédiatement avant le verbe, sauf à la forme interrogative et à Timpératif afOrmatif , où il se place «7>r^s; Viens-tu? Crois-tu, que Ltjsandre ait de V esprit? (Mol.). Notts rendrons-ixo\i'& à cela? (Id.). Parlez-hù,. Dans ces deux cas, le pronom conjoint et le verbe sont liés par un trait d'union et ne forment plus, en quelque sorte, qu'un seul mot, et c'est pourquoi l'accent tonique tombe sur le pronom, qui est devenu la dernière syllabe sonore du mot : Viens-tu ? Parlezlui. Il faut en excepter ^e, à cause de la syllabe muette : Puisséje. Quant à me et te, ils s'accentuent en moi et toi sans devenir pour cela pronoms absolus ; car, au datif, ils ne prennent point la préposition à, ainsi on dira : Parlez-iaoij avec le pronom conjoint moi, et : Pensez à moi, avec le pronom absolu à moi. — Quand la proposition impérative est employée négativement, le pronom conjoint se place toujours devant le verbe : Ne me parlez pas.

Dans le cas où plusieurs impératifs sont unis par et on par ou, le pronom peut se placer devant le second: Répondez-moi par ordre et m^ laissez parler QlioX,). Console-toi, Gil Blas, me répondit-il, et m'écoute (Les.). Toutefois cette dernière construction commence à vieillir.

Quand, dans les deux cas que nous venons d'indiquer, le pronom conjoint suit le verbe, il est lié à ce dernier par un trait d^union ; alors le verbe et le pronom ne forment plus, en quelque sorte, qu'un seul mot ; c'est pourquoi l'accent tonique tombe sur le pronom conjoint, qui est devenu la dernière syllabe sonore du mot. Cette règle s'applique même au pronom le, qui, placé après le verbe, a exceptionnellement l'accent tonique. On doit donc, selon Quicherat, prononcer voyez-U à peu près comme voyez-leu, et non pas voyezrV sonnant à peu près comme voyelle, ainsi que le veulent quelques grammairiens. L'opinion de Quicherat nous parait d'autant plus raisonnable que, si l'on prononçait imitele, faites-le, sans appuyer sur le e de le, ces mots se termineraient par deux

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syllabes muettes consécutives, ce qui serait contntire à la loi de l^acoenltooiq Littré in(!i({uc aussi la proiioncialiou imile-leu, faites-leu * Dict. au mot /a, le»].

On iluit écrire sans trait d'union : Pierre eut à }<i proinenatie, enrovc chercher^ parce que le pi-ononi le n'est pas le complément du premier vei conmie il l'est tians: Envoyez-le chercher quelque chose. On écrira de méu faites la demander, bans trctit d'union, }Kirce que la est l'objet de demar»à niais on écrira, avec le trait d'union: faites-la sortir. Le U'^it d'union >eul dique la ilillérence entre faites-le lire et faites le lire (Bon.)-

û'' Par im pronom inteiTogatif ou par un substantif p cédé trim pronom interrogatif (/y/z^V;: Que c/wrc/te^-txfttsf «//8 bien à quoi ^v/ rnolfe m'obl/tjcQifLC,). Quel péril n'eût jx^ trouve cette prinresse dans sa propre (jloire? (Boss.).

3** Par un pronom relatif, qui e!:ît onlinairement séparé

verl)e par le sujet : Im faihlesse est le seul défaut qu'o/; ne saur

corriger (La Roeli.). Ce n'est doue jHjtnt eela que je puis nu

procher (Sév,), Je sais ce qvi^esf un stnuje (Com.). // ne faut i

prendre de la cillr de Home dans ses eomniencemeuts ridée q

yious donnent les rilles qu*- nous voijons aujourd''hui (Mont.).

Détestables flatteurs, présent le plus funeste Que puisse faire aux rois la colère céleste (Hac).

I ) L'ancien franrais. qui avait une llexion casuelle, pouvait placer Tobjct nrct ou accusatif devant le verbe, ce qui entraînait l'inversion du î>ujet('>: 6"i vingt 80U8 m'en demande-on {\uc.:isi>'in et Nicolctte). 7â les pieds de ces lains ne laveraij-je mie (.loinville). Mais d('jà du temps de Joinville l'invers n'était plus ohlitratoire: De sa sagesse vous diray (Joinvinc)^ et plus tard fut complètement abandonnée: Le premier point je nie 'Kal>elais). Celte c struction se tiouvc encore »ians les écrivains .du X Vil* siècle: Kn autant parts le cerf il dépeça (La F. I, Tu.

'2) L'iMtcrcalati«»n «!•• Toljet entrf le sii.H'f et h' verl)e était pfcinî^e et mr tré^ frécpiente dans l'iincitMine lan^ruc : Li >>'irc.'s' le humble c\v/îei'<* < Livrf r{«»i>.». Mes sire Ycains l'espee tret ((^iCNlien deTr»)yesi. Cette CDik^truction truuv»» encoïc au XVII" >>i»Mle dans Rt-i^nard: Tu reu.r, en chantant, un bai dérober, et dans La ("ontaine CV, \H): L'aigle et le chat-huant leurs querel cessf'.-rent . Kih; est restée dans la locution chemin fai'iant.

'.U Oiiand le prédicat est exprimé par une forme nominale du vorhc prt-cid'un veii)e /f/ii. c'»">t-a-dire ronjn^iué aux temps, modes et personnes, la pi du lé'i^Mino dilVcrt' selon que rt.>tte loiiue nominale est le part ici pi* p;ts:s«> ,ni \ finit if.

a) \.Q participe passé ]m':i:t''Ao de l'auxiliaiii* flj'oi;' forme .ivee re ilcrniei i expres>ion inx'pai aille ipii n'admet l'intercaiation d'aucun mi)t. saut, ('•.uniuf la vu. de tout, f/eaucnup. trop, assuz. tant, ijncre virien. 11 en était autrem dans i'ancirn français où le parficipr s<' pia<'ait ordinairement apiv< [^» ij.^, ilircft (-()iiim(^ compIt'mtMit prédicatif (îj ^27».

h' L'ancienne ian;;ut' plaçait aubsi i"olijcl entre le verbe tlni et ri*i/f"/4i/i/bien sachez que vos mcistnes i /'oe: //«'Wt grand honte (f{e»i(/)'e ii:r<.>^tieii Trovfsi. Mette con>tructiori se trouve encore dans La Fontaine (Xï, 7i. (hi sut pas loHfjtonps à Home zqWq éloquence entretenir.

(it rue tr;ni' lie ci'tfH iriVfi-ii'ii l'st i-e>-ti'i> (l:ui> la pri"|>i«sHinn inl»'rcal»'e ./Ir-»/. i. Curuiiloiiieiit t;sl exi'iiiin- eii l"iit «lUeri iMilio d»'\anl le \».'il."f. W»Mi. [i. 'lO.

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