OBJET SIMPLE
Le pronom personnel régime d'un infinitif construit avec un verbe fini peut se placer avant le verbe ou avant Tinfinitif : L'un voulait le garder, Vautre le voulait vendre (La F. 1, 13). Elle se vint asseoir à mes côtés (Chat.)- La première construction, qui place le pronom avant les deux verbes, est la plus usitée dans les auteurs du XVll* siècle: H s'en peut as^ur^r (Mol.). Vous-même vous verrez ce qu'on en doit penser (Id.)* Oui: mais un bon repas vous serait nécessaire Pour B*aller éclaircir, monsieur, de cette affaire (Id.). Monsieur, c'est trop d'honneur que vous me voulez faire (Id.). Voyons cequ'il mepourra dire (Id.). Je ïallais aborder (La F. VI, 5). Notre baudet s'en sut enfin Passer pour cette fois (VIII, 17). Le roi m'a voulu voir (Id. IX, 3). La sultane en ce lieu se doit rendre (Rac). Mais c'est peu d'être esclave, on la veut égorger (Id.). Son maître vous veut venir voir (Id.). Le roi la vint voir (Boss.). Nous Vallons voir dépouillée même de cette triste décoration (Id.). L'exemple d'une grande reine vous doit inspirer (Id.). Cette bonne reine a quitté son cercle infini pour me venir voir (Sév.). Quand dans un discours se trouvent des mots répétés, et qu'essayant de les corriger, on les trouve si propres qu'on gâterait le discours, il les faut laisser (Pasc).
Cette construction se retrouve encore de nos jpurs, surtout dans le style soutenu : Elle se vint asseoir à mon côté (Chai.). Il se faut représenter des villes comme Boston (Id.). Elle est même obligatoire avec les verbes voir, entendre (ouïr), sentir, envoyer, faire, laisser, et ce sont précisément les seuls verbes avec lesquels le sujet de Tinfinitif puisse être supprimé. Dans ce cas, le pronom ei>t toujours avant le verbe fini, qu'il soit objet ou sujet de l'infinitif. On dit : Je le fais tuer, et : Je le fais mourir. Cette tournure, que nous pouvons nommer primitive, est en outre obligatoire dans les cas rares où le sujet de l'infinitif est exprimé avec les verbes croire, dire, penser, savoir. On peut donc dire : Je crois Yavoir vu, ou : Je le crois avoir vu, mais on doit dire : Je le sais être ici («).
11 faut encore remarquer que, si l'infinitif était un verbe réfiéchi, la consti'uction ancienne donnait la forme réfiéchie au verbe auxiliaire de temps ou de mode^ qui se conjuguait alors avec être au lieu de avoir:
Il est toujours prêt à partir,
S'étant su lui-même avertir (La F. VIII, l).
Et Mignot aujourd'hui s'est voulu surpasser (Hoil.). Les ennemis de Port- Royal s'en sont voulu prévaloir {Rac). On dirait aujourd'hui ayaiU su s'avertir, a voulu se surpasser, ont voulu se prévaloir. Au reste l'auxiliaire être n'a pu se construire ainsi qu'avec se; avec les autres pronoms réfléchis il faut toujours avoir : Je m'aurais voulu contenter. Je \n*aurais voulu battre (Chat.)* — Quelquefois le déplacement des pronoms change le sens de la phrase, comme dans : Il me faut donner de Vargent, et : Il faut me donner de l'argent.
3. La place du circonstancid diflfère selon la forme de l'expression :
a) Le circonstanciel exprimé par un sufjstantif ou un mot de nature substantive peut être au commencement, au milieu ou à la fin d'une phrase, selon les besoins de l'expression. On peut dire également : En peu de temps // a fait um grande fortune. JR a fait en peu de temps une grande fortune. Il a fait mie grande fortune en peu de temps. A ce spectacle h peuple s'émut. Vhomnie setd dès sa naissance est accablé de maux (Bem.). L'orage continua une partie de la nuit (Chat.).
(1) LeCoultre.p.M.
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b) Le circonstanciel exprimé par un adverbe de lieu oq de tmnps se place, pour l'ordinaire, immédiatement après le Yerix fini, le participe ou l'infinitif et amfU Tadjectif : H demeure id On croyait autrefois à la magie. H a plu liier. Je dois U wr demain. B est souvent malade. Pour lui donner plus de reliet on le met en tête de la proposition : D4jà pour le saisir CaMw lève la main (Rac).
c) L'adverbe de manière ou de quantité se place opr&leTerbe fini et avant Tadjectif : Il parle bien. Il a beaucoup travaiBi Il est peu aimable. Les adverbes en fnent peuvent se placer après le participe ou l'infinitif précédé d'un auxiliaire de temps ou de mode ; on peut donc dire également : Cet otivrage est parfaitement écrit, ou : Il est écrit parfaitement. Je (Ms prompt»ment terminer cette affaire, ou : Je dois lu terminer promptement.