‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 363 sur 409 · PROPOSITION SUBSTANTIVE RELATIVE · texte numérisé non relu

PROPOSITION SUBSTANTIVE RELATIVE

miné : Celui dont vous parlez est mon ami. Vous devîntes celui qui tenait votre rang (Mol.). Le plus âne des trois n^est pas celui qu'ow pense (La F. III, 1). Ecoute celui qui Vaime (J.-J. E.). Tel qui rampait s'élève et nous étonne (Lamotte).

Quoi que fit ce monde ennemi^ Celui qu't/s craignaient fut le maître (La F. XI, 1). Je porte à tnanger A ceux (pi'enclôt la tombe noire (La F.). Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des tnéchants arrêter les complots (Rac).

Le relatif qui peut être séparé de son corrélatif par la proposition principale; dans ce cas on emploie toujours celui-là au lieu de celui : Celui-là est Jieureux qui sait se contenter de peu. Tel est pris qui croyait prendre (La F. VIII, 9).

Qii.'iikI on dit: Celui qui flatte fait une bassesse^ qui ne détermine pasc6/t/t, mais celui détermine la personne désignée par la proposition qui flatte ou le flatteur^ et celui appartient à la proposition subordonnée, et non pas à la principale, comme c'est le cas quand celui rappelle Tidée d'une personne ou d'une chose déjà nommée, comme dans cette phrase: L'ami le plus fidèle est celui (= Tami) qui nous dit la vérité. %

b) Par le pronom relatif absolu jui, quand l'idée est générale et qu'on veut désigner un individu quelconque de l'espèce : Oui court deux lièvres rien prend aucun. Qui m'aime me suive. Mal vit qui ne s'amende. Sauve qui peut. Le mal est que qui veut faire Vange^ fait la bête (Pasc). Qui souffre tes mépris les veut bien recevoir (Mol.). Est bien malade qui en meurt. Hardi qui les irait là prendre (La F.). Qui ce fut^ il n' importe (Li.). Qu'importe qui vous mange, hamme ou hup? (Id. X, 4). Qui sctU mal est ignorant plus que qui ne sait pas (J.-B. E.). Qui s'en passe est bien fou (Andrieux). Qii*importe la vie à qui perd le bonheur? (C. Del.). Que la terre est petite à qui la voit des cieux (Del.). La mort n'a rien d'affreux pour qui n'a rien à craindre (Corn.).

Pour rendre l'idée de la personne encore plus générale, on se sert de quiconque ou de qui que ce soit: Quiconque a beaucoup de tétnoins de sa mort meurt toujours avec courage. Le grand jour sert mal quiconque veut mal faire. Les flatteurs vivent aux dépens de quiconque veut les écouter. N'en ditts fnot à qui que ce soit. // avait défendu qu'on laissât entrer qui que ce fftt dans son adyinet de travail.

H y a ellipse du verbe après qui, lorsqu'il est dîstributif et signifie celui-ci, celui-là, l'un, l'autre, comme dans ces phrases : Ils coururent aux armes, et se saisirent, qui (se saisit) d!une épée, qui d'une pique ^ qui d'une hallebarde. Ils y ont tous contribué, c^plus, qui moins,

La distinction que nous venons d*établir entre celui qui désignaoni un individu déterminé et qui marquant un individu quelconque de Tespëce, n'existe plus

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610 PROPaSITION 8IJBSTAXTIVB BEI^ATIVE { ÎW

giière dans la langue moderne où celui qui remplace l'absolu qui et ne sp& plus ce, mais le : celui qui compile = la compilateur, et non pas ce comgh kUeur.

3. Quand la proposition relative dèsigrne une eA<)8f, que cette chose soit individuelle ou générale, elle est amenée dans ks deux cas par le pronom relatif conjoint précédé de son coirélatif ce. On généralise au moyen de quoi que ce soif (§ 192): Ce I qui e4 inutile est toujours trop cher. Tout ce qui reluit nedpns or. Par ce qu'// a fait on peut juger de ce €lVi*fl peut faire. J^ prends ce qui me plaft. Je prends ce qu'iY me piaf f (de prendre!. La calotnnie est ce qui fait le plus de mal. Le ridicule est ce qtf« craint le pltis. Ce qui irrite la douleur en ces t-emps Vadmât m un autre. Et qui sait ce qu'un jo94r ce fils peut entreprendra (Eac). Je sais ce que je stds^ je sais ce que votis êtes (CornA Un jour ôte aisément ce qu't/n jour a donné. La nature est » qu%7 ;/ a de plus nécessaire pour arriver au grand (Boil.). 2W ce qu'^; dit est vérité (Mass.). Ce qui fait le héros dégrade mvent Vhomme (Volt.). — Ce sur quoi je comptais n^est pas arrivé. Il ne réussit en quoi que ce soit.

Jupiter dit un jour : Que tout ce qnl respire

S'en vienne comparaître aux pieds de ma grandeur (La F. L 7). Un jour arrivera^ qui nest pas loin^ Que ce (pï*elle t^épand sera votre ruine (La F.).

On peut rapporter à la proposition relative cette vieille tournure : Il fit que sage, où que est pris pour ce qtie avec ellipse de faire : B fit ce que fait le sage (§ 191) : Celui-ci s^epi excusa. Disant qu'il fe^'ait que sage De garder le coin du feu (La F. V 2).

On ne peut plus dire avec que employé absolument : Cherditz que vous voudrez, comme on dit : Cherchez qui vou^ voudrez{% 1911. Mais le neutre quoi peut s'employer absolument comme qm: Voilà de quoi je voulais vous parler. Voilà à quoi vous derfz soHf/er (et Voilà de qui je voidais parler. Voilà à qui rons devez songer). En pareil cas, après voilà, on emploie qui au lieu A^que: Voilà qui est entendu. Voilà qui crie vetigeaptce audd (Mol,).

4. La proposition relative est quelquefois répétée dans U principale sous la forme d'un pronom démonstratif ou personnel : Ce que je sais le mieux, c^est mon commencetnetit (Bac). Qui ne mourrait ]X)ur conserver son honneur, celui-14 serait infâme (Pascal). Quiconque n'est pas sensible au plaisir de fairt des heureux, il n''est pas né grand, il ne mérite pas inême d^Hrt homme (Mass.). Il est bien âne de nature, qui nf? peut liresoti écriture (Prov.). Il 2wsse pour tyran, quiconque s'y fait maître (Corn.). Qui peut taire un complot, lui-môme en est coupable (Gresset). Celui que faime, je Vaime de totU mon cœur. Ce

§ 285 PROPOSITION RUBSTANTIVE INTERROGATIVB f)ll

qu'on danne aux méchants, toujours on le regrette (La, F.). Qui se fait brebis, le loup le mange (Prov.). Qui persévérera jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé (Fléch.).

Un bienfait perd sa grâce à le trop publier;

Qui veut qu'on s'en souvienne^ il le doit oublier (Corn.).

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