‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 366 sur 409 · W § 288 PROPOSITION OBJECTIVE · texte numérisé non relu

W § 288 PROPOSITION OBJECTIVE

»û garder et prendre garde^ on met toujours ne dans la subordonnée : U Empêchez qu'il ne parte. Evitez qu'ail ne mus parle. Gardes ip qu'ofi ne vous voie. Prenez garde qu'on ne t^u^ séduise. Il marche^ dort, mange et boit comme les atUres^ mais cela n'empêche Il pas qu'il ne soit fort mahde (Mol.). Mais empêcher peut aussi ^. se construire sans ne dans la subordonnée : Empêchez qu'un ^ rival vous prévienne et vous brave (Corn.).

B b) Verbes exprimant une volonté if uiirecte pour ou contre .'per-

b mettre^ souffrir ^ consentir^ accorder^ agréer^ endurer^ tolérer^ dés-

« approuver^ trouver bon^ trouver mauvais^ etc. : </<? consens ^u^Mti^

^ femme ait des clartés sur tout (Mol.). Je serais bien injuste si je

0 trouvais mauvais qu'on m'attaquât à mofi tour (Boil.).

1 Agréez, monsieur^ que je prenne part à la joie publique sur le i choix que le roi a fait .de vous (Fléch.). Souffrez que Bajazet

voie enfin la lumière (Volt.).

■ Consentir peut être suivi de à ce que avec le subjonctif: Je ' consens volontiers à ce que le ministère et ceux qui le soutiennent me tovlenX aux pieds ÇhdLm.y

Les verbes admettre, concevoir^ et peut-être d'autres, demandent le subjonctif ou l'indicatif, selon que l'on peut les considérer comme verbes déclaratifs ou verbes de volonté exprimant un simple consentement : J'admets que l'effet est contenu dans la cause. Admettons qu'il en soit ain^'. — Je conçois bien que le grand être^ le maître de la nature est éternel (Volt.). Je conçois que vous n'ayez pas peur de moi (G. Sand).

c) Verbes exprimant une résolution: arrêter, décider, décréter, résoudre, exiger, convenir, etc. : Ordonné qu'U sera fait rapport à la cour (Rac). On décida que les images seraient honorées (Pasc). On exigea d^eux qu'ils remettraient aux Romains la place et le port de Lylïbée dans la Sicile (Vertot). DiocUtien ordonna que les chefs des Manichéens seraient brûlés avec leurs écrits (Cond.). La majorité conventionnelle décida que Louis XVI serait jugé par la Convention (Mignet).

Résoudre et obtenir veulent le subjonctif aussi bien que Vindicatif: Ils résolurent que ses ennemis seraient réputés ennemis de l'Etat (Vertot). Le roi avait résolu dans son cabinet qu'U n'y eût plus de guerre (Rac). — Il obtint de lui qu'U les confesserait en son absence (Id.). Le père Annat obtint qu'ils fussent mandés au Louvre (Id.).

Convenir est ordinairement suivi de Vindicatif (futur ou conditionnel), mais aussi du subjonctif: Nous nous séparâmes après ôtre convenus que nous nous verrions tous les soirs (Les.). Ils convinrent que cela fût fait (Littré). Ce verbe peut aussi être déclaratif et alors il veut toigours l'indicatif: Convenez

621 PROPOSITION SUBJECTIVE i

verbes de croyance et demandent Vindicatif : il parait, il /» // résulte, il s'ensuit, il est irai, il est sûr, il est certain, il « (ientj il est clair ^ il est profnible^ il est vroUsemUablej et<î. : J certain (/m'// partira C9wVs/-fe 3 wi est certain P — Qu'il j» sujet). C'est un fait certain qi^il est parti (Çu'e^-ct q\ un fait certain ? — Quil est parti, sujet). // parait que «J prai. Il était évident que cela arriverait. Il est prob

Suc nous le trouverons chez lui. // y a de l'apparenc€ isait vrai (^Rac).

Ellipse de // ; D*où vient qu'on ne le voit plus ? Mais ces verbes demandent le subjofurtif lorsqu'ils sod ployés dans une proposition négative^ interroaafive ou corn nelie : Il n*cst pas vrai qu'il ait dit cda. Est-il .«(|?r quUlvie. SV/ arrivait qu'on se moqu&t de moi, il n'y aurait pas \

mal (Volt.).

Les exceptions ne sont pas rares: Il n'est donc pas comme ^n l'assure, qu'elle est ivtre cousine (Scribe)'. N\ pas évident que c'est la même trame? (Rac.)>

Les verbes et locutions impersonnelles il se peut, il est do il est ]X}Ssihle, il est ifnpossible, il est difficile, il est rare, il est demandent le subjonctif, lors même qu'ils ne sont pas ai pagnes d'une négation, parce qu'ils expriment par eux-D le défaut de croyance, le doute ou l'incertitude : Il est sible qu'il vienne. Il est rare qu'il sorte de che^ lui. . très faux que les Orientaux aient plus de vivacité d'esprit ^ Enrôlons (Boil.). // est difficile qu'un fort mal/ionnête l ait assec d^esprit (La Br.). — On trouve aussi Vindicatif: il possible que vous serez toujours embéguiné de ra«r /; caires et de vos médecins? (Mol.).

Après les locutions // semble, on emploie Tindicatif ou L jonctif, selon le sens : Il me semble que sous les ombrages forêt je suis oublié, libre, jxiisible (J.-J, E.). Il semble * présence d'un étranger retient le sentiment (là,). Il me se que mon ca'ur veuille se fendre par moitié (Sév.). Il nous ola que nous fussions seuls dans le monde (Mont.). A jjerroquet, il semble qu'il soit fier de son beau pluma«je.

b) Après les verbes ou locutions impersonnelles qui i ment la nécessité, on emploie toujours le subjonctif: il faut, rient, il imjxjrte, il suffit, il est urgent, il est nécessaire, il est etc. : Tl fsLMt qu'il parte. // importe que vous gardiez ce Il est temps qu'il parte. // suffit qu'on me craigne (] Il suffit qu'à la fin j'attrape le bout de l'année (La F. VI] Il importe que vous y soyez (G irault-Du vivier). Avec une expression se rapportant à la volonté: Toute la grâce

§ 2iK) RÉDUCTION DE LA PROPOSITION 8UBSTANTIVB ABSTRAITE 625

il VOUS demande, c'est qu'il me soiX permis de vous répondre en ynême I, temps à tous deuxÇRàc.) (= C'est toute la grâce que je vous dejî mande qu'il me soit permis . . .)•

ij 11 plaise, il plût, il tient à, il dépend de sont des verbes de vo- ^ lonté qui ont la forme impersonnelle et demandent aussi le sub- ^ jonctif :ADieu ne plaise que je ooJHAenïXB jamais à cette bassesse. I Plût à Dieu qu'on réglât ainsi tous les procès! (La, F. I, 21). Il g ne tient qu^à toi que cela se fasse.

77 suffit peut être suivi de l'indicatif comme du subjonctif: H suffit que son Irras a travaillé pour nous (Corn.). Suffit . qu^entre mes mains vos affaires soient mises (MoK). " Il s'en faut négatif ou interrogatif veut ne : Il ne s'en faut ' pas de beaucoup que la somme n'y soif. Peu s^efi est fallu que je • ne vifisse (Ac). Cotnbien s'en faut-il que la somme n'y soit?

c) Après les verbes ou locutions impersonnelles qui expriment un sentiment ou un mouvement de l'âme, on emploie le subjopietif: Il est étonnant que vous ne le seichiez pas. Il est fft^cheux qu'on n'ait pas su cela plus tôt. Mieux vaudrait qu'il fftt fnort. CW dommage qu'il soit parti. C^est ui2€ chose étrange qu'on ait néanmoins de quoi nous en convaincre (Pasc). C'^ leur félicité que Dieu ait permis qu'U y ait dans ce monde des Turcs et des Espagnols (Mont.). Cest déjà trop qus mon imprudence ait pu vous compromettre (Scribe). D peut y avoir inversion : Que je les paie ou non, ce n'est pas ton affaire (Régnier). Cela pour ce : Que ce goût lui fût naturel, cela n'est pas douteux (Nisard). La proposition' principale est quelquefois elliptique : Quel bonheur (c'est) qu'il m soit j>a8 venu. Dommage ('c'es^^ qu'U soit parti.

On trouve aussi des exemples de Vindicatif: Il est très remarquable que toutes les mers sont remplies de coquillages univalves (Bem.). (Testune chose admirable que tous l^ grands hommes ont toujours du caprice, quelque grain de folie tnêléà leur science (Mol.).

Cast dommage, Garo, que tu n'es point entré

Au œnseilde celui que prêche ton curé (La F. IX, 4).

c} Réduction de la proposition substantive abstraite.

1 . La proposition substantive amenée par que s'abrège au moyen de l'infinitif, précédé le plus souvent de la préposition de.

2. La proposition infinitive peut exprimer, comme la proposition substantive :

a) Le complément du verbe de la principale, ainsi que le pré-

Ater, Grammaire comparée. 40

^'rji] PROPOSITION SUBSTAXTIVE AVEC SI

(lintt ou un vomi)léinent atfrihutif : Je roufs vons^Uh de au plus tôt. Le vomir if que Je rous rlonne est de partir. (Ion tir le conseil de partir. Je row/V,*^ avoir tort. «Ai/ /< frère d'aller vous trouver. Le jn-htciinxi soin du chi-i se faire aimer de son maître. Dès Ja ptus^ hiute *n\fl troiirr efnhlie la eouttnne de fêter le premier jour de !

L'iulinitif peut avoir s<«i sujet propre : Faites le venix teA qu'il vienne. Le nul Uni fit venir son vizir le rexu F. XI, 1). Avec le verbe nroir sous-enteiidu : Je lui rr< moi, le timbre un peu f<^1é (Mol.) = Je criûs 7//'// *i / un iK'H fvh\

(^uand le verbe de la subordonnée est ttrc ou nro'} su|»i)riin(». qucbiuetbis, et on remplace son sujet par un construit comme complément du verbe de la principal cette réduction n'a lieu (pi'avec certains verbes de cr Je me amA faible = je sens qne je stfis faiUr, Je lui b Tesprit = je trouve qu'ail a fie Fesjjrit,

h) Tjc sHJet de la principale, en corrélation avec // r vous font partir. C\'st un ptrhé que de mentir. // tu encore le voir. Déprufl- if de moi de ne pas sou£Erir ? (.1

L'inversion est rare :

De murmurer contre eUe et de perdre patience,

Il est mal à propot (MalluTlH»),

(^iiand le sujet grammatical est cf, on renforce dr \ rVs/ f)ti/,/r.^se que de se venger, ^'epondant le ^jut n d(» rio-iUMir. surtout aprcs un nom : C'est uu pfnisir de ^ t'uftiHfs si hiru jHuitfHfs. (Quelquefois dr s'élide, mais 7//

( '*/ s/ jfiissrdrr drs fjirns qUG SaVOlr S*CU /w/S-nV/'. La pro]

infiuitivt* p<Mit se trouver en tcte, et alors elle n'est pasp de /A; on la r^»pète dans la principale au iimyen de r rrfa : Alléguer l'impos^iftlr (turrols^ c^esf uu (dn/s (La F. ^

i. Ij*t proinisition suftsfautice (troc si.

La pru])osition suhstantive amenée parla conjonctio: l)rime une iutcrroffutiou i\\\\ a pour objet le verbe, en tai mai'que Vifflit-nf^ftioft' KHe ne peut remplir d'autre tunct celle (le cotujilnnrut dirrrf de la principale. Son verbe t jours à Yîudivdfif, parce que Tinterrot^ation réelle n'exi eu «lelinrs de le mode: Difvs-woi ((\\\uV^) sV/ est parti parti?).

§ 202 PROPOSITION SX7BSTANTIVE AVEC C'eST 627

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