PROPOSITION SUB8TANTIVE AVEC C EST
étrange^ c'est ce que vous dites. Cette proposition est réduite au seul prédicat, si ce prédicat est un substantif : Xe t^ra» moym éTêtre trompé^ c'est de se croire plus fin que les autres (= Ce qui est le vrai moyen d'être trompé, c'est . . ,).
2** Avec si quand elle est adverbiale : Si je vous V affirme j c'est parce que ou c'ed que je le sais. Si je suis triste, c'est que
J'en ai sujet (Ac). Que si oti a été excité à rire, c'est parce que es sujets y portaient eux-mômes (Bac).
Nous avons dit que le membre de la proposition simple qu'on met en relief au moyen de c'est ne peut être qu'un substantif ou un mot remplissant la fonction de substantif. En effet, à Torigine, ce membre était toujours remplacé dans la proposition dont il était détaché par un pronom relatif, qui ne peut avoir pour antécédent qu'un substantif ou l'un de ses équivalents, et jamais un verbe ou un adjectif. On disait donc : C'est vous dont on parle. C'est Rome où il demeure. Dans cette construction la proposition subordonnée avait toujours la forme d'une proposition adjective, se rapportant au prédicat de la principale. Aujourd'hui le pronom relatif est encore de règle quand le mot qu'on met en relief est sujet ou complément direct : C'est Charles qui a écrit. C'est une lettre que Charles a écrite. Mais, quand ce mot remplit la fonction de complément indirect ou de circonstanciel, on remplace ordinairement le pronom relatif par la conjonction que^ et nous ne dirions plus aujourd'hui comme au XVII* siècle : Cest à sa tabie à qui Von rend visite (Mol.). Ce n'est pas de ces sortes de respect dont on vous parle (Id.). Puis-je au moins croire que ce soit à vous à qui je doive la pensée de cet heureux stratagème? (Id.). C'est à vous, mon esprit j à qui je veux parler (Boil.). C'est là où gît la gloire (I^ Br.). Cest là où le bat me blesse (Ilamilton). Toutefois, même dans ce dernier cas, il est permis d'employer le pronom relatif au lieu de la conjonction, loi'sque le complément indirect ou circonstanciel est un nom ou pronom, mais à la condition de placer ce dernier immédiatement après c'est au nominatif, et de mettre le pronom relatif au cas régi par le verbe de la proposition subordonnée. On peut dire indiCTéremment, selon l'Académie :
ANTC LA CONJONCTION QuO. AVEC LE PRONOM RELATIF.
C'est à vous que je parle. C'est vous à qui je parle.
C'est à cela que j'ai fait allusion. C'est (ce) à quoi j'ai fait allusion.
C'est de cela que je voulais vous par- C'est ce dont, c'est (ce) de quoi je vou-
ler. lais vous parler.
C'est sur vous que le châtiment rctom- C'est vous sur qui le châtiment re-
bera. tombera.
C'est pour vous que je travaille. C'est vous pour qui je travaille.
C'est à Rome qu'il demeure. C'est Rome où il demeure.
C'est d'un procès que dépend ma for- C'est un procès d'où dépend ma fortune, tune.
Mais la première manière de s'exprimer est la plus conforme à l'usage actuel de la langue: Cest avons que 7e parle^ ma sœur (Mol.). C'est sur toi que le fardeau tombe (La F.). C'est sur eux qu'il rejette son crime (Boil.). C*est à Rome, mes fils, que je prétends marcher (Rac). Cest là qvLBDieu l'attendait pour foudroyer son orgueil (Boss.). C'est d'aux que j'attends tout (Volt.). Au XVII» et même au XVIII* siècle on employait volontiers le pronom relatif: Cest vous à qjjii je parle. Cest vous dont il s'agit. Ce n'est pas le bonheur après quoi je soupire (Mol.). C'est votre illustre mère à qoijeveux parler (Rac). Cest vous, mon cher Narbal, pour qui mon cœur s'attendrit (Fén.). Est-ce une tigresse dont il suça les mamelles dans son enfancef {là.). Cest lui dont on se propose ici d'écrire l'histoire (Volt.).
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latif, il est des cas eu revanche où le pronom relatif remi^ift la conjonction ; c'est ce qui ressort de l'analyse des pbim suivantes, où le pronom relatif employé de cette manière ipw antécédent un pronom interrogat£f a) ou relatif b)^ placé du» la proposition qui précède :
a) Mais que (intenogatif) veux4u qui (relatif pour {«'«< nom arrive de pis? Laquelle (interr.) des deux têtes crm-iu qii {= qu'elle) vaille le mieux en ce moment ? (V. Hugo).
b) Voilà des raisons qu'iV a cru que f approuverais (= qnejc les approuverais). Les fneilleurs livres sotU ceux que chaquelKteiir croit qu'/ï aurait pu faire (Pascal). J^ous verrons si ce^mi que vous voudrez qui (^ qu'il) sorte (Mol.). Nous sommes im des inquiétu/les qu'// n'y a que vous Civd puissiez compremlr€{Sé^\ Mais quelle est cette femtne que Je vois qui arrive? (Boil.). (hff doit à cet âge verser dafis les esprits que ce qu'on souhaite (fÀ (= qu'il) y defneure toute la vie (Fén,). Elle tn^nt se jeter h m tête^ à nwi c^elle sait qui w'a* rien (J.-J. R.). Arez-tous toujottn de ce vin dePomard que vous me disiez que^«e>Ms vo^diez garétr^, (Mérimée).
On évite aujourd'hui cette construction, et, quand cela est possible, on la remplace par l'infinitif: Il efi a frott4 les ba&fttff contre une pierre que fai reconnue être une pierre de iouck (Volt.). Charles était un prince qu^ofi savait n'avoir Javioisinillqué à sa parole (Id.).
A. Proposition détarminativa.
1. La proposition adjective déterminât ivc est celle qui es: indispensable au sens de la phrase, et on l'appelle ainsi parce qu'elle détermine ou restreint la sigfnification du nom ou pn>nom auquel elle se rapporte : V élève (quel élève ?) qui tpa^ vaille bien fera rapidement des progrès, Ijbs ni^mphes qui Ift servirent n'osaient lui parler (Fén.). Théophraste fut reconnu étranger par une simple femme de qui il achetait des herbes (La Br.). Ijc temps que Ton perd ne se retrouve plus. Le Mét^ où me voici (La F. X, 9). Beaucoup (de gens) qui s'étaient endormis riches se sont réveillés pauvres. CTesfj de toutes la choses du mondcy celle {= la chose) que j^aime le mieux (Ac).
On rencontre des exemples où la locution plus .. .jylm est jointe à un membre de phrase par un pronom relatif qui se trouve n'avoir point de verbe à lui propre : Silarépuf/nancequon a pour les devoirs était un titre d'cremption^ où est le fidèle qui, plus il sentirait de corruption dans son cœur, ])lus il n^y trouvât sa
t § 294 PROPOSITION DÉTERMINATIVE 688
B justification et son innocence (Mass.). Cette espèce d'anacoluthe ^ est devenue très rare.
H Dans ces phrases : On a arrêté celui qui a volé cette pauvre femme (= On
i a arrêté ce voleur). Voici ce que je lui ai écrit^ le pronom celui ou ce est dé-
terminatif de la personne ou de la chose désignée par la proposition qui suit
et qui a conséquemment la valeur d'une proposition substantive (§ 284). Mais
{ quand on dit : L'ami qui vous trompe est aussi indigne que celui (= Tami) qui
I vous vole. La Bible est de tous les livres celui (= le livre) auquel on revient
toujours. La plupart de nos maux viennent de ceux que nous avons faits à
' autrui, la proposition relative n'est pas déterminée par celui, mais c'est elle qui
détermine ce pronom, c'est-à-dire la personne ou la chose déjà nommée et dont
celui rappelle l'idée, et alors cette proposition n'est pas substantive, mais ad-
jective déterminative.
2. Le verbe de la proposition déterminative se met à Vindicatif ou au subjonctif y selon que le mot auquel il se rapporte désigne un objet déterminé ou indéterminé. Mais cette règle générale peut être précisée comme suit :
3. On emploie Vindicatif quand l'action est exprimée comme un fait réel ou positif : L élève qui travaille fera des progrès. Le bien que Von fait la veille nous est payé le lendetnain par un doux souvenir. Le ton dont il parla fit retentir les bois (La F. m, 3). Excuse un malheureux qui perd tout ce qu'il aime (Rac). Il 1/ a une chose qu'on n'a point vue sous le ciel^ et que sdon toutes les apparetKes on ne verra jamais : c'est une petite ville qui n'est divisée en aucunes parties (La Br.). Aussi la joie qu'il tne témoigna ftd mêlée de surprise (Les.).