‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 369 sur 409 · On emploie le subjonctif · texte numérisé non relu

On emploie le subjonctif

a) Quand l'action est exprimée comme incertaine ou simplement 7?oss/ïfe; c'est ce qui a lieu dans les cas suivants :

1** Après une proposition principale qui est fiégative, soit par la forme, soit par le sens, ou aussi après peu, parce qu'alors il y a défaut de croyance ou de certitude : Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille (La F. III, 18). Uon n'a guère vu jusqu'à pré.'ient un chef-d'œuvre d'esprit qui soit l'ouvrage de plusieurs (La Br.). Je n^ai employé aucune fiction qui ne soit une image sefisible de la vérité (Volt.). Je ne vois que nous detix qui soyons raisonnables (Colin d'Harleville). — Trouve-moi un faiseur de fagots qui sache comme moi raUiùnner des choses (Mol.). Il est aussi difficile de trouver un homme vain qui se croie assez heureux qu'un liomme modeste qui se croie trop malheureux (La Br.). Après le rare bonheur de trouver une compagne qui nous soit bien asso/iie, l'état le moins mallieureux de la vie est sans doute de vitre seul (Bem.). Il y a peu de rois qui sachent chercher la véritable gloire (Fén.).

Après il n'y a on peut employer Vindicatif ou le subjonctifs

686 PROPOSITION EXPIJ(?ATIVE § 295

bien dont Vhomme soit vraiment le maître (J.-J. R.). Néron est U premier empereîir qui ait persécuté V Eglise (Boss.). — L'amour-propre est la seule chose dont on ne vient jamais à bout. Je suis le seul qui vous connais et qui veux vous avertir d^ vos fautes (Fén.). C^est Tunique fin que l'on doit se in-oposer en écrivant (LaBr.). Us sont les premiers, sans contredit, qui ont établi ces idées (Volt.). On trouve Tindicatif même après une négation : Ce service n'est pas le setd qu'on attend de vous (Boss.). Il va de soi que Ton n'emploie pas le subjonctif quand la proposition adjective n'est pas intimement liée au superlatif; c'est ce qui a lieu : 1** quand cette proposition se rapporte au génitif qui dépend du superlatif: Nourri dans la jdus absolue liberté, le plus grand des maux qu'il conçoit est la servitude. Cest la moindre des choses que je lui dois (Boil.); 2"^ quand le superlatif est mis en relief au moyen de la forme c'est : C'est le plus jeune qui a remporté un prix {Cf. : Cest le plus jeune qui ait remporté un prix, c'est-à-dire : De tons ceux qui ont remporté un prix, celui-là est le plus jeune) ; 3** quand la proposition est explicative : Les monarques les plus puissants, qui sont souvent les plus malheureux, sont ordinairement les j^us enviés du vulgaire; 4** quand le verbe pouvoir n'est pas suivi d'un infinitif: Je fais la meilleure contenance que je puis (Sév.).

B. Proposition explicative.

1. La proposition adjective expUcxitive est celle qu'on peut retrancher sans nuire au sens de la phrase, parce qu'elle ne restreint point la signification du nom ou pronom auquel elle se rapporte : Chacun a son défaut, où toujours il revient (La F. m, 7).

2. La proposition explicative, dont le verbe est toujours à Vindicatif, a la forme d'une proposition adjective et la valeur :

a) D'une proposition pn'ncipcde: J\ii un ami que j'attends (= et je l'attends). La mort, qui (= car elle) n'épargne personne, est la véritMe égalité.

b) D'une proposition adverbiale, marquant le fé^mj^s et plus souvent la cause ou aussi la concession : Pierre, qui (= lorsqu'il, comme il) s'amusait dans la forêt, fut surp^is par forage. Cet élève, qui (= parce qu'il) travaille bien,/>>-« rapidement des progrès. Dieu, qui lit dans nos cœ\xrSy connaît nos plus secrètes pensées. Vhironddle, qui (= quoiqu'elle) n'a pour outil que son bec, construit un nid admirable. Mon ami, qui (= quoiqu'il) n'avait januiis tenu une carte, se mit à jouer.

§ 296 RÉDUCTION DK LA PROPOSITION ADJKCTIVE 687

3. La proposition adjective est explicative, quand elle se rapporte :

a) A un nom commun pris dans son acception générale: L'homme, qui pense^ est bien au-dessus de la bote, qui ne pense pas (comp. L'homme qui 2)ense est un anitnal dépravé. J.-J. R.)

b) Aun nom propre : Tircis, qui Vaperçut, se glisse etilre des saules (La F. II, 1).

c) Au prénom démonstratif celui-ci, celui-là, ceci, cela : Voici plusieurs ouvrages : lisez e/'a/>o/*(/ celui-ci, quies^ très intéressant.

d) A un pronom personnel ou à un nom commun qui est déjà individualisé d'une manière quelconque : Sa fetnme s'att^hait à lui, qui la retenait avec violence (Sév.). Ce jeune homme, qui n^a que vingt ans, est plein d'^avenir. Cependant, même dans ce dernier cas, la proposition est déterminative, quand elle est placée après un nom ou un pronom, non pour le déterminer, mais pour le faire considérer sous le point de vue indiqué par le verbe antérieur : J'entends votre père qui vous appelle (je l'entends appeler). Je la wis qui if avance (Corn.). Voyez-vous cette main qui i^ir les airs chetnine ? (La F. I, 8).

La proposition adjective qui se rapporte à un pronom interrogatif ou indéfini est toujours déterminative (v. les exemples, § 191).

c. Réduction de la proposition adjective.

1. La proposition adjective peut se réduire soit au participe présent, soit au participe passé ou à l'adjectif.

a) La première forme de réduction est double, le participe présent employé pour abréger la proposition adjective ayant un temps parfait corrélatif (§ 210) :Il était une vieille ayant (= qui avait) detix chambrières (La F. V, 6). Etant devenu vietéx, on le mit au moulin (Id. VI, 7).

b) La seconde forme de réduction est simple, la proposition abrégée ayant pour prédicat le participe passé d'un verbe passif ou neutre employé sans Tauxiliaire être : Les roses cueillies (= qui sont cueillies) le matin sont fanées le soir. Cet élève, aussitôt rentré à la maison, se met au travail. Au lieu du participe passé, la proposition abrégée peut avoir pour prédicat un adjectif ou un substantif employé sans le verbe être comme une simple apposition (§ 172). I^ gm, Temblôme du

égolsme, vit aux dépens du chêne.

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