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PROPOSITION ADVERBIALE

Perrette là-dessus saute aussi, transportée (Id. Vil, 10). Ne courant jamais après les idées nouvelles, Emile ne saurait se piquer d'esprit ( J.-J. R.). Assis dans la vallée^ le berger contempUut la lune au milieu du brillant cortège des àoHes (Chat.). Cette construction est de règle lorsque la proposition abrégée se rapporte à un pronom personnel conjoint, au pronom relatif qm ou au pronom indéfini on : Ne sachant quel parti prendre (= Moi, qui ne sais quel parti prendre), j'a//ewrfrûr/ encore. Il se promenait^ rêvant à son projet. Etant devenu vieux, on le mit au moulin (La F. VI, 7). Etant singe, je faisais des gestes comme les hommes. Vous le fréquentez, sachant qu'il est un fripon. Elle m'a surprise pleurant (Dumas). Ayant tout dit, il mit r enfant à bord (La F. I, 19). Jupin les renvoya ^'étant censurés tous (Id. I, 7). A peine rentré à la maison, il se met au travail. Et, monté sur le faîte, il aspire à descendre (Corn.).. Je les ai crus intéressés dans cette affaire. Je me sens faible. Et, faible (= Et /wf, qui était faible), sur la terre, il reposait sa tête (A. Guiraud). Qui ne travaille pas étant jeune, est obligé de travailler étant vieux. Jeune, on conserve pour la vieillesse; vieux, on épargne pour la mort.

Article IV. — De la proposition adverbiale.

1 . La proposition adverbiale est en général liée au verbe de la principale par une conjonction simple, quand, si, cofnme, ou composée, avant que, de manière que, etc.: Je le verrai SLVSLXit qu'il parte ; mais elle est aussi amenée par un pronom relatif ou interrogatif : J'irai où il va. Quoi qu'il fasse, on lui trouve à redire Elle peut donc être, comme la proposition substantive, ou conjonctive, ou relative on intetTogafive; meiisc'e^t uniquement au point de vue des fonctions qu'elle remplit dans la phrase qu'on la distingue en plusieurs espèces différentes, qui expriment le lieu, le tetnps, la cause, le but, la manière ou Vintensité de l'action marquée par le verbe de la principale.

Le verbe de la proposition adverbiale se met, selon le sedfe, tantôt à Vindicatif tantôt au subjonctif.

La proposition adverbiale conjonctive peut seule s'abréger, soit par Tinfinitif, soit par le gérondif.

Il y a une espèce de proposition adverbiale, la proposition comparative, qui est susceptible de contraction, comme la phrase de coordination ; dans ce cas le mot conjonctif (pronom relatif ou conjonction) reste, mais on supprime toujours le verbe et tout autre membre commun aux deux propositions, principale et

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accessoire : H en sait autant que vous (en savez). // est atsssi savant que (il est) modeste. Nos jours passent comme (passent) des ombres fugitives.

n ne faut pas confondre la contraction avec la réduction de la pi*oposition subordonnée.

2. A l'inverse de ce qui a lieu pour le complément indirect, qui, dans la proposition substantive, n'est pas précédé, en général, de la préposition (à, de) et se confond ainsi avec le complément direct (§ 287), le complément adverbial conserve, dans la proposition adverbiale conjonctive, la préposition qui lui est propre et qui, en se combinant avec que, se transforme en conjonction composée ou adverbiale, par ex. : JHrai le voir avant son départ^ qui devient: JHrai le voir avant qu^ il parte. — Les particules quand^ si, comme^ sont considérées comme conjonctions composées, parce qu'elles sont les équivalents de lorsque, à la condition que, ainsi que.

Toutefois la conjonction adverbiale est souvent remplacée par la conjonction simple que, surtout quand la proposition principale est négative, interrogative ou impérative, et dans ce cas le verbe de la subordonnée reste toujours au mode demandé par la conjonction composée, par ex. : Je n'avais pas dîné qW (lorsqu') U entra chez moi. Il y a des années (depuis) qyHils ne se sont parlé. Si je vous r affirme, c'est (parce) q}ieje le sais. Votes vous êtes donc brouillé avec lui, que (= puisque) vous ne lui parlez pas? Viens, (afin) qjieje t'embrasse. Personne ne le sait (excepté) que lui (le sait). Je ne crains (personne) (excepté) que (je crains) Dieu. Il n'aime (rien) (excepté) que (il aime) l'argent. Je n'irai point là "(à moins) que totd ne soit prêt. Je ne puis parler (bans) qvCU ne m'ifvterrompe. Je suis dans une colère (telle) que^^ ne me sens pas.

3. Quand la proposition adverbiale est placée avant la principale, celle-ci est quelquefois précédée de l'adverbe alors : Lorsque le désordre fut moins grand, ou plutôt quand les chefs eurent organisé cette maraude comme un fourrage régulier, alors ce grand nombre de traînards ruasses fut remarqué (Ségur). Si vous ne vous arrêtez pas, alors ^'e continuerai avec vous, quelque part que cela me conduise (Vigny). L'ancien français employait en pareil cas les adverbes lors, donc, adonc : Et cotn il F avaient dessevré en un leu, lors cotnmençoit en un aî^/re *(Villehardouin). La construction avec si était également fréquente : Si elle estait bien longue et bien ample, si estoit-elle bien guarnie au dedans (Rab.). H en reste quelques traces dans la langue moderne : Quoiqu'il mange peu, si faut-il qu'il mange (Eegnard). Quoi que vous en puissiez dire, si est-ce que je ne crois pas . . . (Ac).

Ayer, Grammaire comparée. 41

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