‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 385 sur 409 · PROPOSITION ADVERBIALE DE CAUSE · texte numérisé non relu

PROPOSITION ADVERBIALE DE CAUSE

1) On exprime quelquefois la cause par les locutions sous prétexte que, «oim ombre qxie: Il s'est retiré sous prétexte qu'i< souffrait (Poitevin). Sous omlire que vous écrivez comme un petit Cicéron, vous croyez qu'il est permis dé vous moquer des gens (Sév.). La première de ces locutions s'abrège par Tinfinitif : Sous prétexte d'exercer la charité, ils renversent toutes les règles de la justice (Fléch.)- Il y a en outre les locutions à force de, faute de, qui se construisent avec rinfinitif : A force de vouloir me plaire, elles me dégoûtaient (Fén.). Faute d'y recourir, on viole leurs lois (La F. XI, 7).

2) De même que l'expression relative de ce que a donné la conjonction de ce que ou que (§ 288), de même par ce que est devenu parce que : On juge d'un arbre par ce qu'if produit. J'abattrai cet arbre parce qu'if ne produit rien. A côté de parce que, l'ancienne langue avait pource que, et ces deux expressions n'étaient pas synonymes, par indiquant naturellement le moyen et subséqnemment la cause, et pour le but : Cet ouvrage a été fait par moi, mais non pour moi. Mais la conjonction pource que, déjà vieillie au XVII* siècle, est tombée en désuétude; on la remplace par parce que, ce qui donne un faux sens dans certaines circonstances. « Si je demande: Pourquoi vendez-vous vos rentes 9 et qu'on réponde : Parce que j'ai besoin de réaliser, on me répond par la cause, lorsque je demande le bul qu'on se propose ; c'est que pourquoi signifie en même temps par quoi et pourquoi. De même parce que signifie parce que et pource que: Pourquoi achetez-vous une maison 9 on répond : Parce que je veux l'habiter; le sens est pource que, comme on le voit si l'on répond par l'infinitif seul : pour l'habiter, et non pas par l'habiter » (Littré). — Par cela que construit avec seul : Par cela seul qu'il le dit, je ne le crois pas.

3) Car et parce que. Car marque la coordination, et parce que la subordination; l'un et l'autre expriment une idée de cause, mais le premier se rapporte à celui qui parle, et le second à l'action, quel qu'en soit Tagent: Il doit être malade, car il ne sort plus. H ne sort pas, parce qu'il est malade.

b) Par la conjonction simple que:

V Après une proposition principale interrogative : Qu'avezvous donc, dit-il^ que vous ne mangez point? (Boil.). Vous êtes donc brouillé avec lui, que v(ms ne lui parlez pas ? Comment mudriez'vous quHls traînassent un carrosse, qvi^ils ne peuvent pas se traîner eux-mêmes ? (Mol.). On est donc bien méfiant dans ce paySy qu'on n'ouvre pas la porte à son procJmin (G. Saud).

2** Après d'autant plus ou simplement d'autaiit : Je le ])lains d'autant plus que Mithridate Vaime (Rac). A votre place je n'irais point là, d'autant que rien ne vous y oblige (Ac).

3** Après c'est employé pour mettre la cause en relief (§ 282) : a) aflSrmativement, avec l'indicatif : Si je vous Caffirme, c'est (parce) que je le sais. Pourquoi les riches sont-ils si durs envers les pauvres ? — C'est qu'ils ne craignent pas de le devenir (La Br.) ; b) négativement, avec le subjonctif : Si je roua fais cette observation, ce n'est pas que J'aie V intention de vous offenser. Ce n'est pas que Colbert ait négligé entièrement cette pa^iie (Thomas).

On se sert aussi, dans ce dernier cas, de Texpression non que ou non pas que: Je désapprouve votre projet^ non pas que je veuille m'ij opposer.

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