‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 392 sur 409 · trop . . .pour que, avec le subjonctif · texte numérisé non relu

trop . . .pour que, avec le subjonctif

2. Quand la proposition consécutive exprime la manière, elle est amenée non seulement par la particule ;u^, mais encore par la conjonction composée sans qus.

a) La particule que se combine avec les substantifs manière, façon et sort^, d'où les conjonctions composées de manière que, de façon que^ de sorte que, qui peuvent avoir pour corrélatif le démonstratif td, de telle sorte que, à un tel point que, etc. Après ces locutions, on emploie Yindiaitif, lorsque la conséquence doit être présentée comme un fait positif, et le suhjomiif, lorsqu'il s'agit d'une chose voulue et conséquemment possible ; dans ce dernier cas, la volonté ou la nécessité est indiquée dans la principale soit par l'impératif, soit par le futur ou par un verbe auxiliaire de nécessité ; en d'autres termes, on emploie l'indicatif ou le subjonctif, selon que le résultat est obtenu ou est à obtenir : Il se conduisit de manière qu'on n'eut rien à lui dire. Il faut toujours se conduire de manière que Von n'ait aucun reproclie à se faire (Ac). — Peut-être le soutier ain fabricat^ur de tant de inondes aura-t-il arrangé les choses de façon que les grands forfaits commis dans un globe sont expiés quelquefois dans ce globe même (Volt.). Il faut vivre de façon qu'on ne fasse tort à personne (Ac). — Il s'est compromis de telle sorte qu'on aura bien de la peine à le tirer (Fetnbarras. Faites en sorte qu'tf soit content (Ac). — Best affligé à un tel point qu'i/ en perd la raison.

On abrège cette espèce de proposition au moyen de Vinfinitif précédé des locutions prépositives de manière à, de façon à, en sorte de, ou de la simple préposition à: Il parla de manière à convaincre les juges de son innocence. Conduisez-vous de façon

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à vom faire aimer. Fais en sorte de le distraire. Elle chante à ravir.

La proposition consécutive de manière peut être amenée par la conjonction que sans corrélatif: On le régala^ (de manière) que n'en w'// manquait (Ac). Je suis dans une colère^ que^V w^ me sens jxis (Mol.).

Les locutions de mtinière que^ de sorte que^ etc., expriment quelquefois la conséquence sans rapport à la manière ; elles ont alors la valeur de conjonctions conclusives (§ 272) : La nuit vint^ de façon que (= ainsi )je fus cotUraint de me retirer (Ac). L'expression si bien que s'emploie de la même manière: La nuit nous surprit^ si bien qu*i/ fallut nous arrêter en rout^.

h) On considère comme conjonction de manière la locution sans que qui s'emploie sans corrélatif et exprime Vexclusion, c'est-à-dire nie Pefifet de l'action marquée par le verbe de la principale; c'est ce sens négatif de sans que qui explique l'emploi du suhjoyxiiif dans la subordonnée : (hi lui dérdni sa montre sans qu^7 s'en aperçtlt. Deoiez-vous agir sans qu'on vous Teût ordonné ? S(mrent leur repas se passait sans qu'iY^ se dissent un mot (Bem. ). Si la principale est négative, la subordonnée prend un sens positif, parce que la double négation vaut ici une affirmation (§ 288) : Je ne puis parler sans qu'tf m'interrompe (Ac).

On abrège cette proposition au moyen de l'infinitif précédé de sans: Je Vai offensé sans le savoir. Il ne saurait disputer sans se mettre en colh-e (Ac). Que ne Vémondait-mi sans prendre la cognée? (La F. X, 2).

Après une principale négative, la conjonction adverbiale sans que ^%t le plus souvent remplacée par la conjonction simple que, qui est alors toujours suivie de we; Je ne puis parler (sans) qu'// ne m'interrompe. Jamais on ne le punit qu't7 ne Vait mérité. Il ne s'est pas écoulé un jour que^V n\iie fait des vœux pour /w2 (Muss.).

Je ne dis rien que je n'appuie De quelque exemple (La F. III, 7).

1) De manière que exprime Ve/fet d'une action; sans que nie cet effet; en ce sens, sans que peut être considéré comme une locution consécutive : fl parle de manière à se faire comprendre. Il parle sans se faire comprendre. Mais, à un autre point de vue, aans, qui dit le contraire d'avec (§ 2ii) : Il partit avec son ami. Il partit sans son amt, s'oppose au gérondif, en niant la simultinéité simple ou modale de deux actions (§ 300): On apprend en étudiant. Il répondit en hésitant. — Il apprend sans étudier. /{ répondit sans hésiter.

2) Après sans qiie^ quelques écrivains mettent ne: Main ces cris de toute une armée ne peuvent pa^ se représenter sans que Von n'en soit ému (Sév.). Mais il vaut miuux omettre la particule ntf. — 5an« est négatif par lui-même; mais il peut être suivi ôe pas ou point, qui renforce la négation; la phrase sui vante est donc correcte : César avait de grandes qualités^ sans pas un défaut

(Mont.). — Sans que avec riudicatif a signifié sans cette raison, sans ce fait n'était que: Sans que mon bon génie au-devant m'a poussé, Déjà tout mon bonheur eût été renversé (Mol.).

3. Quand la proposition consécutive exprime Vintensttéy elle a son verbe à Vindicatif, et elle est amenée non seulement par la particule que, mais encore par la conjonction finale jjourque.

. a) La particule que, qui a pour corrélatif dans la principale :

1** Un adverbe d'intensité, comme si, tant, tellement: Il est si sage qu'on le cite pour modèle. Cet hoinme a si mauvaise langue qu'iV n'a pas d'amis. Mon cœur s^est épuisé de si bonne heure, qu'iY vieillit avant le temps (J.-J. R.). Tant fut plaidé, qu'i7,s se ruinèrent départ et cF autre (Ac). J^ai tant fait, que nos gens sont enfin dans la plaine (La F. VII, 9).

2** Le pronom td ou l'adverbe tant, employé comme nom de nombre exprimant la quantité : Ils font un tel bruit ou tant de bruit, qu'on ne 8'entend pas. Sa mémoire est telle, qu'il n'oublie jamais rien (Ac). L'âme possédée de V amour cfe IHeu est tellement éprise qu'e2/e le préfère à soi-tnême (Boss.).

Après une nf^gation ou une interrogation on emploie le subjotyctif^ avec ou sans ne, selon que la proposition consécutive a le sens aflinnatif ou négatif: H n'est pas si sage qu'il n'ait besoin de conseils (il en a besoin). Son livre n*est pas si rare ni si gros qu'on ne puisse le lire tout entier (Pasc). — Il n'est pas si sage qu'on le cite pour modèle (on ne le cite pas pour tel). Aucun peuple n'est si vertueux qvCil puisse se passer de lois,

b) La locution pour que employée pour exprimer l'intensité a en général pour corrélatif dans la principale l'un des adverbes d'intensité trop, assez. Le verbe se met au subjonctif: C est une raison déplus pour que je désire lui parler. Il fait trop tnauvais temps pour que Je sorte. Je lui ai parlé assez haut pour qu'?7 m'entendit.

On abrège au moyen de l'infinitif précédé de pour : Il a trop peu d'expérience pour être capable de se conduire lui-même. Il est trop vieux pour pouvoir travailler. Quel courage il a dû montrer pour vaincre tant d'obstacles.

Le récit précédent suffit Pour montrer que le peuple est juge récusable (La F. Vill, 26).

Suffit assez serait un pléonasme.

1) On peut considérer comme une proposition consécutive abrégée la proposition inlînitive amenée par jusqu'à et au point de : La servitude avilit les hommes jusqu'à s'en faire aimer. Le genre humain s^égara jusqu'à adorer ses vices et ses passions (Boss.). Il est malheureux au point de n'avoir pas de quoi manger (Ac).

2) La proposition consécutive d'intensité prend souvent la forme d'une principale; mais, dans ce cas, elle précède la proposition principale proprement dite, qui commence par les adverbes d'intensité tant ou tellement: Il est toujours en courscy tant il aime à voyager , c'est-à-dire : Il aime tant à voyager qn'ti est toujours en course, •

H. Proposition comparative.

1 . La proposition cofnparaHve exprime la manière ou Fintensité de Taction par sa comparaison avec l'action d'un autre sujet ou avec une autre action du même sujet.

Cette proposition, qui a toujours son verbe à Vindicatifs est amenée par les conjonctions cotmne ou que. Il y a souvent contraction au moyen de l'ellipse du verbe.

La proposition comparative a les formes suivantes :

A. Cotntne : 1 . Comparaison simple : commey de même que^ etc.

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