‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 46 sur 409 · HIATUS PRIMITIF DANS LES MOTS SIMPLES · texte numérisé non relu

HIATUS PRIMITIF DANS LES MOTS SIMPLES

d'une consonne, comme v après u : pluere pleuvoir; b) par l'élision de la seconde voyelle : martis dies mardi, ou de la première : dtios deux ; c) par le déplacement de Taccent; qui est rejeté sur la seconde voyelle, de manière que les deux voyelles ne forment plus qu'une diphtongue : filidus filleul, deus dieu (§ 24).

3. Quand la première voyelle est atone, cette voyelle peut être t, tf ou u; de là trois groupes de voyelles : *a, to, m; — «a, eo, eu; — im, ue, m, tw, uu] mais les deux voyelles i et e sont ici équivalentes, ou plus exactement e a la valeur de i ; dès lors nous n'avons plus à examiner que deux groupes de voyelles composées, l'un avec i, l'autre avec u.

En latin, ces combinaisons de voyelles commençant par i, e ou w, étaient dissyllabes : di-urnm^ debe-o, cotilinu-m'^ elles sont devenues monosyllabes en français, ainsi que dans les autres langues romanes. Cela s'est fait de trois manières différentes : par la consonniflcation, l'élision ou l'attraction de l'atone i (e) ou u,

4. Lorsque l'hiatus est formé par un u atone («a, we, ui^ uoj un), il peut être détruit des ti*ois manières indiquées; mais les exemples sont très rares. Consonniflcation de u en v : januanus jander, vidaa vid\a vet?e* veut?e, aqxaa aqva èi?e*. Ëlision de u : cons\xere cosv^re cosre* cosdre* coudre, fehmarius février^ vidaus vidm veuf. Attraction de u : vidnm vwid* vide (}).

5. L'hiatus formé par un / atone est le plus fréquent et demande à être traité avec quelques détails. Le / atone se modifie le plus souvent en un i consonne, c'est-à-dire en un j ou y (le yod) que nous appellerons, pour abréger, i palatal. La prononciation de ce / palatal dépend d'ailleurs de la nature de la consonne qui précède.

a) Après une liquide, on distingue trois cas, selon que cette liquide est un / ou w, un m ou un r.

V Le i palatal après L et N a la propriété de mouiller ces consonnes (§ 26).

Après L : Ixttalia* bafalja batatfle, folium feuiUe, .s/^olio dépoui7te, filia fi//e, palea paille. Ainsi en français \ejl= lat. i ou e) se place devant / qui se redouble et prend le son mouillé, marqué ainsi par ill = Ij, Attraction de / : oleum hu/le.

(4) Vide ot veuf ont la môme urigint^ : tniluus. Vide, v. fr. et catalan vnid, wallun ri/rf, , romand vi/rfo, du 1. viduus par métathèse du premier n : vuidiia: \e verbe vider, v. fr, vutdier, romand vïuUjir, catalan fuj/dar. est formé de vxdiiare: dévider, v. fr. dcAvuidier, romand dei*ùdyir,esiun composé de vider. De vidviis, vitliia, dérivent nettf, veuve, par une formation dilTérente : ainsi viduua est d'abord devenu vidus, puis tfeuf pai le changement de i en eu et de v en f, et xndva a donné vidva, puis vedve, veve (romand Vf wj), enfin veuve.

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