‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 47 sur 409 · HIATUS PRIMITIF DANB LES MOTS SIMPLES · texte numérisé non relu

HIATUS PRIMITIF DANB LES MOTS SIMPLES

Après N : cicania cigogwe; linea ligne. Ainsi g devant n représente le t palatal et gn = nj. On trouve un i parasite devant g dans unianem oignon, semorem seijmeur, où il ne se prononce pas, et dans castanea châtaine, où il se fait entendre. Après un w, surtout s'il est précédé de »i, le^' prend quelquefois la prononciation romane qui lui est propre, c'est-à-dire en français celle de la chuintante douce : dammirium* dangier* danger (^), donmionem* don;on, sofnnmm son^e, calumnia chalon^e*, calumniari chalon^er*. Attraction de i (e) : balneum bain, cuneus com, junius jum, testifnotiium témoin.

2* Après M, le i palatal devient chuintante douce avec permutation de m en n : simius sin^e, vindemia vendante, comeatus con^.

3® Lorsque R est suivi des atones ius, ia^ ium, le i est attiré par la tonique avant r et forme avec a, e, o les diphtongues suivantes : ef/r, qui est devenu «V, d'où iér : janttarim janvier, nparia rivière, granarium grenier; — eir, qui est également devenu iér : ministerium métier; — oir^ qui est devenu quelquefois uir : gloria gloire, coriMw* cwir (§ 26). Consonnification de i ou e en chuintante douce : cereus cierge. — Elision : augurium (présage, puis chance bonne ou mauvaise) aiir* eûr* heur, fèria foire (e donne régulièrement oi).

b) Après S, C, T, le i palatal est ordinairement élidé, mais maintient au c ou f qui précède le caractère sifflant qu'il a déjà en latin.

Après S : ecdesia église, cerviûa cervoise. — Attraction très fréquente : basiare baiser, pJiasianus faisan, fnansioneni maison, fusionein foison.

Après C : adciata chaussée, faciès face, brachium bras. — Attraction : pliiceat plaise.

Après T, il faut distinguer deux cas : l** le ^ sifflant a la valeur d'un s fort (représenté par c, ç, s ou ss), ce qui a lieu chaque fois que /, dans le mot latin, est précédé d'une consonne ou d'une voyelle tonique : exaltiàre exaucer et exhausser, amiantes ancien, redetnptiôneni raançon rançon, cantionein chanson,/ricfiJwew frisson, benedidioneni beneïçon* (romand iewisoti\ fôrtia force ; — grdtia grâce, justUia justesse et justice, vitium vice. — 2"* Le f sifflant a la valeur de s faible après une voyelle atone, comme dans refutidre refuser; c'est le cas sur-

<1) Littré et Brachet dérivent ce mot du 1. dominarium, Aedominium. Le v. fi*, a en effetdon^i^T. etle romand dit encore dunffir, danger. L'étymoloftie indiquée dans le teite est celle qui a été adoptée par Diez, Et. Wôrt, H. 272. V. âusai Scnelier, Diot. ftétymol. franc. 1873.

64 HIATUS I»AR COMPOSITION OU PAR SYNCOPE §§ 2î>, 30

tout quand il y a attraction. — L'attraction est très fréquente (§ 26) : pretiàre pre/ser* priser, acutiâre aiguiser, piUeiis puits, putidre p. pideare puiser, palàAum palais, àtiostis o/seux, néptia* n/èce, et les mots en cdUnein^ cftiônenij comme ratiônetn raison, potiihiem poison (ratmi et potimi sont des mots savants).

c) Après les muettes G, D, P, B et la spirante V, le./ prend d'habitude la prononciation romane qui lui est particulière et la consonne qui précède tombe.

1° Après les douces g, d, b et r, le i palatal devient chuintante douce.

Après G : un seul exemple, exagium, qui a donné essai par l'attraction de i (cf. it. saggio).

Après D : diurnumj(mr^ de i/sg-we jusque, ordeum orge. — Attraction de i : modius muid.

Après B : catnbiare changer, rubeus ronge, tibia tige, sabhts pour sapius sage C). — Elision : debeo dois.

Après V : alveus au(/e, abbreviare abréger, cavea ca^e, diluvium délujfC, sahia saujre, serviente^n serjrent. — Elision : fluvitis fleuve. — Attraction : plnvia pluie.

2** Après la forte P, la chuintante douce devient forte, c'està-dire qu'en français j' devient cA : sapiam sac7«e, propim proche, mpea roche. Fipimiem pigreon, avec la chuintante faible, est inorganique (it. picciane, esp. pichmi).

b. Hiatus par composition.

§ 29 La juxtaposition de deux mots dans la composition latine ou romane a souvent produit des hiatus que l'on a évités au moyen de l'élision : coo])etîre couviîr, deaurare dorer, de-intus dans, de-unde dont, d'ond dans Marot, ante-annum antan* : Mais où sont les neiges d'antan? (Villon).

c. Hiatus par syncope de consonne.

§ 30 L'hiatus est souvent produit en français par la syncope de la consonne latine médiale, qui met en présence les deux voyelles jusque-là séparées, comme dans ca{t)éfia, seicyo-us. L'ancien français admettait cet hiatus sans difficulté (^ et ne l'annulait qu'exceptionnellement par l'intercalation d'un r : ;x>tére* pooir* pouroir, gradire* graïr* grarir, imbladare emblaer* emblarer, paradisus parais* parads* partis.

(i) S(tffe, que les anciens étymoloinstes (kisaient dériver, à tort, de sagao' ou de snpi' du», vient du mot sapius, qui a dft exister dans le latin populaire, puisqu'on trouve le négatif rwsapius dans Pétrone ; sapins a donné mlfiuê. »aviu9, d'où le v. fr. (oi'we (dans le U. de. Brut, I, 25) et 8a^^ (it. »aggio, esp. pg. sabio, pr. sabi, satge).

(2) V. Littré. Hist. II, 21 et suiv.

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