‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 55 sur 409 · La liquide R foime les groupes suivants · texte numérisé non relu

La liquide R foime les groupes suivants

— rr persiste ou se simplifie en r, ce qui a toujours lieu à la fin du mot : terra terre, ctirrere courir, can^m char.

— ri, m, rm persistent, sauf à la fin du mot où la seconde consonne tombe d'après la règle : mer(u)la merle, carnalis charnel, infernum enfer, firmare fermer, vermis ver.

— rs, rf, rv. Dans quelques mots, le v de rv se transforme en b ou s'élide ; à la finale, r de rs s'élide quelquefois, et rde rv devient toujours f : versare verser, ursus ours, dorsum dos, orjyJiantis orphenin* orphelin, cervim cervoise, cu^^vare courber, corvdlus corbeau, vervadum guéret, servas serf.

Le changement de v en b se trouve déjà dans plusieurs textes de la latinité : vervecem {berbecem dans Pétrone, berbicem dans Vopiscus) brebis, vervecarius (qui est déjà berbemrius au V* siècle) berger. Ce durcissement de la spirante v a quelque chose d'insolite ; car, dans le passage du latin au finançais, les articulations tendent à s'adoucir, surtout au milieu des mots, et les muettes fortes deviennent faibles ou même descendent d'un degré et passent aux spirantes (§ 32); le cliangement d'une spirante en muette est donc une permutation en quelque

Aybr, Grammaire comparée. 0

sorte rétrogiude et qui répugne au génie de notre langue; aussi en trouve-t-on bien peu d'exemples.

— rc, rg, rt, rd, rp, rt : furca fourche, carr(t)care charger, ver(e)cHndia vergogne, Jargtis large, cuHus court, vir(i)dis vert, corpus corps, turba tourbe. Le b descend à v dans : verbena verveine.

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