La liquide L forme les groupes suivants
— 11. A la médiale^ Il subsiste en général, souvent avec simplification en l : fallere falloir, gallina géline.Ily a peu d'exemples en français du mouillement de H, comme dans fallere faillir. A la finale^ Il se simplifie après a, /, o, h : cabaUus cheval, vallis val (^), sigiUum seel scel, ille il, mille mil, collum col, fcllus* fol, mdlis mol, nullus nul. La vocalisation de l par u ne se trouve plus aujourd'hui que dans les mots cheveu de capillus^ Ulos ils els* eux, ecceiUos icels*iceux* ceux, scmw, cow, fou^mou^ coexistant avec sre/, co/, fdy md. Le mot canalis a donné cJienal et cJmieaUj sans parler de la forme moderne canal. — Le groupe final ell devient eau : bellum bel beau (v. ci-après).
— Ij. Le y né d'un i atone mouille le l : filia fil je fille, pdea palje paille.
— Ir, In, Im, Is, If, Iv, le, Ig, It, Id, Ip, Ib. La règle générale est que l suivi d'une consonne se vocalise en u ; dans Ir il y a en outre insertion de d : mol(e)re moire* moldre* mourfre, ulna aune, cal{a)mu8 chaume, salsa sauce, falsus faux, deljjinnus dauphin, silvrtticus sauvage, bistnalra guimauve, fcdcon^i^ faucon, bulga bouge, cuUdlus couteau, dtus haut, cai{t)dus cliaud, faljxi taupe, alhus aube. Le / se change en ;• dans ulmus orme, remidcum remorque, et tombe dans iml{i)cem puce, fil(i)ccllu7H ficelle.
Voici (i'ailleiirs les diverses formes que présente cette permutation : i» Al devient au : alvea auge, aliquis unus aucun, art. al au, catafalcus' échafaud, et dans la conjugaison française : je vaux pour val», il faut pour fait; palus a donné pi€u (forme mod. pal).
2o El est devenu aUy eau^ dans : delphinxis dauphin, eleemosyna eVmosifna aumône, bellum l)eau, castellum château, pellem peau; et dans les nombreux diminutifs en ellus, comme : agnellua' ((.Vagntis) agneau, fascellum (fasciSy faix) faisceau, vitellus (vitulusj veau, etc. Melius a donné mieua;. L'ancien el s'est conservé comme forme accessoire iVeau : bel et beau, nouvel et nouveau.
(1) Au pUirinl, l f>o change n^gullèrement en u, ce que l'on doit sans doute A la présence d'une con8<jnn<«. (or) après / ; chpvmur = chcvaLr, luiux (dans l'expression par monts et fHir miur). Il en était autrement dans le vieux franfais, où l'on prononçait au singulier comme au pluriel chevuu^ quoiqu'on écrivit aussi cheval, cfieiHiLr. Un reste de cette prononciation se retrouve dans le mot chevttn-U^yer, ainsi que dans les locutions à iviM-*//»-rr;i*/e, A itau-l'ean, à vau-le-vent, vaudevUt«*, c'est-à-dire VaH-de-inrt\ contrée de la Normandie où Olivier Basselin composait, vers 1450, des chansons satiriques qui porténMil ce nom, et dans les noms propres VatUrnz (FYib«nirK>, Vttnscuon (NeuchAtel), etc. ^
La phonétique et les textes anciens s*accordent, selon G. Paris, pour prouver que el [êllusj est devenu eau en passant par la si^.rie èlf ècU, éàl, eati, eau (eôj, d'où soit tau ( — iô, picard, etc.), soit au ( — ô, français).
3* Il latin a subi le sort de el, le i en position s'étant permuté en e ; il devient donc au^ eau, dans : silvaticus sauvage, sigillum sceau ; — e, ou, dans 6ast« lica basoche, fili^Jcaria* fougère.
^ 01 latin devient on dans molitura mouture; — au dans voUulare* vautrer.
5° VI latin, comme ol, devient ou dans : ascultare* p. auscultare écouter, 8uU phur soufre,etc.; — au dans wiUurius vautour.