‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 61 sur 409 · Le C forme les combinaisons suivantes · texte numérisé non relu

Le C forme les combinaisons suivantes

— ce est traité comme un c simple devant a et se change en cli : vacca vache, sicca sèche, siccare sécher, ou se vocalise : bacca baie, bracca braie. A la fin du mot, il se simplifie en c : siccus sec, saccm sac.

— cr. Le c s'adoucit en g : acris aigre, en s dans cic(e)ra cisre* cisrfre* cidre (v. sr),ou se vocalise par i : plac(é)re plaire, lacr{t)ma lairme* lerme (devenu larme)^ ou disparaît entièrement : dic(é)re dire. Après r, le groupe cr syncope le c, d'où r^r^ et, avec épenthèSjB de rf, rdr : torquere torc're tor're torrfre.

(i) On simplifierait peut-être Tétude des coupes commen^iant par une muette en les elàmnt d'api'ès leur seconde consonne, c'est-à-dire en réunissant ensemble tuutes les combinaisuns dont le second élément est le même ; on obtiendrait ainsi, oatre les consonnes géminées ce, tt, pp et bb, les dix groupes suivants ; 1* cr, gr, tr, dr. pr^ br; ^ cl, gl, tt. dl, pi, bl; 3* cn^ gn, tn, dn, pn, (bn); h* cm, gm,tm, dm, pm, bm; 5' çj, gj, tj, dj, pi, bj; ©• C8, gs, t«, c/«, p9, bs; 7* cv, gv, tv, dv, (pv), bv; 8- te, de; &'ct, gt, dt, pt, bt; lu* (jfd, td, pu. C'est la méthode que nous avions suivie dans notre traité de phonologie ; mais il noiis a paru qu'il y avait encore plus d'avantages à procéder pour les muettes da la même manière que pour les liquides et les spirantes.

Après ?î, cr reste intact : vinc(é)re vaincre, cancrum chancre. Après Sy le c tombe et il y a épenthèse de t : cresc're cres're* croistre* croître.

~ cl. Le c s'adoucit en g : ecclesia église, aquila acla aigle, 8ec{à)le p. secàle seigle, aboc{u)lu8 aveugle, bii€(u)lare* (crier comme un bœuf, de bucuiusj taureau, dans Columelle) beugler, bac(u)lare (fermer une porte avec une barre de fer, de bacuim) bâcler; — ou il se vocalise en un / mouillant / : auric(u)Ia oreille, mac{u)h maille, firmac(u)him fermail, gi-acUis gi-aile* (d'où gi-mUer^ sonner du cor) ('). Le c de cl tombe dans le groupe ternaire sel : misc(u)lare mesler* mêler, mais il reste après r ou n : circ(u)lus cercle, aviinc(u)lus oncle; daJïB carhu7ic(u)lus escarboucle, le n tombe et cl reste. — Cl persiste aussi dans saec(uy lum siècle.

— en devient cr dans dhc(o)nus diacre; A.s,ji^ pect{i)^\eyn peigne, il y a chute noimale du t et mouillement du n pai* le c dur vocalisé en ?; dans dec(é)nare disner* dîner, le c a été remplacé par 8.

— cm est devenu sm : dec(i)ma disme* dîme.

— cj syncope le,; né du i atone : glaciam glacjam glace, cr//donem chausse (§ 28).

— es, c'est-à-dire x. La forme ordinaire en français est la vocalisation de c par /; devant une voyelle on redouble le s pour lui conserver son articulation forte : axila aisselle, c/>xa cuisse. Quelquefois le c ne se vocalise pas, mais s'assimile à s, d'où 88 ou s; c'est ce qui a toujours lieu devant une consonne : exagium essai, ju^tn jouste* joute, extraneus estrange* étrange, exclarare esclairer* éclairer, frax(i)yim fraisne* fi'ène. L'assimilation en pareil cas est ti*ès rare en français, et quelquefois elle n'est qu'apparente ; ainsi dans sex six (= sisse), fexere tistre ou tître, il y a d'abord eu adoucissement de c en /, d'où d qui s'est simplifié en i; c'est ce que prouvent les anciennes formes selx (encore aujourd'hui soixante), tdssur de t^or. — Dans le vieux français x est toujoui's réxluit à s«, et exilium devient essil. C'est encore ainsi que x se prononce dans quelques mots (v. § 53).

Le groupe cj$ est quelquefois renversé et devient se dont le 8 est syncopé, comme il a été dit plus haut : laxtis lascKs lâche.

— cv, c'est-à-dire qu^ laisse tomber le u (v): quota^ cote

(1) Graille (cor) esi venu de gracilis (clair, aigu), cumme clairon de clair. Diez, E. U , II, %29.

(§ 35), et dans qnelques mots le q : sequere serfre sivre* suivre, ciqua aqva ève* (cf. cr),

— et. Le c s'assimile ou s'adoucit en s et tombe : jadare jeter, ludari luter* lutter, amk(i)iatem amistijè* amitiéj ou se vocalise par i, même après un w : factus fait, tedum teit* toit, ledus leit* lit, pectm pis ; après n : sandus saint. — Dans quelques mots d se résout en ch : alledare* allécher, coadare cacher (^). Devant f atone, d devient g : fadionem façon (§ 28).

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