‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 69 sur 409 · U. Le û devient ou en français : vurban fourbir · texte numérisé non relu

U. Le û devient ou en français : vurban fourbir

Quand le u est long, il persiste intact, comme en latin : brut bru, ftrtîn brun, drûd dru, v. norois hûn hune, sctim écume, «crtra écuiîe, sûr sur (acide).

6. AI. A cette diphtongue gothique correspond d'ordinaire le V. h. ail. ei ou e, qui en est la condensation ; mais beaucoup de monuments conservent ai, qui est aussi très ft^quent dans les chartes franques du VP au -VHP siècle. Le français, comme l'anglo-saxon, ne fait ordinairement entendre dans cd que la voyelle accentuée : eivar afre, weidanon gagner; ai et e dans laido laid, néerlandais heister hêtre.

7. AU. La diphtongue gothique au, en v. h. ail. 6, ou, vieux norois au, anglo-saxon ed, a été traitée à peu près comme le au latin et est devenu en français o, o/, ou : hônjan honnir, lotiba loge, roubon raubare* dé-rober (le substantif verbal rauba a donné robe, produit du pillage, dépouilles, d'où postérieurement le sens général de vêtement, qui s'est spécialisé au sens de robe proprement dite), goth. kausjan choisir, houfca houe.

Consonnes.

§ 41 1. Les liquides se maintiennent partout : R : rato rat, harinc hareng, néerl. soor (desséché) saur. L : Usta liste, diza alise, stal étal.

N : mch (conduit) noue, fano fanon, bamuin ban. Epithèse de d : alaman allemand, uordtnan nonnand.

H : inos mousse, scûm écume. M final devient quelquefois n : ram ran (bélier, dans les patois).

3. Les spirantes se maintiennent également, mais avec des modifications de son :

§ 41 CONSONinss 98

H persiste à Tînitiale sans aucune exception : hacco hache, haga haie, hadil haillon, etc.; il disparait à la médiale.

J prend à l'initiale le son chuintant, comme le j latin ; mais ce cas se présente rarement : vieux norois jôl joli.

S se maintient partout : sal salle, hasa hase, goth. rmis ros* (d'où roseau).

V, W. Le signe gothique était un v simple, le signe de l'ancien haut allemand un w^ dont la valeur était celle du te anglais. Nous avons déjà dit que ce w est devenu en français gu (avec un u devenu muet) ; mais ce changement ne fut régulièrement appliqué qu'à l'initiale : imrjan guérir, teisa guise, werra guerre, trartien garnir, welk (faible) gauc* gauche (en it. la main gauche s'appelle manca^ main estropiée, ou aussi stwwa, main lasse) (§ 34).

F persiste : fano (morceau d'étoflfe) fenon, grifan griflfer, skif esquif.

3. Les mueUes allemandes, comme les explosives latines, se conservent à l'initiale, mais subissent souvent la syncope au milieu ou à la an des mots.

E. La gutturale forte, devenue au milieu et à la fin des mots une aspirée dans l'ancien haut allemand, n'a point été traitée par le français de la même manière que la lettre latine correspondante.

a) En français k reste gutturale forte devant Oy u ou une consonne, et à la finale : m. h. ail. koU cotte, frison $kot écot, skûm écume.

b) Devant a, e, i, le k se change d'habitude en ch; dans les mots latins, ce son ch se restreint au groupe ca, parce que, quand ch s'est formé, ce et ci n'avaient déjà plus la même valeur que ca : kamh choue*, d'où chouette et chouan* (auj. chathuant), goth. kamjan choisir, skepeno scabimis* échevin, skina échine. Mais il ne manque pas de cas où la gutturale persiste : skal écale, kid quille, néerlandais kaaken quaquer* caquer, skiuhan esquiver. L'exception atteint principalement les mots d'origine postérieure (c'est-à-dire introduits après la période franque), norois aussi bien que néerlandais, parmi lesquels il faut placer aussi les mots composés avec -quin^ comme bouquin (néerl. boeckin^ petit livre), mannequin (néerl. maneken^ petit homme). Dans d'autres cas le français a donné la préférence à la douce, qui, finalement, se résout en i ou s'évanouit : v. noirois brak brai.

(}. La gutturale douce gothique s'est élevée au k en v. h. ail. En français la chuintante douce est la forme dominante

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