‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 68 sur 409 · VOYELLES · texte numérisé non relu

VOYELLES

cipalement en Italie. C'est vers cette époque justement que ces mots empruntés apparaissent dans le bas latin, ou, ce qui prouve encore mieux leur extension, sont désignés par les écrivains comme des expressions de la vie commune. Pour la France, il faut noter une troisième classe de mots. Au X* siècle, une nouvelle population germanique, les Normands, vint s'établir au nord-ouest de ce pays. Ils oublièrent, il est vrai, leur iangue, appelée par les écrivains de cette époque dacisca (danoise), avec tant de facilité, que déjà sous le second duc, Guillaume I®', on ne la parlait plus que sur les côtes ; cependant elle a laissé en français des ti^aces qui ne sont pas tout à feit insignifiantes, et parmi lesquelles on doit compter beaucoup de termes de marine.

« D'après ce qui vient d'être dit; nous devons nous adresser, pour l'appréciation de l'élément allemand ou germanique, à la plus pure et à la plus ancienne forme linguistique, le gotliique. Nous sommes obligés, il est vrai, de puiser nos matériaux surtout dans l'ancien haut allemand, qui est une source infiniment plus abondante, et parfois aussi dans l'anglo-saxon, le Mson, le néerlandais, le norois, mais il faut alors se reporter toujours en esprit à la forme gothique (^) ».

Voyelles.

1. A persiste ordinairement et ne devient pas e, comme le a latin : hahn cane (dans l'ancien français bateau^ c'est le sens qu'il a conservé dans le diminutif vanot^ puis canard^ animal flottant sur l'eau comme un bateau), elaho élan, Imso hase, soi sala* salle.

2. E persiste en général : brehha brèche, halsherc halsberga* haubert, lecchon lécher, trerra guerre.

3. 0 se maintient également : Uoc bloc, orgd orgueil, rostjan rôtir, vieux norois skot écot, waso gazon. — On ne peut citer qu'un petit nombre de diphtongaisons, qui s'appuient aussi bien sur le ô gothique (v. h. ail. 6, no) que sur le ô v. h. ail. : mord (goth. matirthr) meurtre, valf-stuol fauteuil, tmotar (goth. fôdr) feurre.

(i) Diez, auquel nous empruntons ces lignes, a consaci'é tout un chapitre à l'histoire des lettres allemandes dont nous reproduisons ipi les traits essentiels, v. Gr,t I, 2B3 et s. Les exemples cités sans qu'il soit fait mention de la langue appartiennent à l'ancien haut allemand. Pour beaucoup de ces mots qui ont été latinisés par les Gallo-Romains, nous avons donné la transcription latine (indiquée par l'astérisque), qui a été l'iutennédiaire naturel de leur passage au français.

92 CONHONNES §41

4. 1. SoQs î, il faut ranger aussi bien le goth. et le v. h. ail. i que le goth. al et le v. h. all.é*. Ce son est or^airement représenté en français pare, comme le i latin : siniscalli sénéchal, goth. listeigs leste. Mais il y a aussi des cas, qui sont loin d'être rares, où ce i conserve sa forme, alors même qu'en v. h. ail. il s'est déjà en partie affaibli en e : hnkchan nique et niche, skif esquif, spehon épier, skerran eschiier* déchirer.

Le î allemand (qu'Ulfilas exprime par le groupe et) s'est Dmintenu partout, comme le i latin : g^e gigue, grîs gris, itca if, Itsta liste, rîhhi riche, irfsa guise.

Page 1