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CONSONNES

devant toutes les voyelles : ga^ien jardin, garha gerbe, gère glro* (pan de tunique) giron. La gutturale douce persiste dans : anglo-saxon gcfful (impôt) gabelle, wâg vague, et s'adoucit en / dans hag haie.

T se maintient dans la plupart des cas : neerl. tm (propr. tas de blé) tas, goth. tafmji tirer, anglo-saxon bât bat* bateau, anglo-saxon béutatij moyen h. ail. bôzen bouter, d'où bout, bouton, et le V. fr. hoty crapaud, etc. Il est rare que t s'adoucisse en d : V. norois mata (attirer par un appât) amadouer (d'où amadou) ou disparaisse : hatan hadir* haïr, néerl. roten rouii\

Z. Cette consonne composée s'est simplifiée en s fort {ss, c) : bletzen blesser, krebiz écrevisse.

D. La linguale douce rf (devenue en v. h. ail. 0 s'est un peu mieux conservée que le d latin : bitiJ bedeau, râd guède, moyen h. ail. lade laye* layette, m. h. ail. lifoder leun-e.

TH (que possédaient tous les anciens dialectes de la famille germanique, et que seul le v. h. ail. a modifié ou restreint au profit de la douce g) est devenu en français t à Tinitiale : dahii pour thas taisson, v. norois tkilM tillac ; à la médiale on trouve partout la douce d qui s'affaiblit en i ou tombe : brod hnxlum* brou* (d'où brouet), brut brny* bru, etc.

P (v. h. ail. Pj pA, pf), qui est rare à l'initiale, reste partout intact : pfetzen pincer, lappen laper, sfihopjmi échoppe.

B. La douce gothique, que le haut allemand, dialecte plus dur, a élevée à la forte, reste habituellement intacte, mais en s'adoucissant quelquefois en /; au milieu des mots, comme le b latin : rouf)on dé-rober, diâni étuve, gramn graver.

4. Les cotnhinaisom de consonnes subissent en général le même sort qu'en latin.

a) Quand la prernihe consonne est une liquide^ elle se maintient, mais / devient ii et n ou /«nasalise la voyelle précédente : goth. maihihr meurtre, marcha marche, hatiJaH hardir* (d'où hardi), hdm heaume, ba)ic banc; rb devient /6, d'où ub dans : her(f)berga (campement militaire) herberge* helberge* alberge* auberge.

b) Quand la première consonne est une spiranfe^ elle forme des groupes variés dont voici les plus remarquables :

HR, HL, HN, à l'initiale. Le h est supprimé, ou transformé eu /*, ou séparé de la seconde consonne par l'insertion d'une voyelle : v. norois hreinsa rincer, hlancha flanc, hnapf hauap.

HT, groupe médial et final, se change en #, parfois en if et coirespond ainsi tout-à-fait au latin (fz/V-^A fret, ?ra///ew guetter.

§ 42 DE l'orthographe 95

se, ST, SP, SL, SN, SM. A l'initiale il y a prosthèse de e, comme pour le latin se, stj sp ; mais le groupe d intercale ordinairement un c ou une voyelle entre les deux lettres : skifia (épine) échine, stal étal; spehen épier, dave esclave, dope salope, néerl. sloep chSklouj^GySchiappJian chenapan, stnelz émail. A la médiale, il y a toujours syncope du $ : lisca laîche, first (la première, la plus haute, s. e. poutre) feste* faîte (jfre's/eenprov., fritiia en romand) (^).

c) Quand la première consonne est une muette^ elle se maintient à l'initiale devant r et / : krippea crèche, krazon gratter, (/rrtiaw graver, ^ropo trappe, dra^co/î drêche,//7'sca fraîche, neerl. Hinken clinquer* (d'où clinquant), n^exï.klappen clabaud, neerl. j^ifs^» glisser, Uanch blanc; à la médiale, il y a en général syncope de la muette : gotli. fôdr forre*, d'où fourrage, fourreau. — La muette suivie de l donne souvent un l mouillé : m. h. ail. hadd haillon, neerl. quakde qnnquilà^ (tdiiWe^ Are^Ci^Z quille. — Le groupe kn a été dissous par l'insertion d'une voyelle : landsknecht lansquenet, ktieif canif, kneii)e guenipe.

J) Après /, M, m, la spirante^' (/) persiste : goth. skalja écaille, harmjan hargner* (d'où liargneux), minnia mignon; aprè3 les autres consonnes, j passe ordinairement à la chuintante douce ou forte : hurjan bourgeon, goth. vadi^ génit. ladjis gage, laiibja loge, krippeu^ c'est-à-dire kripja crèche.

Section III. — LES LETTRES FRANÇAISES

AHicle 1. — Emploi et valeur des lettres françaises'

DE l'orthographe

1. On disait autrefois plus coiTectenient Votihographie^ graphie désignant toujours la science et graphe le savant : la géographie et un géographe^ la calligraphie et un calligraphej etc. Quoi qu'il en soit, l'orthographe ou l'orthographie est cette partie de la grammaire qui traite de Vemiitoi des lettres pour signifier les sons, ou, selon la définition ordinaire, c'est la manière d'écrire les mots d'une langue, selon Tusage établi et les règles de la grammaire. Elle consiste :

a) A écrire chaque mot dans son état simple avec les lettres ou les signes phofiétiqu es dont il doit se composer; c'est ce qu'on appelle ordinairement Votihographe d'usage.

(I) V. sur cette «^tymologie une nutp de M. G. Paris, dans la Rouwnia, I, 9«.

M DB l'orthographe Ç 42

b) A écrire les mots variables [avec les modifications qui leur sont propres, modifications qui a tteignent le plus souvent la terminaison (par ex. le cha^it, les cJiants ; il chnntsÀt, je chanfai), mais quelquefois aussi le radical des mots {mourir^ je meurs) ; cette partie de Tortliographe porte le nom A'orihograiihe de principes ou à.^ orthographe grammaticale.

2. L'orthographe de principes s'appelle aussi oiihographe relative^ parce que c'est la manière d'écrire les mots selon la relatiofi ou le rapport qu'ils ont dans le discours, abstraction faite de la forme qui leur est propre. C'est l'orthographe des terminaisons des mots vaiîables, dont la grammaire enseigne l'origine et l'emploi dans des règles précises ; c'est pourquoi on l'appelle aussi orthographe de règles ou de principes.

Cette orthographe ne dépendant que des règles de la grammaire est certaine et ne peut pas nous induire en erreur. C'est une règle génémle que les substantif et les adjectifs font leur pluriel en s, quelcpies-uns en x, que le féminin se forme en ajoutant un e et que la terminaison des verbes varie selon le temps, le mode et la personne. Tout cela est du ressort de rétymologie ou premiéi*c partie de la grammaire et ne présente aucune difficulté; avec un peu d'attention on est sûr de ne pas s*y tromper. U n'en est pas tout à fait de même des règles de concordance que donne la syntaxe, grâce aux subtilités que se sont plu à y introduire la plupart des grammairiens; mais il est facile de débarrasser la syntaxe de toutes ces subtilités et de réunir en quelques pages toutes les règles concernant l'accord des mots, ainsi que nous avons essayé de le faire dans notre Grammaire élétnentaire de la langue française (p. i2i à 13i).

3. L'orthographe d'usage est ainsi nommée parce que, ne dépendant pas des règles de la grammaire proprement dite, l'usage semble en être le seul régulateur. Cependant cette partie de l'orthographe n'est pas plus arbitraire que l'autre, et il vaudrait mieux l'appeler orthograplie absolue, puisque c'est la manière d'écrire les mots absotumetit, c'est-à-dire setilsj isdésj tels qu'ils sont dans les dictionnaires, en particulier dans celui de l'Académie.

L'orthographe des mots dépend essentiellement de la nature des 807ÏS ou des éléments matériels qui les constituent. On appelle orthographe rationtidle ou phonétique la manière de représenter ces sons de la langue, soit par des lettres, soit par d'autres signes, appelés ortJiographiques, selon les règles propres à la phonétique française. Mais, en français, l'orthographe n'est pas toujours la représentation fidèle de la prononciation; comme, en général, c'est l'origine du mot qui en détermine l'écriture, cette orthographe étymologique est souvent en désaccord avec l'orthographe rationnelle. Ainsi, par exemple, les trois premiers sons du mot chapeau sont représentés régulièrement par les lettres ch, a, x>, qui, en français, ont pour valeur propre de servir à marquer ces sons ; au contraire, le son final

§42 DR r/ORTrTOfîRAPHR 1)7

n'est pas rendu par son signe propre o, mais bien par la combinaison de voj'elles eau, à cause de l'étymologie, la forme ancienne de rhapeau étant cha])el (§ 38).

•i. Quant aux lettres dont on se sert en français pour marquer les divers sons de la langrue, elles sont en général étymologiques^ c'est-à-dire données par l'étymologie latine ou romane. Elles sont ét3'mologiques même quand elles ne sont pas de provenance latine, si elles ont été introduites dans l'ancienne langue en application des lois de la phonétique française, comme d dans peindre, et t dans crottrcy où la consonne linguale ou dentale rf et f a été intercalée pour cause d'euphonie entre n et r : pein-Arre, ou entre .s et r : crois-t-re, d'où croître (§38).

Mais les lettres qu'emploie notre orthographe ne sont pas toutes étjmologiques; il y a en outre des lettres dites serviUi<y ce sont celles qui, ne se prononçant pas, ne servent qu'à donner à la consonne ou à la voyelle qui précède telle ou telle prononciation, comme les voyelles e dans gageure^ et u dans g\xide (v. § 54), et les consonnes t, l ou w, quand elles sont redoublées après un e ijejette^ appeU^^ rienve (v. § 55).

EtjTuologiques ou non, les voyelles et surtout les consonnes sont quelquefois des lettres complètement parasites, qui ne se prononcent pas et qu'on appelle pour cette raison vo}'elles ou consonnes muettes^ comme «dans aa/îf, ;)dans appauvrir ^ n dans tonner^ etc.

5. Les signes orthographiques étaient inconnus au vieux français et ne remontent qu'au XVP siècle. Ces signes, qui suppléent jusqu'à un certain point aux lacunes et aux défectuosités de notre orthographe, sont des caractères qui servent à marquer tantôt le son (signes phonétiques) et tantôt la forme (signes fortnftfifs) des mots.

a) Les signes phonétiques sont : les accents écrits (v, § 50), le tréma (§ 46), la cédille (§ 54) et V apostrophe (§ 51).

h) H n'y a qu'un signe formatif, c'est le trait (Punion (-) qu'on place entre les parties constitutives d'un mot composé, comme chef-<rœurre^ c^est-à-dire, dix-sejnt, ou entre deux ou plusieurs mots tellement unis qu'ils semblent n'en former qu'un au«point de ^iie de l'accentuation, comme viens-tu ? allez-vous-en^ etc.

On emploie encore le trait d'union pour joindre les sj'llabes des mots que l'on partage à la fin des lignes : fai-re.

Aykr. Grjmwaii'c comparût.

96 de la prononciation § 48

De la prononciation.

1. La prononciation nous fait connaître la valeur des lettres et des autres signes employés pour exprimer les sons. Si la langue a varié dans les mots mêmes qui la constituent, à plus forte raison a-t-elle varié dans la prononciation qui, de soi, est plus fugitive et qui d'ailleurs est plus difficile à consigner par l'écriture. Quoiqu'on puisse soutenir avec Génin (^) qu'en gros cette prononciation nous a été transmise traditionnellement et que les sons fondamentaux du français ancien existent dans le français modeme, il est certain aussi que la manière de prononcer les lettres s'est modifiée d'un siècle à l'autre, principalement sous l'influence de l'orthographe.

Ainsi la prononciation est intimement liée à l'orthographe. « Ce sont, dit Littré, deux forces constamment en lutte. D'une part il y a des efforts grammaticaux pour conformer l'écriture à la prononciation ; mais ces efforts ne produisent jamais que des corrections partielles, l'ensemble de la langue résistant, en vertu de sa constitution et de son passé, à tout système qui en remanierait de fond en comble l'orthographe. D'autre part il y a, chez ceux qui apprennent beaucoup la langue par la lecture sans l'apprendre sqffisamment par l'oreille, une propension très marquée vers l'habitude de conformer la prononciation A l'écriture et d'articuler des lettres qui doivent rester muettes. Ainsi s'est introduit l'usage de faire entendre le s de filSj qui doit être prononcé non pas fi^y mais fi ; ainsi le mot lacs (un lien), dont la prononciation est ^1, devient, dans la bouche de quelques personnes, lak^ et même laks\ On rapportera encore à l'influence de l'écriture sur la prononciation l'habitude toujours croissante de faire sonner les consonnes dou- ^bles : ap^-pe-ler^ sam^-met, etc.«>

Littré cite d'autres exemples de cet empiétement de l'écriture sur les droits de la prononciation. Autrefois on prononçait non secret, mais segret; aujourd'hui le c a prévalu. Dans reinedaude la lutte se poursuit, les uns disant reim-daude, les autres reine-glatide, conformément à l'usage traditionnel. Second luimême, où la prononciation du g est si générale, commence à être entamé par l'écriture, et l'on entend quelques personnes dire non segondj mais sekon. Il est de règle de ne pas prononcer le f final des mots hoetif^ nerf, œuf, quand ces mots sont employés au pluriel : beaucoup de personnes violent cette règle et font sonner le f au pluriel comme au singulier.

(1) V. Variations du langage français depuis le XII* siècle, 18M.

§ 43 DB LA PRONONCIATI01T ^ 99

€ n est un autre point par où notre prononciation tend à se séparer de celle de nos pères et de nos aïeux, je veux dire des gens du XVIIP et du XVIP siècle : c'est la liaison des consonnes. Autrefois on liait beaucoup moins ; il n'est personne qui ne se rappelle avoir entendu les vieillards prononcer non les Etâ^Z' Unis, mais les Etâ- Unis. A cette tendance je n'ai rien à objecter, sinon qu'il faut la restreindre conformément au principe de la tradition, qui, dans le parler ordinaire, n'étend pas la liaison au delà d'un certain nombre de cas déterminés par l'usage, et qui, dans la déclamation, supprime les liaisons dans tous les cas où elles seraient dures ou désagréables. Il faut se conformer à ce dire de l'abbé d'Olivet : « La conversation des honnêtes gens est pleine d'hiatus volontaires qui sont tellement autorisés par l'usage, que, si l'on parlait autrement, cela serait d'un pédant ou d'un provincial, d

€ Dans la même vue on notera que, dans un mot en liaison, si deux consonnes le terminent, une seule, la première, doit être prononcée. Ainsi, dans ce vers de Malherbe : La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles, plusieurs disent: la mor-t-a... mais cela est mauvais, il faut dire : la mor a. Au pluriel la chose est controversée ; il n'est pas douteux que la règle ne doive s'y étendre : les tnor et les blessés; mais l'usage de faire sonner le 8 comme un z gagne beaucoup : les mor-z et les blessés; c'est un fait, et il faut le constater » C).

En résumé, selon Littré, le mal vient de la tendance générale qu'on a, de nos jours, à conformer la prononciation à l'écriture ; car, dit-il, dans une langue comme la nôtre, dont l'orthographe est généralement étymologique, il ne peut rien y avoir de plus défectueux et de plus corrupteur qu'une pareille tendance.

2. On peut, en élargissant la question, poser comme principe général, que toute prononciation qui viole une des lois phonétiques de notre langue est vicieuse et devrait être condamnée, fût-elle approuvée par les autorités les plus respectables.

a) n est une loi bien établie en français, c'est qu'il ne peut pas y avoir de voyelle longue en dehors de la syllabe accentuée. Il n'est donc pas permis de prononcer les mots en aiian comme si le a était long. Par la même raison on proscrira la prononciation 6 de au partout où cette monophtongue est atone, par ex. dans autel^ auberge, etc. (§ 19).

(i) Uttré, Dict. de la Utrtgue pr., préface, p. xii et s.

!'•:. ^ I>K LA PnOXONClATEON §48

h) Une autre loi phonétique propre à notre lang:ue n'admet deux consonnes de suite que lorsque la seconde est un r ou / précédé d'une muette, ou que la première est une des liquides r, /, >/, »/, terminant la syllabe ( § IG). Les mots savants échappent à cette loi; ainsi on prononce exclure en faisant sonner les quatre consonnes consécutives csr/, ce (pii est une énormité en français (M. ( -'est aussi évidemment en distinguant les mots savants des mots populaires que TAcadémie et tous les dictionnaires, j- compris celui de Litti'é, ont fait deux catégories de consonnes (loubles, selon qu'elles ne font entendi-e qu'un son, connue dans apprff^r, flamxae, aller, ou qu'elles se prononcent l'une et l'autre, comme dans a'p'pcfenre, immaailé, tÛnstre; ces dernières ne se pi*ésentent que dans des mots de formation savante. Mais comment prononce-t-on la double consonne en pareil cas ? c'est ce qu'on ne dit pas, et pourtant il est bien certain qu'on ne peut émettre deux fois de suite le même son-consonne, par exemple// dans illustre, sans séparer les deux articulations par une voj'elle, si faible qu'elle soit, comme le e nmet dans le lu^ire (^).

c) Enfin il est de règle que les consonnes finales sont muettes, sauf dans la liaison des mots (§ 16). Or l'usage a déjà consacré de nombreuses exceptions à cette règle. Ainsi aujourd'hui le f est toujours sonore à la fin des mots, le / presque toujoui-s et le /• dans un très gi-and nombre de cas (v. § 56). Ces exceptions sont regrettables, parce qu'elles sont contraires au génie de la langue; mais il y a une tendance générale à en augmenter le nombre, et beaucoup de personnes font entendre contre t^Mite raison la finale de mœura^ but, cep, bourg et de bien d'autres mots encore.

3. L'Académie nous donne Torthogi-aphe de chaque mot usuel, mais elle ne nous en indique la prononciation qu'exceptionnellement, a L'Académie, disait déjà la préface de la première édition du dictionnaire (1694), serait entrée dans un détail très long et très iimtile, si elle avait voulu s'engager, en

(t) Cf^piMiduiil Malvin-Cazal Iiii-ni^nie, anqut^l on peut reprucIuM* tout, particulièienient la teiiduiico dti coiifurmei^ lu prononciation à récriturf^, est ol)liK^ de i-econnaiti-ea pi-opos de la lettre jt que : f Dans la convei'sation et la lecture familièiv, TusaKe cbang<> en 8 la double ailiculation c*, lorstju'elle est suivie d'une ou de plusieurs consonnes, ot l'on dit esriiser, etc. f (Malvin-Caznl, Pronu}tciation df* la langue fronçam* au XIX' nii}cle, IS'iO, p. 470).

(2; On lit dans le Couru supérieur d** (framniaire(p. 38) de D. JuIIien. le collaborateur de Littrô : « Dans h's mots où le doublement de la consonne doit éti*e entendu, on ]x»ul direuue lapivmière consonne ne se )>runonoe pas du tout: la seconde seule est prononcée: la première est remplacée par un i>etit retaiii ou silence avant l'explosion d«» la seconde. » Kt Jullien cite comme exemple le u\oi hnnuftutr, (ju'il fait pn>noncer ainsi : i...»f)'VfMe. SingulitM*e prononciation que celle qui coui»e ainsi un mot en deux, qui n'ont pas plus d»' sens l'un que l'autre! Ne vaudrait-il pas mieux poser une fois po\u- toutes la Wîgle que l'on ne iirononce pas les doubles coiisonn»*s, .«vauf tvet ng quand ils sont suivis do I ou de *• I V. § 56) •?

§ 48 DE LA PRONOXriATIOX l'H

faveur des étj*angers, à donner des règles de la prononciation. y> Sur quoi un gi-ammairien de l'époque, De la Touche, faisait remarquer très justement : <ï Comme rien ne pai-aît plus nécessaire que de fixer la prononciation dans les mots où elle peut être douteuse, on s'était persuadé que MM. de l'Académie le feraient avec toute l'exactitude possible, et qu'ils la détermineraient d'une manière à ne laisser plus aucune difficulté considérable. Mais on a été fort surpris de voir qu'ils ont négligé un article si important, sans quoi leur dictionnaire ne peut être que défectueux. Il ne s'agissait pas, comme ils le prétendent, de donner des règles aux étrangers seulement. La plupart des Français en ont autant besoin qu'eux dans une infinité de mots, et nos savants académiciens sont une bonne preuve que les plus habiles mêmes ne s'accordent pas toujours en ce pointlà. Il est vrai qu'ils ont donné quelques règles sur certaines lettres; mais c'est si peu de chose qu'on n'en est guère plus éclairé, et l'on demeui-e généralement dans le même embarras où l'on était auparavant d.

La fin de non-recevoir opposée par l'Académie en 161)4 est encore reproduite en ces termes dans la préface de la septième édition de son dictionnaire (1878) : « On n'apprend pas la prononciation dans un dictionnaire ; on ne l'y apprendrait que mal, quelque peine qu'on se donnât pour la représenter aux yeux. Les signes propres manquent ordinairement pour l'exprimer, et les signes qu'on inventerait pour les remplacer seraient le plus souvent trompeurs. La bonne prononciation, c'est dans la compagnie des gens bien élevés, des honnêtes gens, comme on disait autrefois, qu'il faut s'y façonner et s'en faire une habitude. Quant aux étrangers, ils ne l'apprendront qu'en parlant la languie dont ils veulent se rendre l'usage familier avec ceux qui la parlent de naissance et qui la parlent bien d.

Cette expression les honnêtes gens dont se sert l'Académie, un célèbre grammairien du deniier siècle, Dumarsais, l'avait employée en définissant le bon usage <r la manière ordinaire de parler des honnêtes gens de la nation, j'entends les personnes que la condition, la fortune ou le mérite élèvent au-dessus du vulgaire, et qui ont l'esprit cultivé par la lecture, par la réflexion et par le commerce avec d'autres personnes qui ont ces mêmes avantages, d C'est dans le même sens que Féline, auteur d'un Dictionnaire de la prononciation delà langue française (1851), disait : « Ce qui m'a déterminé, c'est l'usage le plus général, celui de la bonne compagnie qui devait prévaloir, d Mais, fait remarquer M. Charles Thurot, que faut-il entendre par la bonne ccmpagnie? Ce mot avait un sens précis du temps du premier

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