‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 74 sur 409 · L : //sto liste, eliza alise, stal étal · texte numérisé non relu

L : //sto liste, eliza alise, stal étal

N : nôch (conduit) noue, fano fanon, bamian ban. Epithèse de d : alaman allemand, nordman nonnand.

M : mos mousse, scûm écume. M final devient quelquefois yi : ram ran (bélier, dans les patois).

2. Les spirantes se maintiennent également, mais avec des modifications de son :

§ 41 COXSONNISS 98

H persiste à l'initiale sans aucune exception : hacco hache, Ao^ff haie, }iadil haillon, etc.; il disparait à la mèdiale.

J prend à l'initiale le son chuintant, comme le j latin ; mais ce cas se présente rarement : vieux norois jôl joli.

S se maintient partout : sa/ salle, hasa hase, goth. ram ros* (d'où roseau).

V, W. Le signe gothique était un v simple, le signe de l'ancien haut allemand un w, dont la valeur était celle du tr anglais. Nous avons déjà dit que ce ir est devenu en français gu (avec un w devenu muet) ; mais ce changement ne fut régulièrement appliqué qu'à l'initiale : warjan guérir, ttisa guise, we)'ra guerre, ncamen garnir, wdk (faible) gauc* gauche (en ,it. la main gauche s'appelle tnanca, main estropiée, ou aussi stmica, main lasse) (§ 34).

F persiste : fano (morceau d'étoflfe) fanon, grifan griflfer, skif esquif.

3. Les muettes allemandes, comme les explosives latines, se conservent à l'initiale, mais subissent souvent la syncope au milieu ou à la an des mots.

E. La gutturale forte, devenue au milieu et à la fin des mots une aspirée dans l'ancien haut allemand, n'a point été traitée par le français de la même manière que la lettre latine correspondante.

a) En français k reste gutturale forte devant o, u ou une consonne, et à la finale : m. h. ail. koU cotte, frison skot écot, skûm écume.

b) Devant a, e, i, le k se change d'habitude en ch; dans les mots latins, ce son ch se restreint au groupe ca, parce que, quand ch s'est formé, ce et ci n'avaient déjà plus la même valeur que ca : kauch choue*, d'où chouette et chouan* (auj. chathuant), goth. kausjan choisir, skepeno scabimis* échevin, skina échine. Mais il ne manque pas de cas où la gutturale persiste : skal écale, kiol quille, néerlandais kaak^n quaquer* caquer, skiuhan esquiver. L'exception atteint principalement les mots d'origine postérieure (c'est-à-dire introduits après la période franque), norois aussi bien que néerlandais^ parmi lesquels il faut placer aussi les mots composés avec -jum, comme bouquin (néerl. boeckin^ petit livre), mannequin (néerl. maneken, petit homme). Dans d'autres cas le français a donné la préférence à la douce, qui, finalement, se résout en i ou s'évanouit : v. noirois brak brai.

(}. La gutturale douce gothique s'est élevée au k en v. h. ail. En français la chuintante douce est la forme dominante

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