‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 77 sur 409 · I. Voyelles pures · texte numérisé non relu

I. Voyelles pures

1. Il y a en français sept voix pures : or, e^ /, o, «/, ou, u, que Ton peut grouper comme suit :

ou

2. Chacune des voyelles supérieures a, e, o, eu, est ouverte quand elle est suivie d'une consonne prononcée, et fermée quand elle termine la syllabe ou qu'elle est suivie d'une consonne devenue muette (^.

3. Les voyelles françaises sont simples, comme a dans amiy ou composées, comme ai dans flrwfe, au dans pamne.

A. Voyelles simples.

1 . Les voyelles a, e, i, o, u sont appelées voyelles simples, parce qu'elles sont exprimées par des signes simples.

La lettre e sert à marquer deux sons, savoir : le e proprement dit, ou e sonore^ et le e faible^ autrement dit e muet, dont le son se rapproche de eu faible.

La division des syllabes permet de distinguer facilement si le 6 est muet ou sonore.

a) Le e terminant la syllabe est muet : j>e'ti-te torttie,

(V De la prononciation française depuis le XVI siècle, tome I, p. cm. (2) C'est la règle générale telle qu'elle a été formulée par G. Paris dans la Homania, X, 40. Pour les détails, nous renvoyons aux traités spéciaux de prononciation.

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Les sigQfifi de flexion • et nt ne comptent pas ; ainsi, dans robe (a) neuvefêj, tu aime(9), iU chantelnt)^ e est muet ; mais le a rend sonore le e des mots le$, des, mea, tea, aea, ces.

b) Le Cj quoique terminant la syllabe, est sonore quand il est surmonte de l'un des signes orthographiques appelés accents : il révérey U6me.

c) Le e est toujours sonore quand il ne termine pas la syllabe : pes'te^ dessert. Aussi un moyen fort ancien de marquer le e sonore a ètè de doubler la consonne suivante, surtout à Tèpoque où les accents étaient inusités, c'est-à-dire jusqu'à la fin du XVI* siècle.

Toutefois e suivi de as est muet : !<> dans les mots composés dessus, dessous; — 2« dans les mots commençant par le préfixe re coTavae ressaisir, ressembler, reaaentir, ressource, etc., excepté ressusciter, où e de re est sonore.

2. A est ouvert, comme dans &a/, at*^, cheirme, peLst^ur^ ou fermé, comme dans bras, am», bSiseLne, psiresse.

La lettre a représente : i^ le a accentué latin en position : art de artetn (§25); en quelques cas le a atone : ami de donicus (§ 27) ; — 2* plus rarement encore, i ou e atone, généralement devant une liquide : paresse de pigritia, farouche de ferocem (§ 27), et, dans quelques mots, le e accentué : par de pw , lézard de kicwrta, lucarne de lucerna.

3. E sonore est ouvert ou fermé, d'après les règles suivantes :

a) Dans la syllabe atone, le e est fermé ou ouvert selon qu'il termine ou non la syllabe : périr, général j espoir, persil, successif.

b) Dans la pénultième accentuée, le e est toujours ouvert, soit long, comme dans fête, peste, terre, soit bref, ce qui est toujours le cas quand il est suivi d'une consonne double autre que r : secte, messe, beUe, selle (§ 19).

c) Dans l'ultième ou dernière syllabe accentuée, le e est ouvert devant une consonne sonore et même devant s ou ^ muets : chef, fer, autel, procès, gilet, et il est fermé quand il est final ou suivi d'une consonne muette autre que son t : chanté, chanter, assez, nez, pied, def. On distingue aussi; d'après le son ouvert ou fermé de e, les mots jouet et jouer, cachet et cacher, cochet et cocher, près et pré, net et 7iez.

Le e sonore, quand il est atone, vient de e, de i ou de a latins : évêque de ppiscopus, vêtement de vBstimentum, merci de mercedem, béton de bUumen, déluge de diluvium, lézard de lacertum, hermine de arminia (§ 9J), ou bien il a été ajouté à se, st, sp : échelle de scala (§ 38). Quand il est accentué, il dérive : i*^ de e ou de t latin en position, et alors il est toujours ouvert : sept de septenif crêpe de crispa; 29 de a latin accentué, qui avait pris auX* siècle le son de e fermé, lequel est devenu ouvert quand il est suivi d*une consonne sonore, simple ou composée : gré de gratus, clef de clavem, nez de nasus; — chef de caput, fève de fava, mer de mare, père de patrem, tel de talis, échelle de «cala, allègre de alacris (§ 25).

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4. £ muet diffère, selon qu'il est précédé d'une consonne ou d'une voydle.

à) Le e muet qui suit une consonne simple ou composée est la plus Êiible émission de voix possible, destinée à former une syllabe avec la consonne qui précède; le e muet ne peut donc jamais constituer à lui seul une syllabe et couséquemment il n'existe point de e muet initial.

Le son du e muet n'est pas susceptible de prolongement et la voix ne peut pas s'élever en le prononçant ; l'accent tonique ne peut donc pas reposer sur le e muet, qui devient sonore dès qu'il doit être accentué, c'est-à-dire quand il est pénultième, la syllabe finale étant muette : peser, je pèse; appdler^fappefh^; jeter, je jette; iious prenons. Us prennent ; je parle, jutrlé-je.

Le e muet peut être médial ou final :

1° Le e muet médial naît quand une consonne qui doit commencer une syllabe est suivie d'une autre articulation qui ne peut pas ou ne doit pas se combiner avec elle ; la voix émet alors entre ces deux articulations un son faible (jui forme une syllabe avec la première, tandis que la seconde consonne commence une autre syllabe ; ce son faible, c'est le e nmet médial : je parlerai, demander, genou^ logement, besace, mesure, danf/ereuXj pelouse.

2** Le e muet final appartenant à un polysyllabe est précédé d'une consonne simple ou composée, avec laquelle il foime une syllabe muette. Précédé d'une consonne simple, le e final est entièrement muet, mais sert quelquefois à rendre sonore cette consonne, comme dans aipe, pique, mce, robe, qu'on prononce à peu près de même que les mots cap^ pic, m, rof^; martyre se prononce absolument comme ma)iyr. Précédé d'une consonne composée, le e final sonne légèrement : siècle^ fenêtre^ excepté dans la liaison lorsque le mot suivant commence par une voyelle : siècle entier, fenêtre ouvetie.

Les monosyllabes ne peuvent pas se terminer par un e muet, parce que chaque mot exprimant une idée doit avoir l'accent tonique, et que cet accent ne peut .pas reposer sur un e faible. Les mots le^je^ te^ me, se?, ce, que^ ne, de, ne sont pas des exceptions, parce que, comme mots de rapport, ils ne sont pas accentués.

Dans les monosyllabes ^e, me, etc., € est moins faible que partout ailleurs et a le son de eu très bref: Elle se fâclie de ce que je fie te le redemande pas.

Quand deux e se trouvent à la fin de deux syllabes consécu-:

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tires, le premier est moins faibleque le second : recevoir j derenir. Il en est de même quand deux e se trouvent à la suite l'un de Tautre dans deux mots différents :je ne sais jxis^je te vois Je me lavtyje le vois. Mais si le pronom ^'e est suivi d'un des pronoms conjoints me, te, le, et d'un verbe commençant par la même consonne que celle du second pronom, le second e est alors le moins faible :je me meurs, je te tiens, je le laverai, La raison de cette différence est dans la difficulté que l'on a en français à prononcer la même lettre deux fois de suite sans aucune émission de voix.

Quand trois e se suivent dans des monosyllabes dont le premier est je, le second e est le moins faible: je te le prêterai; mais ne fait ici exception :je ne le crois jkis; le e de ne n'est soutenu que quand il est seul ou le premier d'une série : il ne voit riefi; ne me le dis pas.

Quand quatre e se suivent dans des monosyllabes dont le premier est je, le premier et le troisième e sont les moins faibles :je ne te le prêterai pas. '

Le e du pronom le est toujours mi-muet, lorsqu'il se trouve après le verbe : dis-le-lui.

Dans ce que et que ce, le second e est le moins faible : ce que vous dites, qui que ce soit.

b) Le e placé à la suite d'une voyelle simple ou composée ne £a.it entendre aucun son. Il peut aussi êti*e médial ou final : mèdial comme dans les verbes je créerai, je paierais, nous prierionsy ils joueraient, il appuierait, et dans les noms en me^it formés d'un verbe en er, comme aboiemetU, enjouement; — final dans les participes, comme die est aimée^ ou dans les noms, comme vuejjtmef joie^ vie^ pensée ; en pareil cas, le e final rend longue la voyelle précédente.

Le e muet provient de a atone : rose de rosa, cheval de cAballus, ou il prend, dans certains cas, la place de toute autre voyelle qui suit ou précède la tonique, comme aiçre de acrem^ temple de teniplum, denier de denarius, mener de fnitiare, carrefour de quadAfurcum (§§ 26 et 27).

5. 0 est ouvert, comme dans mai, porte, postal, ou fermé, comme dans flot, rôt, potier.

Le 0, quand il est atone, vient de o, de u ou de au latin : orphelin de orp/mnuê, Bohsil de soliciilun*, forcer de fortiare*, roture de mptura, ortie de urtica, grogner de grunnire, sangloler de singixltarCy poser de pausare (§ 27)* Le 0 accentué représente en français : l*' le o latin en position : mort de mortem, côte de costa, coffre de coph(i)nus, rôle de rotfujlus, ou le au latin ou le au roman né de la vocalisation d'une labiale : or de aurum, chose de causa, forge de fenrca de fabrica (§ 25) ; — 2^ le ô latin, libre ou en position devant les nasales : couronne de corona^ nonne de nonna^ homme de hom[iJnem, et le 11 latin en position devant les nasales : vergogne de verecundiay colonne de

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