DIPHTONGUES ANCIENNES
gatid^ salaud^ saligaud; chatix^ faiix, glaux^ taux; — 3** par o suivi d'une consonne muette, surtout t ous : escargot^ dm; — 4** par 0, mais seulement dans les mots d'origine étrangère : domino, foliOy piano.
La voyelle combinée au provient ; !<> de au latin dans les mots savants et modernes : cause de causa, rau7uc de ratictia, et même dans quelques mots d'origine populaire où au a remplacé dans Torthographe l'ancien o : pauvre de pvoLpertM, taureau de taiVirellua*, autrefois povre, tore; — 2» de la résolution d'une labiale : je saurai de sapcre, j'aurai de hàbere; — 3» de la résolution d'un l précédé de a : taupe de talpa, ou de e dans quelques mots seulement : dwBLphin de déiphinus. Quant à eau, il est final et naît de el ou il : châte&VL de (MStellum, sceau de sigïllum; si une voyelle ou y précède, e disparaît : boyau de botéilus, fléaa de /{o^felium (93S). — Dans l'ancien français, au se prononçait comme l'allemand au, en appuyant sur la première voyelle.
6. OU a le son propre à la voyelle u dans la plupart des langues romanes; cette combinaison peut être tonique : pouce, loup, ou atone : prouver, amoureux.
Ou provient : !<> de o fermé tonique (= ii, ôj quand il est en position : goutte de gntta, sourd de surdus, cour de chortem, et exceptionnellement de o fermé libre : joug de jugum^ voue de vota ($ 25) ; — 2^ de la résolution de ol, ul : mou de moHts, sou/re de sulpAur (§ 'éS). Dans ce dernier cas, ou était diphtongue en vieux français; mais quand ou dérive de o fermé en position, il avait déjà le son alTaibli qui lui est propre.
7. EU exprime un son simple intermédiaire entre e et o; cette combinaison ne se trouve en général que dans les syllabes accentuées, et est remplacée ailleurs par o, ou et e : honneur honorer, seul solitaire, neuf nouveau, preuve prouver, saveur savourer; jeu jouer, couleuire coidevrine, etc. Dans les seuls mots suivants, eu est précédé d'un o étymologique qui ne se prononce pas : bœuf, c(Bur, chœur, manceupre, mœurs, nœud, œuf, œuvre, sœur, vœu, œil.
Eu provient : !• de eu latin dans les mots de formation savante : neutre de neutruin; — S® de o tonique, ouvert (= ô) ou fermé (= ô, ùj, ainsi que de au : feu de /bctfs, henre de hora, gueule de gnla, gueue de cauda(f 25) ; — 3* de la condensation de a-u ou a-o en e-u ; /ieur dans &o?iAeur, malheur de au(g)urium (en v. fr. aûr, €ûrj, peur de pafvjor (§ 30); — 4® de il ou de el dans eux de il{os, cAeveu de capilluB (93S). Cette combinaison, qui exprime aujourd'hui un son simple (=ô«'illemand), était diphtongue dans l'ancienne langue et avait le son de au allemand ; elle s'est écrite uo au X*, ue au XI* (orthographe qui s'est conservée dans accueil, orgueil), oe au XII* siècle (conservé dans osilj^ et enfin eu. Quand eu était formé par la contraction de deux voyelles, comme dans meur de maturu», veu de vitum, e était muet et u avait le son qu'il a aujourd'hui : mûr. vu; il reste quelques traces de cette orthographe dans : j'eus, eu, et dans les mots chargeure, 'égrugeure, gageure, mangeure, vergeure, où e est lettre servile.
8. UI est une diphtongue ancienne dans laquelle la première voyelle conserve le son ordinaire du u français et la seconde a le son dominant : ruine, fruit.
Ui provient : i» de ui latin dans les mots d'origine savante, comme ruir»e de
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mina;— 2o delà ix^lution d'une gultnrale en i ; cuK de coctut, frvlt de /mo* ius'y — 3° de lattraction de i par la voyelle tonique o ou u : cuir de coriumy pluie de phivia (§ 25).
9. lE fait entendre les deux voyelles, mais avec le son prédominant du e, qui est tantôt ouvert, tantôt fermé, conformément aux règles posées ci-dessus : fièvre^ méAer.
Je provient : i<> essentiellement de e bref : /lèvre de febrem, fï»l de fel; — 3* de Tattraction du i atone par la voyelle tonique a ou e qui précède : premier de prtmariuf, méder de mimsterium (§ 25).