‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 96 sur 409 · DU XOM KS GÉNÉRAL Ç · texte numérisé non relu

DU XOM KS GÉNÉRAL Ç

comme pèrcy bœuf^ toit y et 2^ ceux qui ne désignent une personne ou une chose que d'après un signe ou qualité particulière, comme écrivain^ serrurier^ tiroir,

La plupart de ces derniers sont comme une définition de la personne ou de la chose qu'ils désignent comme sujet ou obfd de l'action en disant ce qu'elle &it ou ce qu'on en fait : un écrivain est celui qui écrit, un tiroir est ce qu'on tire. Il en était de même à l'origine des noms communs de la première catégorie, ainsi qu'on l'a vu plus haut.

Les noms propres sont également significatif s, c'est-à-dire qu'ils ont tous été originairement des noms communs dont la signification a été restreinte à des individus déterminés, comme Charron, la Champagne, etc.

La première lettre ou lettre initiale d'un nom propre est toujours une majuscule ou grande lettre : Jules, Paris, le Rhin. Il y a cependant des noms propres de personnes ou de choses qui ne prennent pas de majuscule lorsqu'ils sont employés comme noms communs, par ex. un mentor sét^e, unbeausédan,du roquC' fort, une garniture de valenciennes, la collection des elzévirs, etc. (V. § 72).

« Les substantifs ont tous exprimé originairement un seul des nombreux attributs qui appartiennent à un même objet, et cet attribut (que ce fût une qualité ou une action) était représenté nécessairement par une idée générale. D'abord le mot ainsi formé ne désignait que le seul et unique objet qui Tavait suggéré ; mais il ne pouvait manquer de s'étendre presque aussitôt à toute la classe dont cet objet semblait faire partie. Quand le mot rivuê fut d'abord formé, nul doute qu*il ne désignât une rivière particulière, dont le nom était tiré de la racine m ou 9ru, courir, à cause de son eau courante 0). Quelquefois, cependant, un mot signifiant rivière est noté comme nom propre d'un seul cours d'eau, sans jamais s'élever à la dignité d'un nom appellatif. Ainsi Rhenus, le Rhin, signifie une chose qui se meut, qui court; mais ce nom est resté attaché à un seul fleuve et ne s'emploie guère pour en désigner d'autres » O.

6. Les noms de personnes sont ou des noms communs ou des noms propres.

a) Les noms communs de personnes sont ou des notns de parenié et (rage, comme père, frère, enfant, vieillard j ou des noms de profession, comme maçon, médecin, maître, marchand,

b) Les novû& propres de personnes sont ondes noms de famille, comme La Fontaine, Racine, qui appartiennent à toutes les personnes d'une même &mille, ou des prhioms ou noms de baptême,

(i) Rivu9 a donné en français le mot ru^ qui a pris le sens spécial de canal fourni par un petit ruisseau, tandis qu'il a été remplacé dans sa signification originelle par le diminutif rutsMau. Ru ou ruz est resté dans les dialectes, par ex. dans les noms propres déjà cités Vaulruz,, Val-de-Ruz. En romand riOf de rivuê, est encore le nom appellatif pour petite rivière, ruisseau.

(2) Max Muller, Leçon» sur la science du langage, 475.

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comme Jttles, Louisy GuQlauîne^ qui peuvent appartenir à un grand nombre de personnes de familles différentes.

Chacun de nous a un nom de famille comme Leblanc, Mercier, et un nom de baptême, comme Jules, Charles, Les noms de famille ont été dans Torigine des noms communs rappelant une qualité ou un défaut du corps, la profession^ le lieu d'habitation, le pays d*onginey par ex. Leblanc, Lebègue, Charpentiery Favre, Duval, Dumont, Gallois, Picard, etc.

7. Les noms de choses sont ou des noms communs ou des nom» propres.

a> n y a deux espèces de noms communs de choses : les noms communs proprement dits et les noms de matière.

V Les noms communs de choses désignent; comme les noms de personnes, des êtres qui se comptent, c'est-à-dire qu'on peut considérer un à un, comme arbre^ table.

2® Les noms de matière sont, au contraire, les noms de choses qui ne se comptent pas, comme frotnetit^ saUe^ cuivre^ air.

Les noms de matière désignent des choses Jwmogènes, c'est-àdire formées d'une même matière ou de parties semblables dont chacune porte le même nom que le tout. Par le mot vin^ par exemplC; on désigne toute la masse de vin qui existe sur la terre, et l'on donne le même nom à une portion quelconque, grande on petite, de cette masse ; le tout s'appelle mn^ ainsi que la moindre partie. De même l'eau désigne toute l'eau qui est sur la terre; mais toutes les parties, grandes ou petites, de cette eau, s'appellent aussi eau. Le mot table, au contraire, s'applique à un objet qui peut être composé de matières différentes ou hétérogènes (bois, marbre), mais qui, par sa forme seulement, est une table; si l'on détache de cette table une partie quelconque, cette portion ne s'appellera plus une table. Ainsi taUe est un nom commun qui convient au meuble tout entier à cause de sa forme, et non pas à l'une ou à l'autre de ses parties ; vin, au contraire, est un nom de matière qui convient à la masse entière du vin qui existe et à chacune de ses molécules, quelque petite qu'elle soit.

Le nom commun exprime Vespèce. Or, Fidée d'espèce suppose Tidée de nombre, puisque Tespèce se compose d'individus, c'est-à-dire d*étres séparés dans le temps et Tespace et que Ton peut compter par unités : une table, deux^ tables, plusieurs tables. Mais il y a beaucoup de choses dans lesquelles l'idée de l'espèce n'est pas liée à celle de l'individu, soit que les individus n'existent point, comme Vair, Veau, le lait, soit que l'esprit ne les distingue pas, comme U» paiUe, le froment, le sable; en pareil cas, Fespèce se présente comme une matière homogène dans laquelle on distingue la tjuantité et non pas le nombre : de l'air, beaucoup d'eau, peu de froment. On ne peut pas dire : un froment, deux froments, plusieurs froments, commeon dit: une table, deux tables, plu^ sieurs tables.

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