‹ Grammaire comparee des langues bibliques application des decouvertes de champollion a l'etude des langues dans lesquelles ont ete ecrits les livres saintsChapitre 6 sur 9 · PATER NOSTER , QLT ES IN COE- LIS; SANTIFICETUR NO · texte numérisé non relu

PATER NOSTER , QLT ES IN COE- LIS; SANTIFICETUR NO

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NLM TLT M ; FIAT VOLl.'NTAS TLA SICLT IN CŒLO ET . • IN TERRA ; PANE M NOSTRl M

OlOTIDIANLM DA NOBIS HO- DIE ; ET DIMITTE NOBIS DE- BITA NOSTRA, SU:i T ET NOS DIMITT1MI S DEBITOBIHUS NO:>- TBIS; ET NB.NOS ÎMHCAS IN T EN T ATI ONE. M ; SED LIBERA NOS A MALO.

Il est facile, du rcslc, de vérifier ces formes alpli.ibcti<|ucs djn» l'alphabet phénicien de la planche 23<-.

Les A, les K, les M, les 0, les ('., les F, les B, les II, se reconnaissent tout d'abord. L'S oiïre quelques traits qui ont disparu dans l'alphabet latin ; le D aussi a perdu son allongement inférieur ; l'L est retournée ; le T latin n'a plus l'allongement supérieur du T phénicien ; le V a perdu sa ligne verticale du milieu ; l'I est microscopique en quelque sorte comme l'I hébreu ; enfin la lettre M et la lettre R ressemblent plus au grec qu'au latin. On conviendra que ce sont là des nuances bien légères, insignifiantes même, si l'on fait attention au grand nombre de siècles qui se sont écoulés depuis Fin- " vention de ces formes antiques , et on admettra sans peine cette conclusion : les lettres latines n'offrent aucune différence essentielle avec les lettres phéniciennes ; ou plutôt ce sont ces lettres mêmes, écrites de gauche à droite.

Nous allons parler maintenant d'une découverte des plus importantes dans l'ordre d'idées que nous éludions, et qui a eu l'an dernier un grand retentissement dans tout le inonde savant nous voulons parler des inscriptions mystérieuses que renferme le désert du Sinaï, inscriptions que M. Focster est parvenu à lire et à traduire au moins en partie.

Pour mettre le lecteur au courant de cette intéressante question, nous reproduirons d'abord .l'article qui a été publié , au mois de juin 1 8*51 , dans l'excellent Recueil dirigé par M. Bonnetty sous le nom d'Annales de Philosophie chrétienne.

La voix d Israël sur les rochers du Sinaï , restes des tradidions patriarchalcs sur les monuments de l'Egypte , de l'Êtrurie et de l'Arabie méridionale ; par M. Charles Forster. '

Au commencement du 6* siècle , un voyageur d'Alexandrie nommé Cosmas , allant au Thibet pour ses affaires , se joignit à «ne caravane qui se rendait a Suez en Arabie, en traversant les vallées du Sinaï. Cosmas , tout en songeant à son négoce , prenait * des notes sur les objets les plus inléressans qu'il découvrait sur sa route. Il fut frappé du nombre d'inscriptions gravées sur les rochers du Sinaï. Elles étaient toutes en caractères qui lui étaient inconnus, mais que des juifs, qui faisaient partie de la même caravane , lui assurèrent avoir été traces par leurs ancêtres , lors de la sortie de l'Egypte. Le marchand d'Alexandrie consigna ses observations dans ses notes de voyageur , et plus lard, devenu moine et écrivain , il publia ses découvertes dans un ouvrage qu'il intitula : • Topographie chrétienne. • Ce livre, qui probablement lui obtint la réputation de savant parmi ses confrères, resta cependant, avec bien d'autres , longtemps ignoré. C'est à un Français , douze siècles plus tard, qu'il est redevable d'être connu en Europe. Montfaucon publia, en 4707, l'ouvrage de Cosmas avec une traduction fa line et des notes 2 , et ainsi fit connaître pour la première fois au ' public savant l'existence d«s inscription* du Sinai.

L'attention, une fois éveillée, on ne tarda pas à se mettre en mesure de s'assurer d'un fait aussi curieux. Un Anglais , le docteur To-

i Voici le titre entiçr de ce volume : » The one primer al tanguage

■ traced experimrntally through ancient inscriptions in alphabelic cha-

• racler sof lost poners from the four continents ; including the voice u of Israël from the rocks of Sinaï, and the vestiges of patriarcha) tra- » dition from the monuments of Egypt, Etruria and soutkern Arabia ; » with illastratirc plates, a harmonized table of alphabets, glossaries,

■ and translations, by the Rev. Chirles Forster, B.D., etc. London,

• Bentley, 1851. .

» Dans sa CtUtc. patrum grœcorum, toine II.

corX', fil exprès le voyage du Sinaï pour voir ces inscriptions el en prendre des copies. Le comte d' Eu tr aiguës , voyageant en 4779 dans la Péninsule, s'arrêta dans la vallée de Wady Mokalteb , pont examiner les nombreuses inscriptions <|iii s'y trouvent et dont il copia celle qui lui parut la plus remarquable et qu'il envoya à son ami Mû! 1er , l'historien bien connu de la Suisse'. Depuis tors , de nombreux voyageurs français , anglais el allemands ont confirmé ce Tait que les rochers qui bordent les vallées du Sinaï sont recouverts d'innombrables inscriptions d ms des caractères inconnus ; et comme chaque voyageur en a rapporté quelques copies, la collection en Europe en est déjà assez complète pu ur qu'on puisse porter un jugement sur leur contenu.

Deux hommes, le proftsseuY Brrr de Leipsick , el M. Forsler ministre anglican, tous deux savans orientalistes , mais au fond bien opposé* dans leurs idées, l'un philosophe , l'autre éminemment religieux, onl traité la question de l'origine de ces inscriptions el de leur interprétation ; et sont arrivés à des conclusions entièrement uirrerentes.

Aux yeux du professeur philosophe allemand, ces inscriptions sont l'ouvrage de pèlerins chrétiens, et comme toutes ces inscriptions sont d'une même écriture et daus une même langue, le professeur les attribue à des pèlerins de nation arabe, alliés aux Nabathéens de l'Arabie Pélrée ; et il les fait remonter au 4' el 5* siècles. A vrai dire le professeur ne fonde ses opinions que sur des conjectures. 11 a cru reconnaître des traces du ChriMianisme dans quelques-uns des caractères qui ressemblent tant soil peu à une croix. Quant'à leur origine nabalhécnne, il avoue lui-même qu'il n'eu a aucune preuve el qu'il émel seulement une opinion qu'il lui est propre.

Le ministre anglican , au contraire , adopte dans son entier la pensée émise par Cosmas. Il reconnaît dans les inscriptions l'ouvrage même des Israélites , pendant leur séjour de 40 ans djns le désert. A ses yeux le Sinaï est la majestueuse colonne, dressée dans le désert, qui porte sur tes flancs de granit un témoignage authentique de la vérité de l'histoire Inspirée de la Bible.

i Voir ses Lettre» posthumes , Paris 4812, et dans ses Œuvres, t. ti. page 330.

Il faut avouer qu'à l'appui de celte idée, il cite des faits qui se prêtent difficilement à toute autre conjecture.

Pour donner à nos lecteurs une idée de la nature et de l'étendue de ces inscriptions et aussi pour les mettre à même de saisir les raisonnement de M. Forster , nous commencerons par transcrire de l'ouvrage du professeur Beer la description des localités.

> Ces inscriptions se trouvent dans le voisinage do mont Sinaï , ou plutôt dans les vallées et sur les collines qui s'étendent du pied de la montagne même , vers le nord-ouest jusqu'à la côte orientale du golfe de Suez. De sorte que les voyageurs qui se rendent du couvent qui est sur le Sinaï, a Suez , verront, quelque roule qu'ils prennent, ces inscriptions sur les rochers de la plupart des vallées qu'ils traverseront jusqu'à environ une demi-journée de la côte. De semblables inscriptions existent aussi, en très-grand nombre, sur le Serbal, au sud des routes que nous venons d'indiquer. On en trouve également, mais moins fréquemment, dans quelques vallées au sud du Sinaï lui-même.

• Mais la vallée qui , plu6 que toutes les autres , mérite notre attention est celle qui s'étend de la côte orientale du golfe de Suez vers le midi sur une longueur de trois heures de chemin (de 2 ou 8 lieues). Là le voyageur trouvera à gauche une suite de rochers de grés rouge, perpendiculaires comme des murs, qui du midi jusqu'au soir, prêtent leur ombre contre les rayons brûlans du soleil. Ces rocs surtout contiennent une quantité d'inscriptions assez bien préservées, d'où le nom est venu à la vallée , le nom de Wady Mokattcb, ou ■ vallée écrite. » A côté, Uy a également un mont dont les rochers sont aussi couverts d'inscriptions "ét qui porte à cause de cela le nom de « Djebel Mokaiteb » ou « mon* tagne écrite. • On trouve encore souvent , mêlées avec ces insciptions, diverses figures d un style très- grossier , faites évidemment avec le même instrument qui a servi à tailler les inscriptions et qui par leur proximité des lettres d's inscriptions , indiquent qu elles sont de la même main. La plupart sont des figures d'hommes et de chameaiix. »

La liste suivante comprend les figures qui se rencontrent le plus souvent :

Des chameaux debout, en mouvement, courant ou chargés; des chèvres de montagne ; des lézarda ; des serpens ; des chevaux et des mulets ; des chiens; des autruches : des tortues , des hommes ,

debout oo en mouvement ; levant les mains au ciel ; regardant par terre, assis sor des chameaux soit chargés, soit décharges, sur des chevaux où des mulets ; debout sur des chameaux ou des chevaux ; conduisant des chameaux ; armés de lances, d'épées ou de boucliers ; combattant , tirant de l'arc , à pied ou à cheval , à la chasse , sur une croix.

■ Il est même souvent difficile de distinguer les figures des lettres , puisque les auteurs de ces inscriptions se sont servis d images comme partie de lettres, et par contre, d'images à la place de groupes de lettres ' . »

Cette description du professeur allemand donne une idée générale, assez claire, de la localité on se trouvent ces inscriptions , et de leur nombre.

Maintenant viennent les faits qu'avance M. Forster à l'appui de ses raisonneraens.

4* Toutes ces inscriptions sont du même style, du même caractère et d'une même langue , et , comme le professeur allemand le reconnaît, ont dû être l'ouvrage du même siècle a . Forster en conclut qu'elles sont l'ouvrage d un même peuple et d'une même époque.

2° Ces inscriptions se comptent par des milliers (dans la seule vallée du Wady èiokatteb, il y en a plusieurs mille). Elles s'étendent sur la longueur de plusieurs lieues. Elles sont placées à des hauteurs inaccessibles, sinon à l aide d'appareils, dont il est impossible de supposer que des voyageurs , bien moins des pèlerins, aient pu se pourvoir. Plusieurs d'entre elles sont taillées dans des proportions telles, qu'elles ont dû exiger un travail immense et de longue durée. Voici ce que le comte d'Enlraigues en dit : • Les rochers i sont couverts de caractères jusqu'à levrs sommets : les lignes t sont droites , mais leurs extrémités se replient jusqu'à la jonction

• de la ligne supérieure, et forment une écriture à sillons. Sur le

• rocher droit , en venant de l'or, il y a en tout 67 lignes : 41 sur » le rocher à gauche. Les caractères ont un pouce de relief et un » pied de longueur. Àu côté gauche, il y a dans la partie du rocher

• la plus élevée , les caractères qu'on nomme le titre. Ce qui leur

■ Bcer. Prif.

• Beer, Prif., p sr.

» a fait donner ce nom , c'est que les lellrcs qui le composent ont » six pieds de liauteur, et trois pouces de relier. Je le> ai Tait des- » siner avec la plus grande exactitude. Il faudrait six mois d'un ■ travail opiniillre pour dessiner la totalité de ces caractères *. •

De l'ensemble de ces faits M. Forster lire la conséquence que ces inscriptions n'ont pu être l'ouvrage de voyageurs isolés , mais d'un grand peuple, qui a dû habiter ces vallées pendant un temps déterminé , qui n'a pu excéder un siècle.

Maintenant, comme il n'y a qu'un seul peuple qui remplisse toutes ces conditions , le peuple d'Israël , à sa sortie d'Egypte , M. Forster arrive encore a la conclusion qu'en effet c'est ce peuple, et lui seul , qui a pu graver ces caractères sur les rochers du Siual.

La nature du pays confirme encore, selon lui, cette idée. Cette vaste solitude duSiuaï est tout à fait incapable^e nourrir même un petit nombre d'hommes , tellement que l'Arabe qui traverse ces déserts est forcé de porter avec lui tout ce qui lui est nécessaire pour . sa nourriture Or, pour tailler cette multitude d'inscriptions dans des localités et à des hauteurs si inaccessibles, il a fallu des échelles , plates- formes , cordages , qui ne se trouvent que parmi une)populalion stalionnaire ; mais une telle population 1 , n'a pu subsister dans ces déserts que par des moyens extraordinaires. Et il n'y a qu'un peuple qui , en effet , y a été conservé d'une mauièrejuiraculeuse pendant 40 ans , à savoir Israël , le peuple de Dieu.

8° Ces inscriptions se trouvent presque]enlièrement snr.la route de Suez à Sinai : c'est-à-dire sur la route qu'ont dû suivre .les Israélites en sortant d'Egypte; fait important, qui se prêle peu à Vidée du professeur Béer, qui attribue ces inscriptions aux ISabathéens , peuple de l'Arabie Pétrée, du coté de Pétra , c'est-à-dire du côté du Sinai, opposé à Suez.

Nous avons ainsi résumé, à peu près, les argumens de M. Forster en faveur de sa théorie.

La manière dont il est parvenu, à ce qu'il croit, à déchiffrer ees inscriptions , est fort habile, et si elle ne doit pas convaincre tous les savans , on ne saurait lui refuser nn certain cachet de vraisemblance.

Il existe, non loin du port d'Âden, en Arabie, à Hassan Ghorûb, i Dans Forrtcr , p. 83.

•an toc qui porte tme inscription. Cette inscription fol découverte il y a quelques années par un officier de la marine anglaise , le lieutenant Crutlenden.quila copia etïantconnallreen Angleterre. Elle parvint ainsi entre les mains de M. Forster, qui s'occupait alors de son ouvrage: La Géographie historique de V Arabie. Ce savant trouva par un hasard, qu'il qualifie de providentiel, la traduction arabe de celle inscription dans l'on vragede Al-Kazwini. Ce fut la comparaison de celte inscription avec celle du Sinai, qui suggéra d'abord à M . Forster la possibilité de s'en servir comme clef pour ces dernières 1 .

II s'aperçut de plus qu'il y avait des rapports très- frappants entre plusieurs des lettres du Sinai et les caractères hébreux, arabiques et grecs , et c'est par cette comparaison et en prenant pour toase la règle que les lettres qui ont la même forme doivent être considérées comme ayant la même valeur significative , que M. Forster est parvenu à traduire un grand nombre des inscriptions déjà recueillies. Nos lecteurs pourront juger de leur importance par quelques exemples que nous leur présenterons. Si M. Forster est fondé dans son mode d'interprétation, les vallées du Sinai contiennent le monument le plus curieux, et, pour les chrétiens, le plus important qui ait encore été découvert.

La première inscription (donnée ainsi que les autres par M. Forster dans ses caractères originels) consiste en 5 lignes. Il y a entre ta 2* et la 3* ligne, une ligne courbée irrégulière, comme si on avait voulu tracer un courant d'eau. La même chose se reproduit «ntre la 4* et la 5 # ligne. De plus , la figure d'un due est placée au-dessous de la 3' ligne.

Maintenant voici la traduction d'après M. Forster.

■ Le peuple , la bouche contre terre , boit aux fontaine* d'eau.

• Le peuple aux deux fontaine* d'eau

• Lance le pied comme un âne.

■ Frappant avec la branche d'un arbre

• Le puits d'amertume , il guérit. »

i Voir toute cette inscription qui a rapport aux «ept années de famine, dans les Annales , même tome Xii r p. 4C8 (3< série.)

Il serait question là des miracles de Mara et de Meriba 1 racontés parles rochers du Sioai, et des murmures que lireul éclater en ces deux occasions les enfans d'Israël , souvent représentes par Ydne qui lance du pied.

ISoiis avons déjà eu occasion de noter l'inscription décrite par le comte d'Entraigues et dont il a copié la première ligne. Il est malheureux que nous n'ayons encore que ce fragment. La longueur de l'inscription, qui n'a pas moins de 41 lignes, sans compter le litre , le soin tout spécial avec lequel elle a été taillée (chaque lettre n'a pas moins d'un pied de hauteur et les lettres du titre ont 6 pieds) ; la difficulté d'accomplir un tel ouvrage sor un roi: à pic et à une élévation de plus de 100 pieds au-dessus du sol, tout indique l'importance qu'on a dû attacher au fait qu'on a voulu ainsi transmettre à la postérité.

D'après M. Forster le titre siguifierait :

• S'enfuit le cheval rapide, élevant ses deux jambes de devant, et dans sa course jette par terre son cavalier. Pharaon courant à loutes jambes, comme un cheval rapide, s'enfuit élevant les deux mains pour accélérer sa fuite. •

Ce titre indiquerait que l'inscription elle-même a rapport an passage de la mer Rouge et à la destruction de Pharaon.

Il se pourrait alors que les 41 lignes de l'inscription correspondent avec le mime nombre de lignes qui contiennent en hébreu le cantique de Moïse \ en sorte que nous aurions , grave sur le roc , ce même cantique de Moïse 1 C'est ce que conjecture M. Forster.

Les trois inscriptions l qui suivent dans l'ouvrage de M. Forster ) se rattachent à on même fait : « la chute des cailles dans le camp d'Israël*. » Seulement, d'après ces inscriptions, ce que les traducteurs de la Bible ont appelé cailles, seraient des oies.

• Exod. xi et xvn.

a Nombres , xii.

« Les oies rouges montent de la mer,

» Le peuple qui convoite mange jusqu'au rassasiement. •

Nous concluons en citant une dernière inscription : celle qui raconte le combat de Raphidim où les Israélites battirent les Amalécites'. M. Forster a bien raison de dire que celte inscription est des plus curieuses. Elle se trouve sur une pierre détachée ; elle est composée d'une seule ligne au-dessus de laquelle est représenté un homme les bras levés.

• Le prophète sur une grosse pierre dure prie

• Dieu ; Aaron et Hur soutenant ses mains. •

Nous espérons en avoir assez dit pour attirer l'attention des sa* vans sur un ouvrage d'un intérêt si général. Si M. Forster parvient a prouver qu'il a réellement trouvé la clef de la lecture de ces inscriptions , il aura ajouté une page importante à l'évidence de la religion chrétienne. Une histoire contemporaine, écrite sur les lieux et par les témoins des faits, viendrai^ ainsi, an bout de 4,000 ans , attester l'authenticité de nos saints livres et par le seul fait de son existence confondre les railleries de l'école voltairienne, et tout le scepticisme et le mylhisme delà philosophie moderne.

Cette découverte offrirait de plus pour les archéologues un nouvel intérêt. Cette langne de Sinaî serait alors la langue vulgaire dPÊgypte que les Israélites avaient apprise pendant leur séjour de 400 ans en Goshen ; tandis que les monumens purement égyptiens porteraient l'empreinte de la langue stu-réc îles hiéroglyphes}.

Nous ne faisons qu'indiquer ce fait : nous terminerons en invitant nos lecteurs à étudier la « Voix du Sinai • de M Forster. Cette étude leur suggérera nécessairement une foule de pensées, sur la force des preuves snr lesquelles notre foi est appuyée.

Cabré.

• Exod. xvui

Nous donnerons maintenant un autre article publié sur le môme sujet dans le Journal Asiatique du mois de juillet 1851.

The one primeval language, traced expcrimentally through ancienl inscription in alphabetic charactcrs of lost powersfrom thc four continents, by thc Rev. Ch. Forstcr. London 1851.

Part 1. The voice of Israël from the Rocks ofSmuï; in -S* de 196 p. , avec planches et cartes.

Le double titre qui précède annonce assez le sujet du nouvel ouvrage que nous devons aux savantes investigations de l'auteur du Mahomélisme dévoilé et de la Géographie historique de l'Arabie. Dans ce dernier ouvrage, le Rév. Ch. Forster s'est occupé de la grande inscription hamyaritede Hisn Ghorab, port sur la côte de l'Arabie méridionale, dans fa province de Hadramaut . ei il en a proposé le déchiffrement et l'explication. Puis, ayant eu l'occasion d'étudier les inscriptions du mont Sinaï, il s'est assuré que les caractères de ces inscriptions ressemblent à ceux de Hadramaut et môme que d'autres inscriptions du vieux monde offrent des caractères identiques. Cette découverte l'a porté à penser que c'était dans ces inscriptions qu'on pouvait trouver des traces du langage primitif au sujet duquel la Bible dit: Eral autem terra hibii uuius et sermonum eorumdcm , Gen. xi, i. Ses recherches l'ont confirme dans cette idée, et aujourd'hui il gratifie le public instruit et croi/aiitde la partie de son travail qui concerne Sinaï. Dans cette partie, qu'il a intitulée : • La Voix d'Israël des rochers du Sinaï,* il explique quelques-unes des inscriptions qu'on trouve auprès de ce mont célèbre, c'est-à-dire du monastère de Sinaï à la ville de Suez.

Ces inscriptions se voient, entre autres, par milliers dans une vallée nommée, à cause de cette circonstance, la Vallée icrite,\Vady MoAatteb. 11 s en.trouve aussi un grand nombre sur le mont Serbal, et un rocher qui en est très -chargé est désigné sous le nom de JUonI écrit. Djebel Mokatteb. Le Rév.Cli. Forster considère ces inscriptions comme contemporaines aux événements miraculeux dont Sinaf a été le théâtre^ Celte opinion n'est pas nouvelle. Cosmas, surnommé Indicopleustes, qui , au commencement du vi* siècle, visita Siuaf , l'a exprimée dans sa Topographie chrétienne en s'appuyanl sur l'autorité de quelques juifs qui l'avaient accompagné dans son excursion. H est vrai que Montfaucon et quelques érudits ont traité dédaigneusement cette opinion et ont pensé que ces inscriptions n'étaient probablement pas de beaucoup antérieures a Cosmas, qui en a parlé le premier, et qu'elles étaient dues a des pèlerins chrétiens. Le Rév. Ch. Forster a repris l'opinion primitive et il la défend habilement ; bien plus , il trouve dans ces inscriptions la confirmation des récits bibliques et une preuve nouvelle de leur vérité. Il réfute facilement l'objection du professeur Béer, dans ses Studia asiatica, relative au signe de la croix chrétienne, qui, en effet, peut bien être le tau sacré des Egyptiens ou la croix anséedes hiéroglyphes. Il réfute aussi, d'une manière qui me parait satisfaisante, les autres objections du professeur Beer et toutes celles qu'on peut élever contre l'antiquité qu'il donne avec Cosmas à ces inscriptions. II est aussi heureux dans ses autres raisonnements, dans ceux par exemple auxquels il se livre pour prouver que, à un petit nombre d'exceptions près , ces inscriptions appartiennent à un même peuple, à un même temps, à une môme génération, qu'il semble ainsi d'autant plus naturel de les attribuer aux Hébreux pendant leur séjour de quarante années dans ces lieux déserts , qu'elles ne peuvent pas avoir été tracées par des pèlerins de passage en ces lieux , à cause de la hauteur prodigieuse des rochers escarpés sur lesquels on trouve un grand nombre de ces inscriptions et des caractères démesurément grands de quelques autres; qu'elles ne peuvent pas être dues à un peuple pasteur, comme le pense le D r . Lepsius , parce qu'on ne peut vivre dans ce désert , si ce n'est miraculeusement, comme 1 ont fait les Israélites , grâce à la manne céleste.

Je renvoie les savants que cette matière peut intéresser a l'ouvrage de M. Forster, afin qu'ils jugent par eux-mêmes de ses preuves et de ses explications. Quelque opinion qu'on ail du reste sur

le résultat de son travail, on ne pourra manquer de le juger plein d'intérêt et d'érudition et tout à fait satisfaisant, quant à la description qu'on y trouve des inscriptions dont il s'agit et au développement de tout ce qui y a rapport. Nous avions déjà , à la vérité , dans le Commentaire historique sur l'Exode et les Nombres de l'aimable savant M. le comte Léon de Laborde , un exposé impartial de cette question, et cet exposé ne me semble pas défavorable à l'opinion de M. Forster.

Il est utile de remarquer qu'on trouve près de Suez plusieurs de ces inscriptions sur des rochers détaches des montagnes et parsemés dans les vallées ; et qu'il paraît qu'elles ont été tracées sur ces rochers avant leur chute. C'est ce qui explique pourquoi quelquesunes sont renversées et doivent être lues de haut en bai.

Quant aux explications particulières de ces inscriptions que donne le Rév. Ch. Forster , quelques-unes reposent sur des preuves intrinsèques positives, lorsque, par exemple, les mots sont accompagnés de la figure de la chose qu'elles expriment ou qu'ils ont dans plusieurs passages une môme signification qui cadre avec le contexte. La plupart offrent au nio ns des probabilités , et c'est assez pour le moment. Des archéologues patients pourront les étudier de nouveau et proposer leurs explications. On finira sans doute par savoir an juste ce qu'il faut croire à ce sujet.

En attendant, le lahleau harmonique des alphabets primitifs dont le Rév. Ch. Forster a accompagné son travail, est précieux pour la philologie. Il offre sur une seule feuille quarante trois alphabets anciens avec les différente-* (ormes des lettres qui les composent; c'est-à-dire , toutes les formes de lettres des inscriptions les plus anciennes, sémitiques , hiéroglyphiques, cunéiformes, américaines. En y faisant bien attention , on découvre un air de famille à ces alphabets et on n'est pas étonné que M. Forster y voie un alphabet général de la langue universelle primitive dont il pense. * avoir découvert des traces.

La méthode qu'a suivie le Rév. Ch. Forster pour l'explication de ces inscriptions est celle-ci : il a pensé que les Israélites avaient di se servir , pour les tracer , de la langue et de l'alphabet qu'ils avaient appris en Egypte. Il y a, en effet , le plus grand rapport entre les caractères de ces inscriptions ei l'écriture égyptienne nommée enchoriale on enchorique , et autrement dite dcinotiq ie. On peut s'en convaincre eu jetant un coup d'œil sur le tableau n" I

du Rév. Ch. Forster. Quand ce savant vit ces inscriptions pour la première fois, il venait, comme je l'ai déjà dit , de s'occuper des inscriptions hamyarites de Hisn Ghorab pour sa Géographie historique de l'Arabie, et il Tut frappé tout aussitôt de l'identité de plusieurs caractères. Quant aux antres, ils parurent évidemment hébreux, arabes, éthiopiens on même grecs. Il laissa à tous ces caractères leur valeur déjà connue et il essaya de lire de cette façon les inscriptions dont il s'agit. Il essaya d'appliquer ce système à une courte inscription de la collection de M. Gray {Transactions of the royal Society of littérature , vol. II, part 4 ), et il en obtint un sens satifaisant. Ce premier essai l'encouragea, et il donne dans le volume que je signale à l'attention du monde savant les fac-similé faits avec le plus grand soin de trente-huit de ces inscriptions, leur transcription en caractères arabes, leur traduction littérale , et tout l'accessoire d'érudition nécessaire pour un sujet si neuf et si contestable.

Ces inscriptions ont trait à la révolte et au miracle de Marah et de Meribah , au passage de la mer Rouge , à la manne , aux cailles miraculeuses, à la bataille de Réphidim (cette dernière est accompagnée de la figure de Moïse, avec ses deux mains levées au ciel ), à la plaie des serpents brillants , etc. Mais elles ne contiennent cependant aucun passage textuel de la Bible, ce qui prouve, selon le Rév. Ch. Forster, qu'elles ont été écrites avant le Pentateuque , ou du moins avant qu'il eût été familier au peuple hébreu. Ce peuple est représenté dans quelques-unes de ces inscriptions sous la figure biblique d'un âne sauvage , et aussi , selon les cas , sous celle d'un chameau rétif, d'une chèvre légère, d'une lente tortue, d'un lézard malfaisant. Plusieurs , en effet , sont accompagnées, ainsi que j'ai eu l'occasion de le dire , de la figure grossière des choses dont elles - font mention.

Les inscriptions dont le Rév. Ch. Forster a eu connaissance sont au nombre d'environ deux cents. Elles sont courtes et elles commencent et finissent généralement par les mêmes mots ; c'est ce qui a fait supposer que ce n'étaient que des noms propres de pèlerins précédés et suivis de quelques formules particulières de bénédiction ou d'autres expressious uniformes. Toutefois , il y en a de très-longues ; car le comte d'Antraigties , qui vi>ita le Jebel mukattab en 4779, en cite expressément une de ï\ lignes et une autre de C7.

Quant aux mois qui commencent et qui terminent les inscriptions dont il s'agit, le Rév. Ch. Forster croit reconnaître dam le premier le mot om • le peuple , » et dans le second le mot lao, « Dieu, • le grec IAO eu trois lettres et non l'hébreu TEUE en quatre. J'ai déjà dit , d'après le Rév. Ch. Forster, que le dialecte de ces inscriptions n'est pas îc pur hébreu de la Bible, mais l'ancien égyptien vulgaire , que les Israélites parlaient alors ; de même que les caractères dans lesquels est tracé cet idiome sont eeux de Masara et de Rosette. C'est précisément cotte même langue primitive que le Rév. Ch. Forcer croit trouver ici , comme dans les inscriptions hamyarites : ce langage antique dont la simplicité sévère rejette , selon lui , remoloi presque total des prépositions , des conjonctions , d s inflexions , des déclinaisons , de* modes , des temps, des voix , des préfixes et des suffixes , en un mot , de tous les accidents du discours qui sont réglés par ta grammaire. On trouve un phénomène semblable dans les ouvages hindis les plus anciens. Mai" iei , c'est par une raison bien différente de celle que donne le Rév. Ch. Forster de la simplicité primitive. La langue hindi ou indienne succéda à une langue d'un mécanisme artistement combiné, d'une savante complication et d'une exubérante richesse de formes et de désinences grammaticale» . La réaction eut son tour et voulut réduire ce langage si parfait à la plus grande simplicité. Ce Tôt ainsi qu'on vint à parler et à écrire d'une manière presque inintelligible, tant l'accessoire grammatical des mots fat négligé.

Dans le langage des inscriptions de Sinaï, non • seulement les caractères, mais les mots hamyarites abondent. Or, le Rév. Ch. Forster a trouvé ces mots dans les dictionnaires arabes , quoiqu'on ne les rencontre pas dans les auteurs. Ainsi , selon M. Forster, c'est au dictionnaire arabe qu'il faut surtout avoir recours pour l'explication des langues primitives, restes de la langue ancienne du genre humain. Quant à la véritable langue et écriture hébraïques ou plutôt samaritaines , le Rév. Ch . Forster perce qu'elles forent d'abord employées par Dieu lui-même dans les tables de la loi , pour que son peuple élu eût une langue et une écriture distinctes , et il croit en trouver la preuve dans ces mots du psaume

lxxx, 4, 5 : « C'est un commandement qui a été fait en Israël

lorsqu'il sortit de l'Egypte et qu'il entendit une langue qui lui

Incidentellement, le Rév. Ch. Forster explique , au moyen de ces

inscriptions, des passages obscurs et controversé» île la Bible. Celui, par exemple, où il est quesliondu cheval de l'haraon (Exode xv,t7), celui des cailles miraculeuses (Exod« xvi , t3 et ailleurs), et celui des serpents brûlants (Nombres xxi,6). Il pense que l'oiseau nommé schtlau est Panas eatarca (ruddy goose), le iur*dô des Persans et le chakwâ des Indiens modernes, en sanscrit chakrawdk. Quant aux serpents brûlauu, comme ils ne sont pas allés dans une figure qui accompagne une inscription où il s'agit de cette punition divine, il pense qu'ils sont du genre jaculut.

Je termine ici l'aperçu que j 'ai cru devoir donner de l'intéressant travail du Rév. Ch. Forster. Je crois ce que j'ai dit suffisant pour engager les savants â le lire, bien plus, à l'étudier, puis à en adopter en tout ou en partie les conclusions ; ou, s'ils les rejetaient , à motiver leur opinion et à donner leurs propres idées sur une matière aussi curieuse et aussi importante. Le musée du Louvre possède aujourd'hui la copie d'environ trois cents des inscriptions dont il s'agit ici , lesquelles ont été décalquées par l'infatigable et ingénieux voyageur M. Lottin -de- Laval ; les archéologues pourront ainsi s'en occuper à loisir pour proposer, s'il y a lieu, de nouvelles conjectures.

Garci.n dk Tassy.

Après ces deux articles, qui donneront au lecteur une idée suffisante de l'importance de cette découverte et du poids immense qu'elle vient ajouter à notre doctrine sur l'origine de l'alphabet , il ne nous reste guères qu'à citer les conclusions de M. Forster, ( tout-à-fait analogues aux nôtres, bien que nous y soyons arrivé par une voie fort différente ) , et à donner les signes mêmes de cet alphabet hébreu primitif, afin qu'il soit facile de le comparer aux formes égyptiennes déjà expliquées. Ainsi chacun pourra se convaincre par soimême de la réalité de cette ressemblance, sans être obligé de s'en rapporter à la parole et aux recherches d'autrui.

Voici d'abord ce que dit l'auteur, à la page 41 de son livre : 1 « Si les inscriptions Sinaïtiques se montrent » ce que Cosmas et les Juifs ses compagnons de voyage » ont cru qu'elles étaTent , c'est-à-dire les archives » autographes d'Israël dans le désert , il n'est que rai- » sonnable de supposer que les caractères qui y sont » employés doivent avoir une affinité frappante avec » ceux de la langue écrite de l'Egypte. Comme la Di- » vine Providence ne se sert jamais de moyens extraor- » dinaires quand elle peut employer ceux qui sont les » plus ordinaires , nous sommes fondés à dire , n'y » ayant ni preuve ni présomption contraires, que les » Israélites dans le désert se servaient de la langue et » des caractères qu'ils avaient appris en Egypte pendant » un séjour de deux siècles et demi. »

11 est au moins intéressant de rapprocher ce témoignage tout récent et fourni par la science , des témoignages anciens de Clément d'Alexandrie et des autres auteurs cités au commencement de cet ouvrage, témoignages dûs à la tradition historique; que peut-on désirer de plus que la réunion de ces deux ordres de preuves ?

Venons-en maintenant à l'examen des caractères euxmêmes.

1 « If the Sinaïtic inscriptions bc indccd, wbat Cosnias and bis Jewi&h fcllow travellers believed tbcai to bc, llic autograph records of Israël in tbe wiblorness, it is only rcasonablc to présuppose tbat Ibc ebaracicrs employed in Ibem nould bcar a close affinity to ihc written language of Ef;ypt. As Divine Providence uever nccdlessl; employs cxiraordinary to tbe nrglcctof ordinary incans, wc arc justified in xmiming , vfherc ihcrc exists neidier proof nor presumption to tbe conlrary , that llic Israélites in the wilderncis used the chai aciers and langungc Tvhicb tbey bad acquired in Egypt, during a sojourn of two hutidred and fifteen ycar». »

Nous les avons tracés avec la plus scrupuleuse exactitude sur la planche qui accompagne en cet endroit notre travail. (Planche A.)

Ils sont extraits du livré de M. Forster et rangés seulement dans un ordre tant soit peu différent , afin de mieux faire ressortir leur .ressemblance avec les caractères égyptiens et autres de nos 25 planches d'Alphabets.

Les caractères rangés sous le n° 1 sont des A , qui ressemblent assez aux signes de la première planche ainsi qu'à ceux de la 5 me et de la 8 œe qui renferment des voyelles analogues.

Au n° 2 correspondent les différentes formes de B , toutes bien semblables , on en conviendra sans peine , à celles que contient notre planche 2 e . Nous signalerons les trois formes entre parenthèses comme particulièrement remarquables.

Nous sommes étonné de trouver vacante la place du G dans cet alphabet de Sinaï. Il nous semble pourtant que la forme n° 5 de la ligne du D, ainsi que la forme n° 4 de la 48 e ligne, et peut-être la forme n° 4 de la 42° ont les plus grands rapports avec différentes formes que nous avons données dans notre 3° planche.

Quant à la ligne des D, elle n'offre aucune difficulté et correspond parfaitement aux caractères égyptiens que nous avons trouvés pour exprimer cette lettre.

Les quatre formes de la ligne de l'E sont toutes semblables à la même lettre de l'hébreu carré. Nous pensons qu'on doit joindre à ces caractères cinq autres signes que nous avons mis entre parenthèses à la ligne 1 6 e et qui ont un rapport trop frappant avec ceux que nous avons donnés, planche 5°, pour pouvoir les appliquer à une autre lettre, même voyelle.

La 6 e ligne offre un caractère identique au n° 4 de notre planche 6 e . Nous croyons que les deux suivants seraient mieux placés à la 16" ligne pour exprimer la lellre 0.— On sait au reste que les Anciens, et en particulier les Egyptiens, employaient assez souvent une voyelle pour une autre. Aussi ne faut-il pas s'étonner de cette confusion , qui n'est qu'apparente , et qui ne porte, on le voit , que sur les voyelles.

La T ligne n'offre aucune difficulté.

Il en est de même de la ligne suivante , où vous retrouvez tout d'abord les formes de notre planche 8 e .

La 9* ligne offre matière au doute , et l'auteur luimême l'a exprimé par un signe dubitatif. Nous pensons que les deux premiers signes pourraient être des C ; ils ont les plus grands rapports avec le n° 8 de notre pl. M*.

La 1 0" ligne , celle des I , porte tous les caractères d'une ressemblance frappante avec nos signes de la planche 40 e .

Il en est de même des deux lignes qui suivent , sauf l'exception que nous avons signalée pour la ligne 42* et que nous avons mise entre parenthèses.

Les rapports les plus frappants avec les signes de notre 13 e planche se trouvent encore dans la ligne 43% qui n'est à vrai dire qu'une reproduction de nos signes égyptiens. Même observation peut s'appliquer dans toute son extension aux deux lignes suivantes , celles des N et des S.

Nous avons déjà fait nos réserves sur quelques caractères de la 48 e ligne. Ajoutons ici que les deux première mis entre parenthèses nous sembleraient mieux se rapporter à la ligne précédente (voir nos planches T et 4 5 a ) ; et que les sept autres renfermés dans les deux dernières parenthèses nous paraissent exprimer aussi bien la

voyelle f ou V, que la voyelle 0. Au reste nous venons de dire qu'il y avait peu d'importance à trop distinguer ces voyelles entre elles. Champollion les appelle ordinairement voyelles vagues , et nous trouvons les mêmes substitutions dans l'égyptien.

Notons toutefois les rapports singuliers d'identité qui se trouvent entre ces sept caractères et ceux de notre planche 6 e .

La 17 e ligne nous donne des signes que nous avons déjà vus dans nos planches alphabétiques (Pl. 17 e ).

Rien à noter sur les lignes suivantes, si ce n'est la parenthèse du n° 48, dont nous avons parlé tout-à-l'heurc au n° 3.

La lettre T ou Th , le Tau mystérieux dont nous avons déjà fait mention , se trouve , ici comme partout , désignée par la croix, simple ou ansée.

Quelle conclusion tirer de tout cela ?

Des Pères de l'Église des premiers siècles affirment que les Hébreux ont emprunté leur Alphabet à l'Égypte ; d'autre part une tradition plus ancienne encore nous dit que les Grecs ont pris cet alphabet des Phéniciens, lesquels l'ont pris de l'Egypte ; la découverte incomparable de Champollion nous fait lire enfin ces hiéroglyphes , inconnus depuis tant de siècles , et le rapprochement de ces hiéroglyphes et de nos alphabets nous montre clairement la filiation de ces derniers ; enfin une autre découverte vient nous mettre sous les yeux et nous faire toucher au doigt les signes mêmes employés par Israël à sa sortie d'Egypte , et ces signes nous les retrouvons dans l'alphabet de l'Egypte. Donc l'alphabet hébreu, l'alphabet de toutes les langues sémitiques, l'alphabet de nos

langues elles-mêmes vient de l'É«ypte. Donc nos traditions anciennes , nos enseignements d'autrefois , sont vrais ; donc la thèse que nous avons développée dans le chapitre précédent est désormais inattaquable.

Texte grec du pusag e de Clément d'Alexandrie cité dam le premier chapitre. SlronuUe», livre i". (Pope» 343 et 344 de l'édition de Paria 1041, in-folioj.

Kv ce ^Xtxta vevou.£vo;, AptOfxrjOixr.v ti xat r£to|j.£Tptav ' PyOtir,tuctjv tc xat A'puovixY,v ix\ ce Tarpix^v ifza xat Mouçixr.v, ^rapa toi; ûioi7rp£Trouciv AtYUTrctoJv iotoasxETo' xat rpoafixi tt,voi« <rutxpV Xwv tpùoaostav, y,v £v toi? l'epo^Xu^ixoii: Ypaupatm e'irtôftxvuvTai •

npo3£uav6ave Se Ta Atyuimo>v ypatxuiaTa , xat tt,v twv oùpavtwv iTrtiTTTjfxrjV, irapa itt XaÀoatwv, irapa «s AtYUffrtwv ' 66sv èv Tat; Ilpaçeffi icaaav «xptav Aîyvittiwv nicaittuaOai cptpeTat. EùiroXt ( uoç Se iv o» rapt toiv é*v Tt] Iouâata (îafftXtwv , tov Moxrri «p?)<Tt irpwtov aot^ov Ytveuôat , xat rpa(A ( uaTix-/iv irpwrov toiç Iouoatotç irapa- $oovat • xat rcapa louSatwv «frotvtxaç itapaXapetV EXXïjvaç 8e irapa

Texte latin do la lottro de «aint JiiVhiic, «souvont ciU-rt dans Ir premier clupitre. EpiH. ad Paulam. iKlniun de M. Mifnc : Pairologite tom. xxn. col. 4M-413).

Ad Paulam.

De Alphabeto Iltbraico Psalmi cxvnr.

Etylomogias litterarum Ilebraicarum, et interpretationes sanctùm Paulam edocet • et quanta sint in connexione eorumdem elementorum dicina mysteria, hreviter e.rponit.

1. Nudius lerlius, cum centesimum octavum decimumPsalmum libi insinuare conarer, el dicerem , omnem moralem locum in eo esse comprehensum ; el quomodo Philosoplii soient dispulaliones s-uas in Physicam, Elliicam, Logicamque partiri , lia et eloquia divina aut de natura dispulare, ut in Genesi, cl in Erclesiaste, aul de moribus, ut in Proverbiis, el in omnibus sparsim libris, aut de Logica, pro qua noslri Theoricen sibi vindicant, ut in Cantieo canlicorum, et in Evangeliis (licet Aposlolus saepe proponal, assumai, confirme! alque concludat, qua> proprie artis dialecticœ sunt) sludiosissime perquisisli, quidsibi velint Hebreee litlera?, qua*Psalmo, quem legebamus, videbanlur inserta-.

2. Respondisecundum ordinem litlerarumeumessecomposilum, quod videlieet ex prima litlera, qua- apud eos vocatur Àleph, octo versus inciperent. Hursu-» ex sequenli Beth totidem versus exordium sumerent : ac postea ex Gemel idem numerus compleretur : alque ila usque ad Thau, qua- apud eos extrema litlera est, Psalmum esse conscriptum : et ex singulis quibusque démentis secundum interpretationes eorum debere inlelligi qua* sequerentur. Identidem flagitas, ul tibi interpretationes singularum edicerem Hlleramra. Dixi, fateor, verum quia propler barbariem lingusn memorialabitur omne quod diximus, desiderasCommenlariolum fieri, ul si in aliquo forte litubaveris, oblivionem leclio consolelur.

3. Quatuor Psalmi alphabet ici. — Ac prius quam de singulis dijseram, scire debes, quatuor Psalroos secundum ordinem Hebmorum incipere elementorum : centesirnum decimum, et centesimum undecimum, et hune de quo nunc scribimus, et centesimum quadragesimum quarlum ( et tricesimum sexium). Verum debes scirc in prioribus Psalmis, singulh lilleris singulos versiculos, qui trimetro iambico constant , esse subnexos. Inférions vero telramelro iambico conslare, siculi et Deuteronomii Canticum fscriptum est. In cenlesimo decimo octavo Psalmo singulas litteras octoni versas sequuntur. In cenlesimo qua dragesimo quarto singulis lilleris sin-

guli vertus gemini depulanlur. Sunl qui cl alioshoc ordine pulcnl incipere, sed falsa eorum opinio est. llabes cl in l.amculalionibus Jeremiœ qualuor Alphabeta, e quibus duo prima quasi Saphico métro scripta suai : quia tre* versieulos qui sibi connexi sunt, «t ab uoa lautum lillera incipiunl Ileroici comma concludit. Terlium vero Alphabetum trimelro scriplum est, el a teruis litleris, sed eisdem terni versus incipiunt. Quarlum Alphabetum simile est primo, et secundo. Proverbia quoque Salomonis extremura claudit Alphabetum, quod teiramelro iambico supputalur, ab eo loco, in quo ail : Mulierem fartent qui* inveniet (Prov. 31. 10).

4. Quomodo aulem in lus noslris litleris non polesl quis ad legenda verba, texendaque procedere , nisi prius ab elemenlis cœperil : ila et in Scripluris divinis non valeraus ea qua? majora sunl nos»e, nisi Elhicae habuerimus exordium, secundum illud quod Prophela dicil : « A mandalis luis intellexi (Ps. 1 18. 104); quod videliect posl opéra cujperil habero scienliam secrelorum. Verum jam complendum est quod pelisli, ul sensum uniusenjusque elemenli interpretalio annexa signilicel

5. Aleph inlcrprelalur doctrina. Belh, domus. Cemel, plénitude Di-lelh, tabularum. He, hta. Vau, et. Zai, luct. Heth, vita. Tel, bonum Iod , principium. Caph, manus. Lamed, disciplina sive cordis. Mem, ex ipsis. Nun, sempiternum. Samedi, ailjitlorium. Ain, fous sive octtlus. Phe, os, ab orc, non ab ossc dictum inlellige, ne litterarum arabiguitalc fallaris. Sade, justifia. Coph, voeatio. Iles, capitis. Sen,deutium. Thau, signa.

G. Posl iulcrprelalionem elemeiilorum intelligentiœ ordo dicendus csl. Aleph Belh Gemel Delelh, prima connexio est, doctrina domus pleiiUudo tabularum ; quod videlicel doctrina Eeclesia\ qua* domus Dei est, in librorum reperiaturplenitudinedivinorum,

7. Secunda connexio est : He Vau /.ai Heth ; ht a et fixe vita. Qv.t. emu alia potest esse vila sine scienlia Scripturarum , per quas eliam ipse Christus agnosritur, qui est vita credentium?

8. Tcriia connexio habel : Tel lod, bonum principium . quia quamvis nunc sciamus universa quaî scripta sunt, tamen ex parle cognoscimus. el ex parle prophelainus : el nunc per spéculum videmus in icnigmale. Cum aulem meruerimus esse cum Chrislo, el similes Angelis fuerimus, (une librorum doctrina eessabit, et lune videbimus facie ad faciem bonum principium siculi est.

9. Quarla connexio est : Caph Lamed; manus disciplinx, sive cordh. Manus inlelligunlur in opère, cor el disciplina inlerpretanlur [al. intell iguntur] in sensu : quia nihil facerc possumus, nisi prius qu« facienda sunl scierimus.

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