BARBARES
Le premier qui ait introduit en Grèce les lettres communes, c'esl-k-dire les premiers éléments de la grammaire, est certainement Cadmus, Phénicien d'origine ; ce qui a autorisé quelques anciens à nommer les lettres ço'tvtxitfa ypâjjLfjiaTa. Il est des au-
leurs qui eu rapportent lu découverte aux Syriens; or, les Hébreux sont Syriens, voisins de la Phénicie, et habitant un pays nommé anciennement Phénicie, puis Judée, et aujourd'hui Palestine. Les noms qu'on donne aux lettres grecques ne sont pas très différents de cenx des leurs ; mais, chez eux, le nom de chaque lettre a une valeur significative, qu'il n'a pas pour les Grec». Vingtdeux éléments composent tout l'alphabet chez les Hébreux; le premier en est Alph, qui, traduit dans la langue grecque, voudrait dire instruction, le deuxième Beth, s'interprète par le mot maison, le troisième Gimel est le complément, le quatrième Delth est le signe de tablettes, le cinquième E, veut dire même. Ces caractères rapprochés l'un de l'autre, donnent celte phrase : L'instruction de la maison est le complément même des tablettes ; après ceux-ci vient le sixième élément qu'Us prononcent Yau (iTrûnjaov BzÛ), ce qui veut dire en elle ; ensuite Zai signifie vit. Après vient Eth, qui est le vivant ; en sorte que le tout ensemble a la signitical ion suivante : En elle vit le vivant. A la suite, le neuvième élément le Tetfi, veut dire Beau ; après quoi Joth, se traduit par commencement, et les deux ensemble : Le beau commencement. Après ceux- ci vient Chaph, qui est : cependant ; ensuite Labd, qui est apprenez, et le tout : cependant apprenez; en suivant, vient le treizième élément Mem, qui veut dire d'eux ou d'elles; puis Noun qui est éternel; après Samch, qu'on traduit par secours, de manière que lue ensemble, celle série de lettres veut dire : Le secours éternel vient d'elles. Après quoi vient Ain, dont la significalion, en le traduisant, est : source ou œil; à la suite Phé, bouche, et toujours en continuant Sadé, qui est justice, le sens total : La source ou œil et la bouche de la justice ; à la suite de cet élément vient Coph, qu'on rend par appel. Après Rhès, qui est tête, et après ceux-ci Sen . les dents. Puis le vingt-deuxième élément est Thau, qui veut dire signes; en sorte qu'on trouve pour sens : l'appel de la tête et les signes des dents. Voici donc la mêla phrase ou interprétation de ces éléments qui ont le sens complet, correspondant à la valeur d'idée du nom de chacun d'eux, ce qu'on no pourrait pas trouver chez les Grecs.
D'où l'on est forcé d'avouer que ces éléments ne sont pas nés en Grèce, mais y ont été évidemment transportés d'une langue barbare. On peut encore s'en convaincre par la dénomination de chacun des éléments. En quoi Alpha diffère-l-il d'Alph, Beta de Belh, Gamma de Ghime), Délia de Delth, l'Héla de TE, le Zetadu Zaï, le Telh du Thêta, et lous les autres pareillement ? en sorte qu'il est incontestable que toutes ces voix ne sont pas originaires de la Grèce; mais bien venues des Hébreu*, chez lesquels on a
montré que chacune d'elles possède un sens spécial. Ces éléments donc ayant eu un principe d'existence cites te peuple, ils se sont propagés chez les autres, et sont parvenus définitivement chez les Grecs.
Mais qu'est-il besoin que j'essaie ici de développer la rectitude qui a présidé à l'imposition des noms, chez les Hébreux, en tirant mes preuves de Moyse, dont la sagesse l'emporte sur toutes les autres, puis des livres saints et de mille autres; cette exposition demanderait beaucoup plus de loisir que le plan de cet ouvrage ne m'en concède? Mais quoi, les Grecs ne sauraient nous donner les étymologies des premiers éléments de la grammaire, Platon môme ne saurait déduire la raison qui a créé la distinction des voyelles et des consonnes; tandis que les enfants des Hébreux seraient en état de nous montrer l'origine de l'Alpha, qui est nommé Alph par eux, et qui signifie instruction; de Bèta, qu'il leur platl de prononcer Beth , nom d'une maison pour eux ; en sorte, que le sens attaché à ces voix est, l'instruction de la maison, ou pour parler plus clairement, la doctrine ou instruction domestique. La troisième lettre, au lieu de Gamma, ils la prononcent Gimel, c'est ainsi qu'ils appellent la plénitude. Ensuite, la quatrième lettre dont le son est Delth, signifie les tablettes (Aéàtoi) ; ils marquent donc par ces quatre lettres, que l'enseignement écrit remplit les tablettes. En continuant cet examen des autres éléments grammaticaux, avec réflexion et maturité, on se rendrait compte du nom de chacun. Quant à ce qu'on rapporte des sept voyelles, qui, réunies ensemble, possèdent un nom et un son mystérieux, que les enfants des Hébreux écrivent en quatre lettres, et qu'ils rapportent à la suprême puissance de Dieu, c'est une tradition transmise des pères aux enfants, qu'il est interdit à la multitude de proférer, attendu que c'est un mystère. El je ne sais d'où il est arrivé que quelqu'un des sages de la Grèce, en ayant eu connaissance, y a fait allusion dans les vers suivants : « Les sept lettres voyelles me célèbrent , moi qui suis le Dieu impérissable; le père infatigable de tous les êtres, je suis la Cylhare indestructible de l'univers; c'est moi qui ai trouvé l'accord harmonieux du tourbillon des cieux. • Si l'on voulait continuer le même examen, pour chacun des autres éléments grammaticaux des Hébreux, on leur trouverait un sens pareil. Nous nous sommes déjà livrés a ce travail , lorsque nous avons démontré que les Grecs avaient reçu des secours de tout genre, de la part des barbares. Si quelqu'un s'appliquait a l'étude spéciale de la langue hébraïque, il verrait ftvec quelle justesse de signification les noms ont été distribués par ces hommes.
Noms dm lettres <le l'alphabet hébreu d'après Eoetbe. (Ue. citât.)
Alph.
(a»0t,ïi<.
Beth.
olxov.
Gime).
yiuuX.
•jrXy,pa>n;.
Delth.
ÔeXO.
StXttOV.
He.
Vau.
oùa-j.
tv «ÙT7J.
Zaï.
Ch.
Heth.
Teth.
TTjO.
xaXTj.
loth.
iu>6.
Chaph.
6|Mtt>
Labd.
XxSS.
Mcm.
«; etvtwv.
Noun.
vouv.
Samch.
Aïn.
àtv.
fr»]Y/;v-6ç8aXjxov.
Phé.
Sadé.
caSr,.
5txaio<TuvT ( v.
Coph.
xXtj<tk;.
Rhés.
fa.
Sen.
<rev.
éôOVTCEÇ.
Thau.
<nr,|xeia.
Nom des lettres de l'alphabet hébreu d'après saint Jérfaie.
Aleph.
Beth.
Gemel.
Deleth.
He.
Vau.
Zai.
Het.
Teth.
lod.
Caph.
Doctrina.
Domus.
Plenitudo.
Tabulanim.
IsU.
Et.
HîBC.
Vita.
Bonum.
Principium.
Ma nus.
Laraed . Disciplinas sive cordis .
Mem. Ex ipsis.
Nun. Sempiterura.
Samech. Adjutorium.
Ain. Fons sive doculus
Phe. Os(ab ore, non ab oste)
Sade. Justifia.
Coph. Voeatio.
Res. Capitis.
Sen. Dentium.
Thau.