Aussprache der laleinischen sprac/ie, t. II, p
2. Les sauvages de la Nouvelle-Zélande nomment la reine de la Grande-Bretagne IVikiloria.
VOCALISME.
is ai
retard équivalant à une fraction d’un autre temps. On est confirmé dans cette hypothèse quand on se souvient que, dans le latin classique, lorsqu’au lieu d’être une muette la seconde consonne en position était un r, la prononciation devenant plus coulante, la position ne faisait plus une longue, mais une douteuse seulement. On connaît l’exemple : Natum ante ora pàtris, pâtrern qui obtruncat ad aras, Æn. II, 663.
Dans les langues germaniques et dans les langues néo-latines, les conditions de la prononciation sont changées. La voix a, pour ainsi dire, fait son éducation, et l’articulation devenue plus agile n’éprouve plus aucune peine à prononcer d’un seul coup deux ou plusieurs consonnes. Les Allemands surtout ont gagné à cet égard une étonnante facilité. Dès lors un effet contraire est produit par la position. Suivant une tendance très-marquée de la phonétique dans les langues indo-européennes, à faire agir le subséquent sur l’antécédent, le son de la première consonne de l’accumulation devient l’objet final de la syllabe qui la précède, et la prononciation s’y précipitant par un élan, abrège par cela même la voyelle précédente, cette voyelle fût-elle naturellement longue.
Telle est l explication que nous croyons propre à rendre compte des effets différents qu’exerce la position entre les deux groupes de langues que nous avons comparés. Nous considérons cette opposition comme résultant d’une difficulté et d’une agilité plus ou moins grandes dans la prononciation.
§§ 9 - 18 . — de l’accent tonique.
§ 9. — L’étude de l’accent tonique a été longtemps négligée dans la grammaire comparative. On n’a guère commencé que depuis vingt ans à en poser les principes. Outre les éléments de comparaison qu’il fournit, l’accent donne une explication naturelle à la persistance et au renforcement de la voyelle qui le porte, à l’affaiblissement et même à la chute de celles qui le précèdent ou qui le suivent.
Dans nos langues modernes, on entend par accent tonique l’effort de la voix appuyant sur une certaine syllabe parmi celles qui composent le mot. Tout mot isolé a son accent; il est en français sur la dernière voyelle sonore: aimér, aimable. Mais, dans l’ensemble de la phrase, les mots secondaires en sont dépourvus et il n’est retenu que par les mots principaux : cet homme est un vrai héros. C’est pourquoi on distingue entre l’accent syllabique ou vocabulaire des mots isolés et l’accent phraséologique ou oratoire.
L’étymologie suffirait à nous apprendre que l’accent antique ne consistait pas, comme le nôtre, en une simple insistance de la voix, et qu’il se marquait par une véritable modulation musicale 1 . Accentus vient de cancre. De même l’expression de to'voç, par laquelle les grammairiens grecs désignent l’accent, signifie proprement la tension des cordes de la lyre, ayant pour
i. Il en est encore un peu de même dans le langage passionné et dans celui du peuple. C’est la prononciation polie des modernes qui a réduit l’accent à une faible insistance de la voix, sans modulation.
VOCALISME.
effet de donner une note plus ou moins élevée dans l’échelle de la gamme. Le nom sanscrit de l’accent aigu, udâtta (élevé),* implique la même idée. Les grammairiens anciens définissaient l’accent l’élévation dans la prononciation, tandis que la quantité en était la durée*. Le langage, soumis aux doubles lois de la quantité et de l’accent, se rapprochait d’une mélopée musicale où la quantité aurait donné la valeur des notes dans la mesure, tandis que l’accent marquait leur tonalité relative, ou, en d’autres termes, leur place sur la portée. On a même poussé la comparaison jusqu’à assigner à la syllabe accentuée ordinaire une élévation d’une quinte au-dessus du reste du mol. Pour se figurer comment se prononçaient des mots tels que aki j- Ôoficrm; ou pudicitia, il faudrait noter mi ut sol ut ut, en comptant les longues et les brèves comme des noires et des croches. Le langage primitif était un chant, comme les choses qu’il exprimait étaient une poésie. Seulement, n’oublions pas qu’il ne peut s’agir ici des procédés rigoureux de la musique proprement dite, et qu’on ne doit entendre par durée et tonalité que des valeurs sans précision.
Sans nous arrêtera distinguer les différentes espèces d’accents, aigus, graves, circonflexes, qui n’ont pas d’intérêt comparatif, résumons les règles de position de l’accent syllabique principal dans les langues qui nous occupent.
§ 10. — - En sanscrit, l’accent se pose sur la syllabe qui lui convient depuis le commencement jus-
i.Priscien, de accent., p. 1285.
qu’à la fin du mot, si long qu’il puisse être, et sans considération des brèves ni des longues. Il est sur la première dans âbubaudhisâmahi (nous voudrions savoir), sur la pénultième dans tanaümi (je tends), sur la dernière dans babandhirnâ (nous avons lié) .
§11. — L’accent grec conserve en partie cette liberté, mais il la limite en se cantonnant dans les trois dernières syllabes du mot, et même dans les deux dernières seulement quand la dernière est longue ‘ . On a ainsi des oxytons comme i’ka.yyç, des paroxytons ou barytons comme 6<mov, et des proparoxytons comme âvôpwTCo;. Dans ces derniers l’accent se déplace et passe sur la pénultième quand la flexion allonge la dernière : àvQpw7rw.
Telle est du moins l’accentuation classique. -Nous verrons tout à l’heure qu’on en peut supposer une différente à un état plus ancien de la langue. De plus, les accents réguliers de la langue classique étaient souvent déplacés dans les dialectes. Le dorien tendait à les rapprocher de la fin du mot ; il disait «ppa-ntp et non çpa-nip, âv0pô)7ïo; et non âvÔpwroç. Les Eoliens au contraire reculaient l’accent autant que possible et ne le souffraient pas sur la dernière. Ils disaient coço ; pour co<poç, àuvaTQî pour Sw'afo;, et se rapprochaient par ce caractère de l’accent latin.
§ 1 2. — Ce dernier diffère surtout de l’accent grec par l’absence complète de liberté. L’accent grec, au moins dans les noms, se mouvait dans ses limites avec
i . Nous n’avons pas besoin de rappeler que les finales at, ot, sont considérées comme brèves en grec, quant à l’accentuation.
VOCALISME.
un arbitraire qui ne peut être déterminé que par l’usage ; dans les verbes seulement il marquait nettement la propension à s’éloigner le plus possible de la finale, tout en se subordonnant à sa quantité. L’accent latin a sa place nécessaire et l’aspect seul du mot suffit pour le fixer. Jamais il ne se pose sur la dernière 1 ; dans les mots de trois syllabes ou plus, il est toujours sur l’antépénultième quand la pénultième est brève, sur la pénultième elle-même quand elle est longue. A la différence du grec, c’est la quantité de la pénultième qui décide tout; celle de la dernière est indifférente. Ainsi hôrnïnîs et hùmlnès ont également l’accent sur ko à cause de ml et sans égard à la dernière; avênà et avênâs ont l’accent sur la pénultième à cause de son ë long.
L’accentuation du latin a joué un très-grand rôle dans la formation des langues néo-latines. Parmi les modifications que les mots ont subies pour passer du latin à l’italien, au français, etc., l’accent n’a pas quitté sa syllabe*, et la voyelle accentuée ne s’est modifiée que pour se fortifier, tandis que les autres, surtout celles qui la suivaient, étaient soumises à tous les genres d’affaiblissement. Comparez âmo= j'aime; amâvit = il aima ; amdhilem = aimable ; le'gem = loi; pas tor= paire; pastôrern —pasteur , etc.
§ 13. — En appliquant au grec et au latin classiques la même théorie de la stabilité supérieure des voyelles
1. Sauf quand il s’y trouve amené par suite d’apocopes, comme dans dedüc , illic, pour * dedûce, * illice. Voyez Cors3en, ouvr. cit., t. II, p. 216.