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Au moins dans les mots de formation populaire

CB. comc. 2

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acceiituées, oh est arrivé à conjecturer* que l’aecent n’avait pas toujours été cantonné, en grec dans les trois dernières syllabes, ni eu latin dans la pénultième et l’antépénultième , car certaines formations de ces langues ne s’expliqueraient qu’avec un accent primitivement différent de celui qu’indiquent les règles ordinaires. Par exemple, en grec, le verbe irirrru fait conjecturer un primitif à redoublement, * 7mtETw accentué sur la première, contrairement à la règle en cas de dernière longue. ’A^rlOeta s’expliquerait par * akiïh'jioL, ‘Xeyrj’jca par * }Éyovria, avec des accents sur l’anté-antépénultième. En latin cognitus pour * cognôtus serait formé par l’affaiblissement d’un ô qui, selon les règles ordinaires, aurait porté l’accent : on est donc arrivé à supposer une accentuation anomale * côgnôtus. La chute d’une syllabe tout entière dans amasti, amarunt, ne peut s’expliquer que par une ancienne accentuation amcwisti, amàverunt, malgré la longueur des deux pénultièmes. De même on a supposé que pübli-

1 . Consultez surtout, sur cette curieuse théorie, Weil et Benloew, Accentuation latine , Paris, 1 855, p. 105 sqq.; et Corssen, Veber aussprache , vohalismus und betonung der lateinischen sprache, Leipzig, 1858-63, t.ll,p. 321 sqq. M. Corssen attribue la première idée de l’accentuation latine archaïque à un article inséré par M. Dietrich au 1 er volume du Journal de Kuhn (Corssen, Beitràge zur lateinischen formenlehre , p. 568). Je crois que M. Benioew peut réclamer la priorité. L’article de M. Die* trich est de 1852, et M. Benioew avait déjà posé les bases de cette théorie en 1847, dans sa thèse sur Y Accentuation dans les langues indo-européennes , p. 173.

2. Il est d’usage, en grammaire comparée, de marquer d’u astérisque les mots qu’on forge par conjecture , soit qu’ils n aient pas réellement existé, ou qu’on n’en puisse prouver directement l’existence.

VOCALISME.

eus avait été d’abord * pôpulicus, avec l’accent sur la première; vicies a fait imaginer un primitif accentué sur la première, * vicenties , etc.

On a été jusqu’à croire que le latin avait eu des oxytons. Si nos vient d 'enos, qu’on trouve dans le Chant des Frères arvales, la chute de Ve ne prouveraitelle pas que cet enos était accentué sur la dernière ? De même surri aurait été pour * esüm, clam pour * calâm 1 . Cette dernière conjecture nous paraît poussée trop loin. 11 n’est pas nécessaire de supposer des oxytons, si contraires au génie de l’accentuation latine, pour justifier des formes telles que nos et s uni. Les formes originaires peuvent avoir été accentuées régulièrement enos , * ésum, sans que la chute de Ve initial en soit incompréhensible, non plus que celle de Va dans clam pour * câlam) ces mots ayant souvent joué le rôle d’enclitiques, et ayant pu perdre ainsi leur voyelle principale, de même que le latin ille a perdu sa syllabe accentuée en devenant le français le.

Mais à part les oxy tons latins, il nous semble raisonnable et même nécessaire d’admettre, au moins à titre d’hypothèse destinée à rendre compte de certaines formes grecques et latines , l’existence d’un accent archaïque qui aurait porté librement et sans conditions prosodiques sur une des trois avant-dernières syllabes du mot, et qui aurait été ramené plus tard à celles qu’il occupe dans la période classique, soit par un déplacement, soit par des affaiblissements (côgnitus) et des suppressions ( pûblicus ), analogues

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