‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 2 sur 100 · IV AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

IV AVERTISSEMENT

enfin pénétrer, par une analyse un peu rigoureuse, dans l’organisation intime des langues et dans les lois de leur développement vital.

Si je me suis décidé à publier le commencement de mon travail sans attendre qu’il fût terminé, c’est que cette première partie forme à elle seule un tout, et en quelque sorte une œuvre détachée. La phonétique, en effet, est arrivée à constituer une branche à part de la grammaire comparative, et une espèce de science préparatoire, précédant l’examen des racines et de la formation des mots. On peut l’étudier en elle-même, et des ouvrages aussi importants que les Esquisses d’étymologie grecque de M. G. Curtius, et les travaux de M. Corssen sur la prononciation et les formes du latin, ont posé les lois fondamentales de la formation des mots grecs et latins sans sortir de ce cadre. Ce que je dois à ces savants livres ainsi qu’à la Grammaire comparée de Bopp, à celle de M. Léo Meyer, au Compendium de M. Schleicher, aux Grammaires sanscrites de M. Benfey, etc., je le reconnais hautement. J’ai tâché de me tenir en accord avec ces maîtres, qui ont établi un corps

A. VE RT ï SSEM ENT ,

de doctrine dont il n’est plus possible de s’éloigner impunément, et j’ai exposé d’après eux l’état actuel et les résultats acquis de la philologie comparative, sans me sentir tourmenté du besoin de dire des choses nouvelles. Je ne me suis écarté sur certains points de l’opinion de mes devanciers, que contraint par l’évidence des faits, telle qu’elle apparaissait à mes yeux.

La grammaire complète aura trois parties :

la première est la présente Phonétique ; la seconde traitera des racines en général et des formations nominales ; et la troisième des formations verbales. J’espère être bientôt en mesure de les terminer.

Janvier 1868.

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