‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 31 sur 100 · Cp. le participe dhitâ, pour- * dhâ ta (posé · texte numérisé non relu

Cp. le participe dhitâ, pour- * dhâ ta (posé

VOCALISME.

spéciale à l’affaiblissement qu’éprouvent les syllabes précédant immédiatement l’accent tonique.

La compensation en au ne se rencontre guère que dans les finales en as, que l’euphonie change en au devant les consonnes sonores et devant â initiaux. Ex.: nalau nàma (Nalus nomine), pour nalas nàma. Quand il est précédé de toute autre voyelle que â, le s final se change en r dans les mêmes rencontres, et l’on en a pu conclure qu’ici au était pour ar, comme on a en français au pour al [au=àle, chevaux— chevals ). Mais une permutation pure et simple entre r (/ en français) et u nous paraît inexplicable, et il nous semble plus rationnel^ en pareil cas, d’avoir recours à la compensation, et de supposer que la chute de /• (ou l) a amené le renforcement de l’a précédent en au pour aa l .

§ 46. — Nous avons dit qu’en deux cas seulement la permutation entre voyelles et consonnes nous paraissait admissible. Ces cas sont :

1 0 La permutation entre les voyelles *’, u et les semi » voyelles j f v. La nature mixte de ces dernières explique suffisamment ce changement; nous en traiterons à propos des semi-voyelles.

1 . On peut, en faveur de ce système, tirer argument de ce qui s’est passé dans notre langue d’oil. Le changement de cheval à chevaux ne s’y est pas accompli d’un seul coup. On trouve d’abord chevals, puis, concurremment avec chevaux , l’intermédiaire chevax (on sait qu’ici le x n’est qu’un s). Cette forme est encore usitée dans le patois normand, et s’y prononce chevds. La compensation de la chute de l par l’allongement de a y est flagrante, et dès lors il est permis de ne voir dans le au de chevaux qu’une variation de cet a long.

2° La permutation entre les nasales et u, i. Le cas ne se présente en sanscrit que rarement et obscurément. Ainsi an s’y transforme en u dans les troisièmes personnes plurielles du potentiel et du parfait actif, qui se terminent en us pour anl; am devient u dans ubhâu pour * ambhâu, gr. â^ipu, lat. ambo. — Elle est plus fréquente en grec, dans les accusatifs pluriels en oy; pour *ovç; dans les troisièmes pers. plur. actif en ouai pour ovti; dans les participes en eiç, tiQïi'ç pour *Tiôm{. — Elle se présente en latin sous la forme ôs pour * ôns, dans les accusatifs pluriels en ôs, dans le suffixe ôsus pour ônsui, formosus, archaïque fornionsus. On la retrouve en français dans époux, de sportsus; couvent , de conventus , etc. En réalité, cette permutation n’a pas lieu de consonne à voyelle, mais d’une voyelle nasalisée an, on (prononcée «à la française), à une diphthongue, entre lesquelles il y a similitude de nature. Cependant, il est possible aussi d’y voir une compensation proprement dite, une diphthongue remplaçant la nasale tombée (v. § 1 44).

§ 47. — Le grec présente des cas de compensation bien caractérisés et tout à fait analogues au sanscrit.

1° Par allongement. Ex. : ita-nifp pour * xartp;, cp. TraTÉpx; iï'jçiLtvr'ç pour * âucpieveç-ç (gén. àuapievso;) cp. sscr . durmanâs ; [<stâ!ç (sistens) pour * [oravTç ; pour * \thjy. forç ; çépwv pour * (pepov-rç, cp. çépovToç.

2° Par diphthongue. Ex. : eipu pour * iopi, dor. èpqju, cp. sscr. aidhi pour * asdhi; xpeirrwv pour *xp<xTÏü)v, etc.

§ 48. — De même, en latin, la compensation a lieu :

B 50) VOCALISME. 63

1° Par allongement. Ex. : ariês pour * arië/s, cp.' ariétis ; examen pour * exâgmen, iVâgere.

2° Par diphthongue. Mais ici on doit se rappeler que les diphthongues latines se sont troublées et changées en simples voyelles longues. Ainsi, fêci et lëgi, parfaits de fâcio et de lego, proviennent de formes redoublées * fêfici, * /ëlîgi, par des intermédiaires perdus *feici*leigi, comme en sanscrit taina est pour *tatana (tendistis). De même bonôs et formôsus ont pu provenir de* bond ns et de *forrnônsus par des intermédiaires *bonous,* formousus, dont les traces auraient disparu. Cp. dûco, arch. douco.

Page 1