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GRAMMAIRE COMPARÉE. [§ 52J

mot à l’autre il ne l’admet qu’en des cas exceptionnels et par suite d’élisions incomplètes (v. § 52).

§ 51. — Coalescence. — D’un mot à l’autre surtout, le sanscrit classique remplace l’hiatus par la coalescence, qui est soumise aux règles suivantes :

1 0 Quand deux voyelles semblables se rencontrent, elles s’ajoutent entre elles de manière à former la longue correspondante : a + a — à , i + i = i ; u+u = ü. Les longues s’ajoutant aux longues ou aux brèves n’ont de même que la longue pour total : à + â = â, etc.

2° Quand deux voyelles dissemblables se rencontrent, si la première esta ou à, le résultat est une diphthongue :a + i—ai; â+ i =âi: a + u — au; â + u=âu.

3° Si la première est i ou u, elle se change en la semi-voyelle correspondante : i + a = ja; i+u — ju; u+a—va; u+i—vi, etc. 1 .

4° En général, les diphthongues se comportent comme leurs éléments : ai+a = aja ; au+a — ava ; ai+ i= aji; au + u — avu; a + ai—âi; a + au — âu, etc.

Quand la coalescence a lieu d’un mot à l’autre, il se forme une crase, c’est-à-dire que les deux mots sont réunis par l’écriture : atrâgas, pour alra + agas (hic arbor).

§ 52. — Élision. Elle a lieu dans certains cas, par exemple entre les finales ai, au, et a initial. Mais alors

i . La pseudo-voyelle r se change en r consonne par la coalescence : r + a=^ra; a + r —ar.

VOCALISME.

si a initial est bref, c’est lui qui est élidé : variai ’sti pour variai + asti (in sylva est); gagau 'sti pour gagau+asli (elephas est). Si au contraire a initial est long, c’est la dernière voyelle de la diphthongue finale qui est élidée : varia àsît pour vanai+âsït (in sylva fuit) ; gaga âsït pour gaga u+âsll (transformation euphonique de gagas). On remarquera que cette élision incomplète, qui se présente aussi dans la prosodie grecque, laisse subsister un hiatus.

À l’intérieur des mots, l’élision a lieu le plus souvent en sanscrit entre les éléments de formation ; mais, suivant le procédé latin, c’est la première voyelle qui est élidée. Ainsi dhanva (arc), combiné avec le suff. in, fait dhanv-in (archer) et non * ilhanvain ni * dhanvan.

Quelquefois, à l’intérieur des mots, pour éviter l’hiatus sans faire d’élision ni de coalescence, i et u interposent leur semi-voyelle entre eux-mêmes et la voyelle qui les siîit. C est un véritable dédoublement. Ex. : bhï + i= bhiji (in me tu); bhrü+i = b/truvi (in supercilio) ; çuçru + us — çuçruvus (audierunt) ; âpnu + ariti — âpnuvanti (obtinent). Mais les formations de ce genre sont sporadiques. Visiblement elles résultent de la notation très-fine de ce qui se passe dans l’hiatus, quand i et u en sont le premier élément. Le grec et le latin, qui n’ont pas évité cet hiatus, l’ont prononcé de même, mais sans noter la nuance par l’écriture '.

§ 53. — Grec : Hiatus. — D’un mot à l’autre, l’hia-

1 . V. plus loin, § 180, ce que nous disons à propos du j latin, que Cicéron décomposait en deux i.

g», coup, S

tus était libre daus l’ancienne prosodie grecque. On le rencontre dans Homère, en une foule d’exemples où le digamma n’est pas admissible pour le pallier 1 . Quant à la prose, sauf certains cas où l’élision est obligée, comme entre la préposition èm et le mot qu’elle régit s’il commence par une voyelle, l’hiatus y est le plus souvent écrit, sans qu’on puisse s’assurer comment il il était prononcé.

A l’intérieur des mots, l’hiatus existe d’autant plus en grec, que les voyelles, comme nous le verrons, s’y trouvent mises en contact par la vocalisation ou la chute des semi- voyelles, et encore par la chute fréquente du ç. On peut citer ce vers d’Homère comme un exemple d’hiatus accumulés :

"rXiov èxTr.cOai, eùvaio[/.evov irroXieOpov.

Iliade, IX, 402.

Le dialecte ionien se distingue, comme on sait, par sa propension pour l’hiatus et pour le concours des voyelles. 11 rejette les contractions au moyen desquelles les autres dialectes en évitent une partie.

§ 54. — Contraction . — La contraction des voyel!«s qui se rencontrent à l’intérieur des mots a lieu, soit en fondant deux ou plusieurs voyelles en une seule, comme ri| pour Tijxaei (colit), soit en faisant passer l’hiatus dissyllabique à l’état de diphthongue monosyllabique, comme dans veiyei pour Tuyeï, datif de Tefyoç (mur) qui est pour ; dans aiâoï pour at£oï

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