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quatre façons principales dans la permutation : 1°par la substitution ; 2° par l'affaiblissement ; 3° par l’accommodation ; 4° par la métathèse.
§ 76. — Nous entendons par substitution le passage des consonnes d’une famille à une autre, plus adaptée aux organes de ceux qui les prononçaient, ou d’un degré (sourdes, sonores et aspirées) à un autre, pour des raisons analogues. Nous constaterons des substitutions de famille entre le sanscrit et le grec et le latin, et une subtitution de degré trèsimportante entre ces trois langues et les langues germaniques.
§ 77. — L’affaiblissement a bien des manières de se manifester :
1° Par le changement d’ordre, des explosives aux continues plus commodes à prononcer. Ainsi le c et le g, toujours explosifs dans l’ancien latin, sont devenus continus en français devant les voyelles e et i. On constate une tendance générale des langues à passer des articulations explosives aux continues.
2° Le changement d’organe ou de famille est peutêtre attribuable à l’affaiblissement plutôt qu’à la simple substitution. Des trois grandes familles de consonnes, les gutturales paraissent avoir été les plus fortes. Le changement irait donc, par affaiblissement, des gutturales aux labiales ou aux dentales, suivant des lois particulières que nous examinerons. Parmi les gutluralcs elles-mêmes, il y a une permutation par affaiblissement, des gutturales propres aux palatales, qui s’observe en sanscrit et constitue une transition entre les explosives et les continues.
3° Le dernier terme de l'affaiblissement est la chute de la consonne et même de la syllabe dont elle est le soutien.
§ 78. — Mais les lois naturelles du langage ne sont pas simples. On y constate des actions et des réactions. A côté de l’affaiblissement des consonnes, il faut placer un renforcement correspondant, quoique bien moins usité. Ainsi, quand les langues celtiques empruntent des mots latins à v initial, elles le fortifient d’un g : vinum = gwin, vélum = gwel. Le français en fait de même pour les langues germaniques : war— guerre, Wilhelm — Guillaume ; et même quelquefois pour le latin ■: viscum = gui.
Quelques renforcements sont peut-être dus à la compensation. Une consonne s’affaiblissant ou tombant, sa voisine se renforce. Ainsi en latin *dvis est devenu bis, cluellum = be/lurn, duonus = bonus.
Le renforcement des continues en explosives s’appelle durcissement.
§ 79. — L’accommodation consiste en ce que le voisinage d’une lettre force la lettre voisine à changerd’une certaine façon, pourrendrela prononciation du mot plus facile. Ce procédé, dont nous verrons des applications sans nombre, et que nous avons déjà constaté à propos des changements subis dans les composés par les voyelles latines, se divise en deux parties : \ 0 l’accommodation simple, quand la consonne qui change s’accommode sans s’assimiler entièrement ; 2° l’assimilation, quand la consonne qui change devient entièrement semblable à l’autre.
L’assimilation a pour corrélatif, plus rare qu’elle,
la dissimilation, où parmi deux consonnes semblables, surtout en deux syllabes voisines, l’une se modifie pour éviter la répétition d’une même articulation.
§ 80. — La métathèse, procédé moins fréquent et moins important que les deux autres, consiste dans le déplacement d’une consonne pour faciliter la prononciation. Ex. : xpaâi'a pour xapSia (cœur).
§ 81. — Nous étudierons successivement les consonnes en particulier, et nous en énumérerons les permutations, en tâchant de les rapporter à leurs principes et à leurs causes probables ; et nous terminerons ce qui regarde la phonétique par un aperçu des lettres adventices, voyelles et consonnes qui, dans une intention de prononciation facile , s’ajoutent quelquefois à l’élément organique des mots. Mais nous devons auparavant noter certaines règles générales qui s’étendent à des divisions entières de consonnes, et qu’on comprend sous le nom de règles de l’euphonie. Ces phénomènes appartiennent à l’accommodation, qui va peu à peu détruisant les anciennes formes des langues pour en rendre la prononciation plus aisée. En sanscrit, ces lois, moins suivies dans les consonnes qui constituent les racines et dans leur union avec les suffixes thématiques, le sont davantage dans l’agglutination des flexions, et plus encore dans les composés. Elles s’appliquent enfin avec une grande rigueur aux lettres de rencontre des mots entre eux. S’il en est rarement de même en grec, plus rarement encore en latin, cela tient sans doute à ce que, dans ces langues, les formes des mots étaient plus arrêtées.
et peut-être aussi les oreilles moins délicates pour noter les moindres nuances de la prononciation.