‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 46 sur 100 · EUPHONIE DES CONSONNES GRECQUES · texte numérisé non relu

EUPHONIE DES CONSONNES GRECQUES

§ 85 . — Toutes les consonnes jouent en grec le rôlç d’initiales et de médiales.

Les groupes initiaux acceptés en grec sont :

XT, XV, xp, xX, X<J (£); ITT, UV, 7Tp, ItX, Itff

yv, YP, 7*;

x 9 » x v » xp» x*; ? 9 » ?p» <px ;

Tfi., Tp, tX; [av;

S(a, &v, £p, Sg(£); gx, cy , <jt, d), CJ7T, cr«p, cp..

On remarquera la rareté des groupes d’explosives pures : trois seulement, xt, ut*, et l’absence

1 . Disons tout de suite, au risque d’anticiper un peu, que les groupes xt, jit, sont considérés par M. L. Meyer (t. I, p. 192), non sans vraisemblance, comme des dégénérescences de groupes originaires sk, sp, par une métathèse ks, ps, suivie de durcissement de la sifQante. Ses raisons de le croire sont des

absolue d’alliance des sourdes avec les sonores. De même qu’en sanscrit, les sifflantes sont comptées comme sourdes, les nasales et les liquides comme indifférentes. Le £ ferait exception, si on le regardait comme rigoureusement égal à mais le ç s’y sonorisait probablement comme notre z. Au contraire du sanscrit, qui ne souffre pas deux aspirées de suite, ici les aspirées rejettent le voisinage des pures et s’allient entre elles exclusivement. En initiale, y et <p ne souffrent devant eux que

§ 86. — La grande différence entre les groupes initiaux et les médiaux, c’est que les nasales et les liquides peuvent former le premier élément de ces derniers, et qu’on trouve en médiales des groupes commençant par des nasales, yy, vt, v£, [ait, pë, pp, etc., que les initiales repousseraient.

Le plus souvent, en grec comme en sanscrit, lorsque la formation des mots amène au contact des consonnes différant par le degré, l’antécédente s’accommode à la subséquente. Ex. : Xex-tqi;, Xey-Oflvai, de Xéyw.

Cette accommodation va souvent jusqu’à l’assimilation. Les liquides et les nasales exercent particulièrement ce genre d’influence. Ainsi *yeypa<p-p.at de-

mots comme tttijm (cracher), où le latin spuo, l’allemand speien et le sanscrit ij sthiv (st permute souvent avec sp). ndiqueni un primitif en sp qui se serait d’abord changé en ps; cp. •j/uxToi (cracher). Par là s’expliqueraient aussi les groupes initiaux yû, cpO, si fréquents en grec, ils proviendraient dégroupés sA, sp, oui, avant de se déplacer et de se durcir en t , aurait exerce son influence aspirante.

vient (scriptus sum), cp. y^'P^to»*; cuv 4-

Xéy w devient ovXké yw (colligo); devient irocat

(pedibus); *ea-vup.t, sscr. y/ vas (revêtir), devient ?vvupu.

Dans les composés, la gémination d’une lettre s’explique quelquefois par l’assimilation d’un ; étymologique, qui était tombé dans le mot simple où il aurait joué le rôle d’initiale. Ex. : irepippuToç (entouré d’eau courante), de irept. + peu pour *<rpe(Fü>, sscr. y / sru (couler); cpiXop-psiSr;? pour (pt ao + *<rp.et&nç (rieur), sscr. y !srni (rire).

Quelquefois pourtant, l’assimilation s’exerce en sens contraire, c’est à dire de l’antécédente à la subséquente. Ex. : ïxxoç (îittco;) pour * 'Ufoç (cheval), sscr. açva; TÉrrapeç pour ‘veT/ap eç quatuor , sscr. kalvâras.

On peut attribuer à une action analogue d’accommodation de l’antécédente à la subséquente l’influence que le ç exerce pour aspirer l’explosive pure qui le suit, par exemple dans cyiÇio (fendre) pour *<n«Çù), cp. sscr. y/ Md pour * s kid, lat. scinde re. Le sanscrit offre un phénomène analogue dans y t sthà pour * s tâ, stare, icxecvai.

Il y a dissimilation des dentales devant t et 0 ; elles se changent alors en ç. Ex. : iretOio, y/iri0 (persuader), fait neio-ÔTÎvai et iuc-toç. La dissimilation va même quelquefois jusqu’à éviter deux syllabes aspirées de suite. Ainsi on a ÈTéOiov (je fus posé), èxuOr.v (je fus sacrifié), pour *ê0é0mv, * è6u6r,v, y 0e, 0u; }.u07|ti (aie été

1 . Cette assimilation devant u. n’a lieu que pour les labiales. Les gutturales s’accommodent seulement en y : SÉ/ou.at, Séôtypat -, et les dentales en ç : ttei'So), irtitsicuat.

délié!) est pour *Xu0ir;0t, cp. les impératifs sanscrits en dhi, hi ; -rCço; (vapeur), est pour * 05<po;, cp. sscr. dhüma (fumée).

La métathèse d’aspiration d’une syllabe à l’autre s’observe en grec comme en sanscrit. Ainsi, le thème (cheveu), gén. sing. xpi'yoç, ne pouvant maintenir son aspirée devant le ç du nomin. sing., transporte son aspiration sur le t initial et fait ainsi 0pi£ (0pix-ç). Pour la même raison, Tpéyw (je cours) fait au futur 8p£^ct>; et au futur ü£;o (îx-ow), èyw change son esprit doux (y ! vah, porter) en esprit rude.

D’autres métathèses encore sont fréquentes en grec, surtout pour les liquides. Ex. : xapâia et xpaSia (cœur) ; Sepxopuci (je vois) et eSpaxov (je vis) ; Ppordç (mortel) pour * [top-ro?, etc.

§ 87. — Les consonnes finales admises en grec sont peu nombreuses. Ce sont v, p, ç, et les seuls groupes x; (£) et icç (<{/). On ne relève comme exceptions que oùx (non), où devant les consonnes, et ex = ex, devant les voyelles. Les dentales tombent, lorsqu’étymologiquement elles devraient terminer un mot. Ex. : vioav, awpt. a sont pour *n<javr = erant, *ai üpuxT, cp. cwjAaToç. Le m final étymologique se change en v dans les flexions : eXuov pour ’eXoop., Xoyov pour *Xoyop., lorsqu’il ne tombe pas, comme dans Traxépa = sscr. pi tarant.

L’euphonie des mots engagés dans la phrase ne se fait guère sentir en grec classique 1 que dans oùy

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