GRAMMAIRE CO AI PARÉE
uniquement dans les langues germaniques. Autant qu’on en peut juger par ses transcriptions des noms grecs, la langue étrusque, ne possédant pas de sonores, les remplaçait par des sourdes, et celles-ci quelquefois par des aspirées : 'AâpadTo; y devenait Atresthe ; ncAu&î’jxYlç, Pultuke ; nepceo;, P herse , etc 1 * * * * * . Ce changement d’ensemble, ce tour complet de la roue constitue un phénomène d’une explication difficile.
§ 140. — M. Max Millier 1 en a indiqué une cause qui se présente, au premier abord, avec l’apparence de la vérité. C’est qu’une fois les pures sonores employées à représenter les aspirées originelles qu’on ne prononçait plus, il y aurait eu péril que l’homonymie n’introduisît la confusion entre les mots primitifs pourvus d’aspirées et ceux qui étaient pourvus de pures sonores, si l’on n’y avait porté remède. Les langues teutoniques, a guidées par un désir de conserver distinct ce qui devait être distinct 8 , » auraient dès lors remplacé les sonores par les sourdes, et les sourdes par les spirantes f, v, z, th, ch , inconnues au langage primitif, mais à la disposition de la prononciation nouvelle.
Mais, si ingénieuse qu’elle soit, cette explication se heurte à deux grandes difficultés.
D’abord, en admettant qu’elle explique la substi-
1 . J. Griinni, Gesc/i. der deutschen sprache , p. 416. Le même
auteur constate une substitution semblable, des explosives
sourdes aux continues spirantes, entre le finnois et le hongrois.