‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 68 sur 100 · UO · texte numérisé non relu

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tution qui eut lieu de la langue indo-européenne originelle à l’étage gothique , elle rend absolument inutile la seconde substitution de l’étage gothique à l’étage haut-allemand, et dès lors elle est impuissante à l’expliquer 1 . Cette seconde substitution prouve à elle seule que la cause doit être cherchée dans une action physiologique, et non dans un expédient auquel on aurait eu recours pour la clarté du langage.

D’ailleurs la philosophie linguistique serait renversée, et la doctrine qui attribue l’origine du langage à une convention aurait gain de cause, si une pareille théorie pouvait être adoptée. Quand une langue dérivée perd la faculté de prononcer certains sons qui faisaient partie de celle d’où elle sort, il en résulte tout simplement des homonymes, et la langue nouvelle n’y échappe pas. Ainsi, le zend convertissant les aspirées du sanscrit en pures , les deux racines dhà (poser) et dû (donner), tîôzjju et s’y con-

fondent dans un même verbe da qui signifie à la fois donner et faire. Il en est de même de dere dans les composés latins : il signifie tantôt donner {jed-dere) et tantôt mettre (ab-dere , con-dere ). Le chinois surtout est plein de ces homonymes* produits par des ressemblances de mots usés, auxquels on peut comparer le français tour, de turris et de

1 . M. Muller répondrait à cette objection que la substitution des deux étages, gothique et haut-allemand, s’est opérée simultanément de chaque côté, et non successivement de l’un à l’autre; mais nous verrons tout à l’heure que cette opinion n’est pas probable.

2. Voy. sur ce sujet un article de M. Fr. Muller, dans Orient und Occident , t. III, p. 427.

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