Corssen, Beitr., p. 422 sqq
cp. strigilis (étrille), ethall. streichen (frotter) ; dans lorus pour * storus, de sternere , gr. GTopvup.i, sscr, stara (lit) , yj star (étendre) ; dans taurus , gotli . stiur, hall, stier, védique st/iûra (taureau, fort) ; dans tonare, sscr. yj s tan (tonner), cp, gr. gtevw (gronder), d’où ÎTÉVTWp.
Le groupe st, qui était souffert devant l dans le latin archaïque , est tombé tout entier dans la période classique. Stlis (procès) est devenu lis, cp. hall. streit (dispute, combat); sllocus est devenu locus , cp. goth. slriks , hall, strecke (étendue); stlatus, cp. stratus , sscr. yj star (étendre), est devenu lâtus (large). De même lien (rate) est pour *splien, comme le montrent le grec GiïXriv et le sscr. plihan pour *splihan .
§ 190. — Le s médial s’est conservé en latin, surtout au voisinage des consonnes. Ex. : est = sscr. asti. Entre deux voyelles, la conservation est plus rare. E x./iasus, sscr. nâsâ ; vasis, gén. de vas ; vesica ; rosa , cp. fo&ov, ici le s - provient d’une explosive affaiblie. Le n , malgré sa chute, a protégé s dans les suffixes en osus pour onsus. Le s s’est maintenu aussi dans les composés : ex. nisi, præsens , desilire ; pourtant il s’est altéré dans clirimere pour *dis-imere.
Normalement le latin classique a changé en r le s situé entre deux voyelles. Cette altération n’apparaît encore que faiblctnent dans le latin archaïque. Pourtant dès le Chant des Frères arvales oh trouve pleur is (plusieurs) pour *pleiosis, cp. plus. Un renseignement de Cicéron* nous apprend que ce fut en l’an de Rome
i. Epist. ad fam. ix, 21 .
415 (336 av. J. C.) que la gens Papisia vit son nom changé en Papiria ; les Valesii devinrent aussi les Paie rii ; les Fus// devinrent les Furii. Les exemples abondent également pour les mots communs : lares pour lases (Ch. des Fr. arvales); ara pour osa (A. Gell. IV, 33); erani pour * esam; quæro et quceso; gero et gesto ; soror, sscr. svasar ; aurora , sscr. usas ; virus, sscr. visa (poison) ; les génitifs pluriels en orurn, sscr. àsàm ; les génitifs sing. en ris pour sis, provenant de thèmes à s final comme genus, generis, pour *genesis ; les infinitifs en re, amare pour * amusai, cp. les infinitifs grecs en cai, Xùcai; les 2“ pers. sing. pass. en ris, amaris pour *amas-i-se.
Devant les nasales, s médial se conserve, comme dans mansum ; mais il est aussi sujet à se changer en r ou à tomber. La racine sanscrite çàs , cas (canere) se retrouve dans les mots archaïques casmena (muse), casmen (chant) , qui sont devenus pour le latin classique l’un camena et l’autre carmen. Le suff. nus ajouté à l’adjectif vêtus, veteris (pour * veut sis) a fait veternus pour *vetesnus. Au contraire ahes, æs, qui devenait æreus pour *æseus, a fait, avec le même suffixe nus, aheneus, cp. ombr. ahes nés.
Le s médial entre deux voyelles a subi quelquefois dans les langues germaniques la même altération qu’en latin. Legoth. hausjan (entendre) est devenu en hall. hôren, angl. hear‘, le goth. kiusan, hall, kiesen (choisir), prend r dans le hall, erkoren (choisi), will-kuhr (caprice). Le hall, hase (lièvre) devient en anglais hare. Le hall, waren (ils étaient) est pour * wasen, cp. le participe gewesen (été). Le s
final de was en est devenu war comme en latin konor pour honos 1 .
La chute de s entre deux voyelles, qui est normale en grec (§173), est beaucoup plus rare en latin. On la trouve dans Cerealis pour *Ceresalis , cp. Cereris pour * Ceresis, gén. de Ceres. Elle est dans ni contracté pour nisi, dans vl pour *visi, cp. vires pour * vises, de vis ; dans ver, pour *veser, cp. gr. eap pour *fé<7«p, sscr. vasanta (printemps).
§ 191. — Le s final s’est généralement maintenu intact, en latin comme en grec, dans les nombreuses flexions où il apparaît, nominatifs singuliers en us, génitifs en is, nomin.plur. en es, datifs en bus, 2 e * pers. sing. et plur. des verbes, etc.
Les troisièmes personnes du passif orîf des flexions en tur, lor, où le r provient d’un s qui s’est modifié, sans doute sous l’influence de la voyelle qui le suivait et qui est tombée, car amatur est pour *amat-u-se. De même pourles infinitifs en ier , amarierz=* amasai-se. Les nominatifs en or, arbor, honor, pour arbos, honos, ont vu leur échangé en r sous l’influence du changement normalement opéré aux cas obliques où s était médial.
l^a chute de s final est rare dans le latin classique. On y trouve cependant les finales is affaiblies en ë dans amure — arnaris (tu es aimé), mage — mugis. Les inscriptions font foi que la pratique allait beaucoup plus loin. On trouve à toutes les époques ce s négligé, comme dans Cornelio pour Cornélius (inscription du