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DES VOYELLES

§ 19. — Quand on fait abstraction des pseudovoyelles r et / (voy. § 4), il ne reste au sanscrit que trois voyelles principales a, i, w, avec les longues correspondantes et les diphthongues ai, au, âi, âu, dont le caractère commun est de commencer par un a. Quant aux groupes ia, ua> ou ils se décomposent en deux syllabes, comme on le rencontre dans la poésie védique 1 ; ou, comme il arrive toujours dans le sanscrit classique, Vi et Vu se changent devant a en leur semi-voyelle, et forment les syllabes ja, m.

A est la voyelle fondamentale du sanscrit. On a même été jusqu'à supposer* qu'originairement il était la voyelle unique et qu' i et u ne se présentaient qu'à l'état de semi-voyelles combinées avec a. Laissant de côté cette conjecture, nous reconnaîtrons le rôle prépondérant de l'a aux caractères suivants :

1 0 11 domine dans les formes les plus anciennes.

1 . Dans les langues germaniques, iu 9 ie % forment de véritables diphthongues.

2. Léo Meyer, Fergleichende grammatik der griechischen und lateinischen sprachen, 1. 1, p. 96.

[§ 19] VOCALISME. 31

2° Il sert régulièrement à fortifier les autres voyelles en les précédant et les changeant en diphlhongues, tandis qu'il arrive fort rarement 1 , dans les langues qui nous occupent, que les autres voyelles servent à fortifier a en se diphthonguant avec lui.

3° Dans l'histoire du sanscrit, du grec et du latin, Va primitif s'affaiblit souvent par transformation en u et en i; mais jamais u et / ne font le chemin inverse et ne remontent jusqu'à se transformer en a pur et simple.

Comme nous l'avons dit (§ 5), e et o brefs n'existent ni en sanscrit ni en gothique. Ils se montrent en grec comme équivalents d'à, dus simplement à une vocalisation plus variée. En latin, ils jouent tantôt le rôle d'équivalents et tantôt celui d'affaiblissements. A ce dernier point de vue, e apparaît comme un intermédiaire entre a et i, et ô comme un intermédiaire entre a et w.

Pour terminer ce que nous avons à dire sur les voyelles simples, notons notre u français, qui paraît avoir été l'u at tique et 1'/ latin, et qui est Vu des Allemands. Sa nature est d'être un intermédiaire entre u (pu) et /, ou en d'autres termes un «troublé.

La figure suivante indique les rapports des voyelles simples entre elles :

1 . On pourrait dire jamais, sauf des cas très-rares et d'une explication peu certaine. Voy. plus bas, § 45.

Les longues ê et ô, également étrangères au sanscrit, procèdent dans les autres langues, soitdel'â, soit des diphthongues ai, au, ou de leurs équivalents ei y oi\ eu, ou.

Nous allons examiner successivement chacune des trois voyelles fondamentales dans son état pur, dans ses équivalents, ses affaiblissements, ses renforcements, et dans les longues et les diphthongues qui en proviennent. Le sanscrit nous servira de base : nous y rapporterons, pour les comparer, les phénomènes du vocalisme en grec, en latin, et plus sommairement dans les langues germaniques.

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