‹ Grammaire comparée des langues classiques phonétiqueChapitre 28 sur 82 · t>our les détails, consulter Matthiae · texte numérisé non relu

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de l'Iliade (VIII, 517) donne l'exemple des trois procédés :

Kvîpuxe; o avà ûcgtu Ait <ptXoi ayY6AAovT«ov.

L'élision y est opérée entre Se et âva; elle n'a pas lieu entre âvà et aaru, parce que dans ce dernier mot l'esprit doux équivaut au digamma : fdcyj, sscr. vastu (ville) ; enfin entre <p&ot et à-YyeA^ovTwv l'élision rend brève la diphthongue 01.

Le grec offre aussi, mais chez les Attiques seulement, quelques exemples d'un genre d'élision que nous avons vu pratiqué quelquefois en sanscrit. Lorsque la voyelle finale est longue et l'initiale brève, l'initiale est sujette à tomber. Ex. : itou 'gtlv, pour irou éWv (quomodo est?); êpO 'iràxoucov, pour litixoudov 1 (audi me).

L'élision a lieu en grec comme en sanscrit dans la formation et la composition des mots : eir-oSo;, ài-oàoç, etc.

§ 56. — Latin : Hiatus. — La poésie latine ne souffrait pas l'hiatus entre les mots, et il est tout à fait probable qu'il en était de même en prose. Mais l'écriture latine n'indiquait pas la suppression de l'hiatus ; c'était à la prononciation d'y suppléer.

A l'intérieur des mots latins, aucun groupe de voyelles ne fait dissyllabe s'il commence par a. Les autres groupes se sont conservés à l'état dissyllabique, surtout quand les premiers éléments en sont u, i, ou e provenant de * ; lues, patrius, eunl. Les composés

i. V. Matthias, §46. On trouve aussi de ces exemples dans l'ancienne prosodie latine, notamment dans Plaute : bonwrist.

[§ 58] VOCALISME. 69

gardent aussi des hiatus qu'on ne trouverait pas ailleurs, par exemple ee y oo : déesse, coopta re. Quant à u et I, le latin n'en craint pas le doublement : quercuurn, tuus, filii, etc. L'hiatus, en latin comme en grec, a souvent pour cause la chute d'une consonne intermédiaire : fluere est pour * fluvere, cp. fluvius , boare pour * bovare, cp. bovis.

§ 57. — Contraction. — Elle a lieu souvent en latin à l'intérieur des mots, les voyelles voisines se changeant alors, soit en dipthongue monosyllabique, soit en simple longue. Ainsi a+e z=.â : arnârunt pour amaverunt ; a+ i = œ : rosse pour rosai; ou = ê : amem pour * amaim ; a + o = ô : amo pour * amao ; e + i = ê : doces pour * doceis; omnes pour omneis ; e + o = ô : nôlo pour * nevoh) i + e = i : sim pour *siem; fili pour *filie; o+i = ô dans ùono (dat. sing.); o + i = î dans boni (gen. sing. et nom. plur.) ; u + i=û dans senatûs pour * senatuis ; l'ancienne forme était sénat nos. D'autres fois ui se contracte en monosyllabe, comme huic, cui sont souvent comptés par la prosodie 1 .

§ 58. — Êlision. — Devant la voyelle initiale d'un mot, la voyelle qui termine le mot précédent est toujours élidée en latin. Ce peu de résistance s'explique parce que les finales ne portaient jamais l'accent. Le latin se distingue du grec à cet égard, d'abord parce que la finale, longue ou brève, s'élide également

\. Pour le détail des contractions latines, consultez Léo Meyer, I, 290-316, et Corssen, Ausspraehc, II, 431-183. 2. Quelques exceptions où les choses se passent comme en

ensuite parce que l'élision atteint aussi la syllabe finale suivie d'un m. Cette chute témoigne d'une pro« nonciation où m avait perdu son caractère de consonne pour se réduire, comme notre n final, à une simple nasalisation de la voyelle. Cette nasalisation elle-même se bornait à fort peu de chose dans la prononciation vulgaire, car le m final est indifféremment écrit ou passé dans l'inscription du tombeau des Scipions 1 .

Le latin ne fait pas d'élision proprement dite entre les membres de ses composés : prôinde, prœesse, comitium, cooptare.

Mais souvent il y opère des contractions. Ainsi dans déesse, deinde, proinde, la prosodie compte presque toujours ee, ei, oi pour une seule syllabe longue. La contraction est opérée, même pour l'orthographe, dans jjrœtor pour * prse-itor, cuncli pour conjuncti, debere, prœbere, pour * dehiôere, prœkibere, etc.

grec, par exemple dans Virgile, eclog. III, 79; VI, 44, ne sont qu'une imitation du grec qui n'eut pas de suite, sans doute parce qu'elle était contraire au génie de la langue latine.

i . Notons cependant, que dans Ennius, cette élision n'a pas toujours lieu :

Insigneita fere tum milia militum octo.

On en trouve aussi des exemples dans Plaute. Voy. Corssen, Ausspr., II, 197.

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