‹ Grammaire comparée des langues classiques phonétiqueChapitre 41 sur 82 · V. Corssen, Aussprache, t. I, p · texte numérisé non relu

V. Corssen, Aussprache, t. I, p

2. Il en serait de même en grec, si ufîpiç se rattache à utce'p, cp. super et superbia ; et même en sanscrit, dans le suffixe drt t qui selon M. Benfey {Grammaire complète , p. 133), se ramène au suffixe trî.

Cette accommodation va souvent jusqu'à l'assimilation. Ex. : sumrnus, pour *supmus de super; pue lia = *puerula; flamma = *flagma, de flagrare.

L'assimilation a quelquefois lieu en sens inverse, l'antécédente assimilant la subséquente, comme dans les superlatifs eu ssimus pour *slimus 9 rrimus pour *rtimus, llimus, pour *ltimus; dans velle pour *vel-re (vouloir) ; dans Pollux pour *Poldux, du grec noTwàeuKYj;.

Quant à l'accommodation des consonnes que la composition met en contact, elle varie selon les époques de la langue latine. En général, plus on remonte dans le latin archaïque, plus on trouve l'orthographe tolérant des contacts de consonnes dissemblables. Quelques anciennes accommodations, comme venundure (yenumdare), eundem (eumdem), disparurent, il est vrai, de l'orthographe classique; mais le plus souvent on trouve accomplies dans cette dernière des assimilations que l'archaïsme n'admettait pas encore. Ex. : afferre (ad- ferre), sufferre (sub- ferre), differre (dis- ferre); colloqui (arch. conloqui), corrurnpere (arch. conrumpere), etc. 1 . En un mot, les assimilations vont se multipliant dans la période classique, jusqu'à ce que, s'achevant, elles produisent au lieu du latin l'italien : objectum = oggetlo.

Dans les composés dont le premier membre finit par un m, si le second commence par une voyelle ou un //, il y a élision du m, mais non de la voyelle qui le précède. Ex. : co-ire, circu-ire, co-hibere, co-

i. Sur les rapports de ces assimilations à la loi de transition, v. S 74.

hors , etc. La chute de la lettre finale se rencontre en beaucoup d'autres cas dans la composition, et même dans la dérivation et la flexion. Ex. : a-ver tere pour *ab-vertere ; su a si pour *suad-si, de suadere; miles pour *milet-s, cp. milit-is, etc.

La dissimilation joue aussi son rôle en latin. Elle étend son influence d'une syllabe à l'autre. Ainsi les suffixes de dérivation ris, lis, aris, alis, qui ont la même origine et le même sens, s'emploient de préférence, aris, dans le cas où le radical contient un / ; militaris, epularis, stellaris; et alis, dans les cas oii le radical contient un r : ruralis, muralis, materialis. Mais la règle n'est pas absolue : fluvialis, lethalis, Palilia (fêtes en 1 honneur de Palès) et nombre d'autres mots y échappent.

On attribue encore à une espèce de dissimilation, et à l'embarras qu'on éprouvait à prononcer deux syllabes semblables de suite, les chutes qu'on remarque en des composés et des dérivés tels que ceux-ci : nutrix, pour *nulritrixQ) de nulrire; antestari pour *anletestari ; vene ficus pour * veneni ficus ; stipendium pour *stipipendium; semestris pour * semimestris (âgé de 1 5 jours : luna semestris). La même chute se produit en grec, dans ^[/i&ipov pour *-h\u- (jtiSipov (demi-médimne).

La métathèse n'est pas absente non plus de la langue latine. Celle de /*, qui est toujours la plus commune, se trouve dans crevi de cerno; sprevide sperno; stravi de sterno.

§ 90. — En finales, le latin accepte toutes les consonnes, à l'exception de q, g, p (sauf dans t olup),

/, ^ y fj h. Pour les groupes, il accepte une liquide, un n ou un s, suivis d'une sourde gutturale ou surtout dentale : ne, nt, rt y II ou st ; ou une explosive suivie d'un s : abs, urbs, suff. trix (tries)] mais jamais deux explosives de suite ni une consonne géminée.

L'accommodation entre les consonnes d'un mot à un autre, qui règne en sanscrit et se manifeste un peu en grec, n'existe presque pas en latin. On ne peut guère citer que ab et ex, dont la finale, obligée devant les voyelles, peut à volonté être supprimée (a> e) devant les consonnes.

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