‹ Grammaire comparée des langues classiques phonétiqueChapitre 48 sur 82 · SANSCRIT, EN GREC ET EN LATIN · texte numérisé non relu

SANSCRIT, EN GREC ET EN LATIN

§ 107. — Tj TH. Sauf les cas amenés par l'euphonie, le / sanscrit est primitif, et il s'est assez fidèlement transmis au grec et au latin. Ex.: tanaumi, gr. TeCvû), lat. tendo; patàmi (tomber, voler), gr. rcé- TojjLat, lat. peto ; tvam, tu ; asti = è<rrt = est.

Le sanscrit a plus d'une fois changé en th un t primitif, surtout par accommodation sous l'influence d'un s précédent. C'est ce qu'atteste la comparaison avec les congénères. Ex. : y/ jMâpour *stà, cp. terravai, stare; les superlatifs en istha comparés aux superlatifs en urroç. L'aspiration s'est produite quelquefois sans voisinage de s, par exemple dans prthu (large), pour *pratu, gr. lOaru.

Le th, n'étant pas primitif en sanscrit, ne saurait correspondre au ô grec. Dans quelques cas où une étymologie très-probable les rapproche, comme dans pramantha = ïIpo|jL7)ôeuç 1 , y] math, manth (agiter) = [xavôavw, on pourrait conjecturer des primitifs en dh, comme nous avons vu (§ 94, note) le kh faire supposer quelquefois à Bopp un gh originel.

Souvent aussi, après un k, le t primitif sanscrit s'est affaibli en s (pour s). Ex. : rksa pour *arkta = apxToç (ours); taksan pour % taktan = tsxtwv (charpentier) ; y/ ksan pour *ktan =xTetv<«> (tuer).

§ 108. — Le grec marque aussi cette tendance, qui n'est autre que le passage, par affaiblissement, de

i. Voy. Kuhut HeraMttnft des feuers, et nos Mythes du feu.

l'explosive t à la continue correspondante s. On la constate surtout dans le dialecte ionien. Ex. : c6 = tu; ÊTredov, pour dor. eirerov, de tzitzt<ù (tomber, yj pat). Les formes verbales et nominales en rr, telles que irpaTTO), Ba^aTTa, deviennent dans l'ionien, qui finit par l'emporter à cet égard, Ôa^asca, rpacçw. C'est particulièrement lorsqu'il est suivi d'un t que le t s'affaiblit en ç. Le suffixe sanscrit ti devient en grec m. Ex. : eîxofft, pour le dorien eîxari (vingt) ; 7ro<nç (maître) sscr. pati; <pû<nç, sscr. bhûti (nature). Le suffixe participial to fait des noms en ato, ata, pour tio, fia (en latin tia 9 lies, tion-): ainsi, d'ajxêpoToç, sscr. arnrta (immortel), vient a^êpoata (breuvage d'immortalité , ambroisie); de xXoutq? (richesse), xXouatoç (riche). Les flexions verbales en ovti, conservées en dorien : (pépovTt = sscr. bharanti , deviennent oikxi : <p£pou<7i, dans le grec classique ; le sanscrit dadàti, dad/iâti, y devient $tâ<ùa, Tt(h<Tt, pour *ài£dm, etc.

§ 109. — Le latin a subi aussi l'affaiblissement du t en s, dans le suffixe des supins et des participes en tum. Ce changement est obligé après les thèmes finissant en d ou en t y lequel tombe ou s'assimile, comme dans defensum de defendere ; clausum de c/audere; egressurndeegredi; us uni de uti; missum, passum, quassum, de mitto, patior, quatio. En d'autres cas, le changement est sporatlique : flexum, de flecto y ftxum de figo, mais fictum de fin go ; pulsum de pello, mais cultum de cola; mansum de rnaneo, mais canlum de cano ; pressum de premo, mais emptum à'emo ; lapsum de /«A/, mais scriptum de scribere, etc.

Plusieurs autres suffixes, dont nous parlerons en leur lieu, opèrent en latin le changement de * en s 1 .

Le t latin provient quelquefois d'un p dans le groupe si pour sp. Ex, : sludere, cp. gr. enreuSa) ; sternuere, cp.gr. irrapvuftai pour *oiwtpvufMti (v.§ 85, note), sscr. y/ sphar pour *spar (trembler, vibrer). Nous avons vu (ibid.) un exemple analogue en sanscrit dans yj sthw (cracher), comparé à spuere et à l'allemand speien.

Nous avons noté (§ 89) la sonorisation du t end par influence de la liquide suivante, dans quadraginta, quadratus, de quatuor. On peut relever quelques cas où la substitution de la sonore à la sourde ne saurait être attribuée à la même cause. Telles sont dans le latin archaïque les finales des ablatifs singuliers comme gnaivod (inscription des Scipions), sententiad (se. de Bacchan.), comparées à la finale en âtt\e l'ablatif sanscrit ; la finale de la 3 e personne archaïque de l'impératif sing. act. estod, facitod, comparée au sanscrit, baudhatàt (qu'il sache). Les démonstratifs neutres istud, quod, aliud, sont conformes au sauscrit tad, véd kad, anjad.

§ 110. — D. Le d dental sanscrit est primitif (toujours sauf l'euphonie), et il a été transmis intact en une foule de mots au grec et au latin. Ex. : dadàmi = àtSwpLt, do ; y/ dam = Sojxaw = domare ; vaida = oISa, video ; ^ ad = eSop.ai = edo.

Le d cérébro-dental qui en provient est en quelques rares occasions le durcissement d'un / plus ancien,

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